REMERCIEMENTS

Avant tout développement sur cette expérience professionnelle, il m'apparaît opportun de commencer ce rapport de stage par des remerciements.

Merci à ceux qui m'ont partagé leur expérience, comme à ceux qui ont eu la gentillesse et la disponibilité d'accueillir mes questionnements, me permettant de construire mon mémoire.

Je tiens particulièrement à remercier Mme COSTE Sandrine qui a su être disponible au sein de l'Association des Paralysés de France, les personnes en situation de handicap qui m'ont aidé lors d'entretiens à approfondir les lacunes de l'offre touristique ainsi que les professionnels du tourisme pour avoir pris le temps de répondre à mes questionnements.

Je remercie aussi, M. VAYRE Francis, mon maître de mémoire qui m'a accompagné tout au long de cette expérience avec beaucoup de patience et de pédagogie.

Enfin, je remercie l'ensemble de l'équipe pédagogique pour les conseils que chacun a pu me prodiguer au cours de cette année de Master 1.

SOMMAIRE

MéTHODOLOGIE DU MéMOIRE

INTRODUCTION GéNéRALE

Jusqu'à présent, hormis quelques cas d'opérateurs ayant fait de la clientèle handicapée leur cible commerciale principale, les touristes handicapés n'ont jamais été considérés comme représentant un marché significatif. A tel point que nombre d'opérateurs, lorsqu'ils s'efforcent d'appliquer les normes légales d'accessibilité, ne cherchent pas à faire de cette obligation un atout commercial, ni un investissement pouvant offrir en retour une clientèle et une rentabilité accrues.

Globalement, tout se passe comme si, d'un côté, la clientèle handicapée se désespérait de rencontrer une offre qui semble toujours se dérober devant elle, et comme si, de l'autre, l'industrie touristique consentait à des investissements sensés rendre ses équipements accessibles, sans pour autant chercher à les valoriser en attirant la clientèle pour laquelle ils ont été réalisés. Etrange mécanisme économique.

Présentation du champ d'étude

Identification des personnes handicapées

ùC'est l'organisation sociale qui handicape certaines personnes, ce n'est pas la personne qui est cause de son handicap.»

Définition du mot handicap

Il est difficile de définir le handicap car il faut évaluer à quel niveau une personne est considérée et catégorisée comme ù handicapée ». Est-ce qu'une personne âgée, une femme enceinte, une personne momentanément handicapée car portant un plâtre, sont considérées comme des personnes ù handicapées »? Le handicap paraît être un terme bien confus.

Pourtant en France, cinq millions de personnes sont aujourd'hui handicapées et douze millions se déclarent victimes de déficience selon une enquête de l'INSEE en 2002[1]. Le handicap reste aujourd'hui encore une notion très subjective, souvent mal utilisée et presque toujours connotée de façon négative. S'il est une chose impossible, c'est de donner une définition du handicap sur laquelle tout le monde soit d'accord.

Dans le code de l'action sociale et des familles le handicap est défini comme étant ùla limitation des possibilités d'interactions d'un individu causée par une déficience qui provoque une incapacité, permanente ou présumée définitive, et qui elle-même, mène à un handicap moral, intellectuel, social ou physique»[2].

Il exprime une déficience vis-à-vis d'un environnement, que ce soit en termes d'accessibilité, d'expression, de compréhension ou d'appréhension. La notion sociale est donc privilégiée par rapport à la notion médicale.

Pour avoir une définition précise du handicap et proche de la réalité, il a fallut attendre 2005 avec la loi du 11 février 2005 portant sur ùl'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées» qui donne une définition du handicap en s'appuyant sur des critères définis par l'Organisation Mondiale de la Santé.

L'OMS définit le handicap comme ùperte ou limitation des possibilités de participer à la vie normale de la collectivité sur une base égalitaire avec les autres en raison d'obstacles physiques ou sociaux».

Dans son article 2, la loi du 11 février 2005 donne pour la première fois une définition juridique du handicap qui est la suivante:

ù Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant. »[3]

Progressivement, mais difficilement, s'est introduite l'idée que ces pertes ou limitations de capacités n'étaient pas le propre d'une minorité mais concernaient toute la population à un moment ou à un autre de son existence.

L'affirmation du ministre Mme BOISSEAU en 2003 ùLe handicap nous guette tous puisqu'une seule personne handicapée sur sept, l'est depuis sa naissance, les six autres l'étant suite à un accident ou au vieillissement»[4] confirme cette idée.

D'où l'importance de rendre les lieux accessible à tous et plus particulièrement pour nous les lieux touristiques.

Typologie du mot handicap

A la suite de cette définition il est important de comprendre l'origine du mot handicap.

L'expression anglaise ùhand in cap» est à l'origine de ce mot qui signifiait ùla main dans le chapeau». Il s'agissait d'un jeu de hasard dans lequel les joueurs disposaient leurs mises dans un chapeau.

Cette expression s'est ensuite transformée en mot puis au XVIIIe siècle s'est appliquée au domaine sportif. Notamment en hippisme, où un handicap correspondait à imposer des difficultés supplémentaires aux meilleurs dans la volonté de donner autant de chance à tous les concurrents.

Historiquement, le handicap se définissait par opposition à la maladie.

Tant que le problème du patient pouvait être pris en charge médicalement il était considéré comme malade, mais dès lors qu'il était devenu incurable il était réputé handicapé.

Approche de la maladie:

Signes à Diagnostic à Traitement à Guérison avec ou sans séquelles

Approche du handicap:

Handicap à Réadaptation à Autonomie avec ou sans dépendance

En 1980, le Britannique Philip Wood le définissant comme ùun désavantage dont est victime une personne pour accomplir un rôle social normal du fait de sa déficience ou de son incapacité»[5] transforme radicalement la vision du handicap.

Pour mettre trop en avant l'aspect fonctionnel du handicap et pas assez son aspect social cette définition a longtemps été critiquée. Il est vrai que la problématique sociale du handicap a toujours buté sur une ambiguïté : les personnes handicapées sont une minorité à défendre leurs droits en tant que groupe social alors que tout le monde peut vivre une situation de handicap à un moment donnée.

Avec la parution de la classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé, l'Organisation Mondiale de la Santé a introduit une nouvelle typologie du handicap qui prend plus en compte les facteurs environnementaux. Le handicap peut y être défini comme la rencontre d'une déficience avec une situation de la vie quotidienne. Ces deux composantes sont soumises à l'influence de problèmes de santé (maladies, blessures, lésions) et de facteurs contextuels (environnement et facteurs personnels).

Cependant, de nos jours l'usage du mot ùhandicap» se banalise et son utilisation est de plus en plus large dans le langage courant.

Les classifications du handicap

La classification des handicaps est une étape nécessaire pour permettre la prise en charge des personnes handicapées même si elle présente le risque de classer des personnes plutôt que des troubles et d'oublier le caractère évolutif de ces troubles. C'est aussi un moyen de communication et d'information nécessaire pour tous.

Tout d'abord nous verrons donc la classification internationale des handicaps pour voir ensuite la classification qu'a choisi l'association Tourisme et Handicaps pour mettre en place le label.

  • La classification internationale des handicaps (CIH)[6]
  • Cette classification a été publiée par l'OMS au cours des années 1980. Connue sous le nom de ùclassification de Wood», elle propose de distinguer trois niveaux ou degrés en partant de la maladie: la déficience, l'incapacité et le désavantage.

    Tout d'abord, la déficience correspond à la perte de substance ou à l'altération d'une fonction psychologique ou anatomique.

    Ensuite, l'incapacité est la conséquence de la déficience sur l'activité. Elle correspond à toute réduction que ce soit partielle ou totale qui nous met dans l'incapacité d'accomplir une activité de façon ùnormale» comme par exemple parler.

    Et pour finir le désavantage qui est la conséquence de l'incapacité en limitant ou interdisant les rôles qu'un individu handicapé peut espérer accomplir. Il correspond donc au handicap proprement dit car la personne rencontre des difficultés à accomplir normalement son rôle dans la société. Ce terme est très contesté car il est dévalorisant et n'est pas accepté par les francophones.

    Maintenant que nous avons vu comment l'OMS classait les handicaps, il est important pour nous d'étudier la classification qu'a choisi l'association Tourisme et Handicaps pour labelliser les prestataires touristiques.

  • La classification de l'association Tourisme et Handicaps[7]
  • L'association distingue quatre types de handicaps: le handicap moteur, mental, auditif et visuel.

    • Le handicap moteur
    • Tout d'abord, les handicapés moteurs sont les personnes gênées dans leurs déplacements ou leurs activités par des difficultés motrices et en particulier les personnes en fauteuil, ou appareillées. Ces déficiences affectent tout ou une partie du corps. L'intellect n'est pas atteint, contrairement à ce que certains peuvent penser à la vue de ces personnes dont l'image et la communication peuvent être très abimés. Elles réduisent l'autonomie des personnes et nécessitent quelquefois une aide pour des actions quotidiennes.

      Les principales déficiences sont :

      • L'hémiplégie qui est une paralysie d'une moitié du corps (bras et jambe du même côté) dont l'origine peut être une attaque cérébrale, un accident vasculaire cérébral, ou une tumeur au cerveau ;
      • La paraplégie qui est une paralysie des deux membres inférieurs, résulte d'une lésion de la moelle épinière due à une fracture de la colonne vertébrale, une maladie ou un écrasement des vertèbres ;
      • Et la tétraplégie qui est la paralysie des quatre membres, résultant aussi d'une lésion de la moelle épinière.

      Il y a d'autres déficiences comme le traumatisme crânien causé par un accident violent de la route, du travail ou de la vie quotidienne, ou l'infirmité motrice cérébrale touchant des enfants à la naissance surtout par anoxie cérébrale avec des séquelles motrices et/ou mentales, la sclérose en plaques, l'épilepsie...et la liste est encore longue.[8]

    • Le handicap mental
    • Ensuite le handicap mental où il est important de faire la différence entre le handicap mental et le handicap psychique. Bien qu'ayant quasiment les mêmes symptômes, une maladie psychique, à l'aide d'une thérapie, peut être réduite ou diminuée alors qu'un handicap mental est définitif.

      Le handicap mental est un handicap de la compréhension, de la communication et de la décision. Ces personnes éprouvent des difficultés à se situer que ce soit dans l'espace ou dans le temps et seront donc à la recherche d'informations visuelles et sonores simplifiées. Une compensation adaptée est donc nécessaire qui se traduit généralement par une aide humaine à laquelle peut s'ajouter une aide technique.

      Une classification traditionnelle catégorise le handicap intellectuel selon trois niveaux de déficience : léger, moyen ou lourd leur donnant des degrés de liberté plus ou moins élevés.

    • Le handicap auditif
    • Puis le handicap auditif qui est un handicap dont la principale difficulté est de percevoir, d'entendre et de déchiffrer les messages sonores dont la parole. Une différence existe entre une personne sourde et une personne malentendante. La première est née sourde ou a perdu l'ouïe et ne peut donc pas entendre les paroles des personnes, alors que la deuxième dispose d'un reste auditif exploitable et peut bénéficier d'une aide sonore. D'ailleurs l'on distingue les malentendants sévères qui peuvent, à la différence des sourds profonds, discerner certains sons et bruits qui les entourent avec toutefois des difficultés des malentendants moyens et légers qui sont des personnes avec lesquelles un entendant aura le plus de facilité à communiquer puisqu'elles perçoivent les mots. Il faut cependant faire attention à être dans un environnement calme et s'adresser individuellement et en face à face avec une personne sourde ou malentendante.

      Les personnes ayant un handicap auditif utilisent donc divers moyens pour communiquer. La lecture labiale (lecture sur les lèvres) et la langue des signes sont utilisées surtout par les personnes sourdes de naissance. Alors que les personnes devenues sourdes à l'âge adulte communiquent encore en langue française et s'aideront de supports écrits.

    • Le handicap visuel
    • Et pour finir le handicap visuel où comme précédemment il faut distinguer les personnes non-voyantes des personnes malvoyantes. Les personnes non-voyantes ont une cécité totale. Elles appréhendent donc le monde principalement par leurs trois sens, le toucher, l'ouïe et l'odorat et se déplacent le plus souvent avec une canne blanche leur permettant ainsi de détecter les obstacles ou avec un chien guide. Les personnes malvoyantes quant à elles, voient mal mais ont quand même un reste de vision partielle ou floue en fonction de leur type de vision. Elles perçoivent ainsi différemment les éléments de l'environnement qui les entourent et ont besoin de repères de voyants.

      Quelquefois elles se déplacent avec l'aide d'une canne ou d'un chien guide. Beaucoup de personnes âgées ont ce type de handicap.

Les personnes à besoins spécifiques

Il est important de distinguer les personnes handicapées des personnes à besoins spécifiques.

Chaque individu peut voir sa mobilité réduite par l'âge, la maladie, un accident ou encore une grossesse. Cette gêne peut être temporaire ou permanente.

Nous différencierons donc principalement trois catégories de personnes.

  • Les personnes âgées
  • Les seniors sont de plus en plus nombreux et vivent de plus en plus longtemps. En France, près de 30% de la population a plus de 55 ans[9]. En 2006, l'espérance de vie était de 84 ans pour les femmes et de 77,1 ans pour les hommes. Les hommes ont donc gagné 3,1 ans et les femmes 2,1 ans au cours de ces dix dernières années[10].

    Face à ce constat, nous pouvons donc penser que les personnes âgées pourront avoir des difficultés d'ordre moteur mais aussi d'ordre sensoriel. En effet, ils sont de plus en plus concernés par des problèmes d'audition et de vue. Ceci peut d'autant plus conduire, dans certains cas, à une perte partielle d'autonomie. De ce fait, les personnes âgées font partie de la clientèle touristique à besoins spécifiques d'où l'intérêt pour les prestataires de se rendre accessible afin de pouvoir les accueillir correctement.

  • Les personnes atteintes de certaines maladies
  • Une catégorie importante de personnes est atteinte par des maladies handicapantes, des troubles de santé invalidants, sans pour autant être reconnue administrativement comme handicapée. Ce sont les personnes cardiaques, celles souffrant d'asthme, de diabète, d'obésité ou encore les personnes allergiques. Tous ces individus peuvent éprouver des difficultés à assurer un grand effort physique.

    De même, certaines personnes sont en situation de handicap temporaire à cause d'un accident, avec des membres foulés, plâtrés ou des béquilles.

  • Les femmes enceintes
  • Elles ont des besoins spécifiques en termes d'accès aux soins mais aussi par rapport à l'accessibilité.

    Par conséquent, leurs déplacements peuvent devenir difficiles et limités. De plus, les poussettes avec enfants deviennent parfois encombrantes lorsque l'environnement n'est pas adapté.

    Maintenant que nous avons bien défini les différents termes il est important d'étudier les lois qui régissent les droits des personnes handicapées.

Les grandes lois régissant les droits des handicapés avant 2005

Quatre grandes lois sont fondamentales[11]:

  • la loi du 23 septembre 1957 sur le reclassement professionnel des travailleurs handicapés marque une étape importante. Tout d'abord, pour la première fois elle introduit le terme de ùhandicap» en donnant une définition exacte de ce qu'est une situation de handicap au travail. Cette loi servira de base à l'élaboration de la loi d'orientation de 1975.
  • la loi d'orientation en faveur des personnes handicapées du 30 juin 1975 stipule dans son article 1er, que ùla prévention et le dépistage des handicaps, les soins, l'éducation, la formation et l'orientation professionnelle, l'emploi, la garantie d'un minimum de ressources, l'intégration sociale et l'accès aux sports et aux loisirs du mineur et de l'adulte handicapés physiques, sensoriels ou mentaux, constituent une obligation nationale». Cette loi n'a pas donné de définition des ùhandicapés» et encore moins du handicap. Cette difficulté vient du fait qu'ils ont voulu remplacer trois mots différents qui sont ùinfirme», ùincapacité» et ùinadaptation» par un seul mot qui englobe des réalités complexes qui conduisent certaines personnes à des situations de handicap et à l'exclusion sociale.
  • la loi du 10 juillet 1987 en faveur de l'emploi des travailleurs handicapés institue pour tout employeur une obligation d'emploi. Elle a été mise en place afin d'ajuster les mesures prévues par des textes plus anciens à une réalité économique et sociologique. L'emploi des personnes handicapées concerne tous les établissements employant au moins 20 salariés, le quota étant fixé à 6% de l'effectif total des salariés. Ce quota a été maintenu dans la loi du 11 février 2005 que nous verrons plus loin.
  • la loi du 13 juillet 1991 est destinée à favoriser l'accessibilité des locaux d'habitation, des lieux de travail, et des installations recevant du public aux personnes handicapées.

La loi du 11 février 2005[12]

La loi ùpour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées» du 11 février 2005, apporte des évolutions fondamentales pour répondre aux attentes des personnes handicapées.

La loi du 11 février 2005 définit le handicap dans toute sa diversité et notamment l'article 2 comme nous l'avons vu précédemment qui définit précisément le handicap.

En 2002, Jacques Chirac annonce la décision de faire de l'insertion des personnes handicapées, un des ùtrois grands chantiers» de son quinquennat et trois ans plus tard, l'adoption de la loi traduit la volonté de sensibiliser la société civile ainsi que les employeurs à cette problématique. Toute personne handicapée a le droit ùà la solidarité de l'ensemble de la collectivité nationale»[13].

D'après l'ONU, en 2009, les personnes handicapées représentées près de 10% de la population, soit 650 millions de personnes.[14]

Cette loi apparaît donc comme une étape entre le droit à la solidarité et le droit pour tous à l'autonomie qui doit rester la revendication de base.

Elle a enclenché une dynamique inédite et des efforts incontestables ont été déployés mais les mentalités changent lentement et pourtant c'est la clé du succès pour cette loi. Car on aura beau créer des lois pour rendre accessible les sites touristiques il faut d'abord qu'il y ait une volonté de la part des prestataires touristiques à vouloir accueillir ce public ainsi qu'une connaissance de la loi qui va devenir obligatoire en 2015. Hors aujourd'hui 5 ans après sa promulgation beaucoup de gens ne connaissent pas les termes de celle-ci ainsi que les obligations qu'elle engendre.

Voici ci-dessous un schéma de l'Association des Paralysés de France récapitulant les principaux titres de la loi du 11 février 2005.

Plan de la loi du 11 février 2005[15]

Maintenant il est important d'identifier ce que la loi va concrètement impliquer pour le monde du tourisme.

Déjà la loi de 1975, prévoyait des dispositions réglementaires afin de faciliter les déplacements des personnes en situation de handicap. Son objectif était d'adapter les services de transport collectif. Cette loi n'était qu'une simple loi d'orientation et aucune sanction n'était prévue à l'égard des transporteurs qui ne la respectaient pas.

La loi du 11 février 2005 vient renforcer l'obligation de rendre accessible les infrastructures de transport aux personnes handicapées et renforce ainsi les sanctions prévues dans le cadre du non respect de la loi que nous verrons par la suite.

à partir de 2005, les transports collectifs ont dix ans pour se rendre accessible soit pour le tourisme les bus, les trains, les bateaux et les avions. En cas d'impossibilité, et notamment pour les réseaux souterrains, ils ont trois ans pour prendre des mesures de substitution. La voirie est mise en accessibilité dans le cadre des plans de déplacements urbains.[16]

A la suite de ces lois, certains transporteurs ont commencé à se rendre accessible comme l'a fait Tisséo avec Mobibus qui permet aux personnes à mobilité réduite de pouvoir se déplacer sur 88 communes de l'agglomération toulousaine[17] ou Air France qui avec le service ùSaphir» a mis en place pour les informations et les réservations un service d'assistance aux personnes handicapées[18].

La SNCF propose aussi un service en gare, adapté selon l'handicap[19].

Même si la prise en compte du handicap est plus présente aujourd'hui il reste, cependant, encore beaucoup à faire au niveau de l'accessibilité des transports et de la voirie ainsi que de la prise en compte du handicap. Certains problèmes existent toujours comme notamment faire voyager les personnes en fauteuil roulant dans un local à vélo, comme nous l'a évoqué lors d'un entretien une personne en situation de handicap, ou encore l'absence de prise en charge à la porte d'embarquement de l'aéroport comme cela était prévu[20].

En ce qui concerne le bâti, la loi de 1975 avait prévu que les dispositions architecturales et l'aménagement des locaux d'habitation et des installations ouvertes au public devaient permettre leur accessibilité aux personnes en situation de handicap. Au-delà de ce type de locaux, certains restaurateurs, hôteliers ou directeurs de musées ont compris l'intérêt qu'ils pouvaient retirer de rendre accessible leurs locaux.

Des guides recensant les hôtels, les restaurants et même parfois les musées sont alors créés par l'association APF ainsi que Handiplage. Néanmoins, depuis 2001, le label ùTourisme et Handicaps» a vu le jour et ces associations ont laissé à la charge du label le recensement des sites touristiques.

Complétant ce dispositif, la loi du 11 février 2005, prévoit que les établissements recevant du public ont jusqu'en 2015 pour être accessible à tous. Ces exigences varient en fonction de la catégorie de l'établissement.

Bien qu'implicite dans les précédents textes législatifs, la loi réaffirme la prise en compte de l'ensemble des types de handicap dans la définition de l'accessibilité.

L'accès et l'accueil doivent donc être assurés pour toutes les catégories de personnes handicapées dans les établissements neufs recevant du public. Les obligations portent sur les parties extérieures et intérieures des établissements et des installations et concernent les circulations, une partie des places de stationnement automobile, les ascenseurs, les locaux et les équipements.

Les établissements existants doivent être tels que toute personne handicapée puisse y accéder, circuler et recevoir les informations qui y sont diffusées, dans les espaces ouverts au public.

à partir de 2005, le délai pour rendre ces établissements accessibles est fixé à dix ans à l'exception des préfectures et des universités qui doivent être accessibles dans un délai de cinq ans. Pour favoriser l'accessibilité et diffuser l'information à tous, les recours aux nouvelles technologies de la communication et à une signalétique adaptée peuvent-être utilisés. Des dérogations pourront toute fois être accordées en cas d'impossibilité technique ou de contraintes liées à la conservation du patrimoine architectural, ou encore en cas de disproportion entre les améliorations apportées et leurs conséquences.

Dans tous les cas, la définition de l'accessibilité précise que les conditions d'accès des personnes handicapées doivent être les mêmes que les autres publics ou habitants. En cas de dérogation ne permettant pas d'appliquer entièrement ce principe (bâtiments existants), les moyens alternatifs d'accessibilité doivent présenter une qualité d'usage équivalente.

Là aussi la loi de 2005 a renforcé les sanctions, et l'autorité administrative peut décider de la fermeture d'un établissement qui ne respecte pas les nouvelles obligations.

Il est encore trop tôt pour voir si ces sanctions seront effectivement bien appliquées par la loi ou s'il y aura certaines dérogations.

D'où l'importance maintenant de comprendre comment les infrastructures peuvent acquérir le label ùTourisme et Handicaps» et les démarches que cela engendre.

Le label Tourisme et Handicaps[22]

Présentation du label

Le label national ùTourisme et Handicap» est développé depuis 2001 par le ministère délégué au Tourisme. C'est une marque collective simple appartenant à l'Etat et sa gestion a été confiée à l'Association Tourisme et Handicaps. Sa particularité est de prendre en compte les quatre grandes déficiences: motrice, mentale, visuelle et auditive.

Ce label a pour objectif de développer une offre touristique adaptée et intégrée à l'offre généraliste, afin d'apporter une information fiable, homogène, descriptive et objective aux personnes handicapées sur l'accessibilité de l'offre touristique en tenant compte des quatre types de handicaps. Ce label est une réponse à la demande des personnes handicapées qui veulent pouvoir choisir leurs vacances, se cultiver, se distraire, partir seules, en famille ou entre amis, où elles le souhaitent comme tout le monde et avec tout le monde.

C'est aussi un moyen de sensibiliser les professionnels du tourisme à l'accueil des personnes handicapées, et à double sens c'est un outil de promotion pour les professionnels. Les efforts réalisés pour rendre leurs établissements accessibles sont ainsi valorisés et le label devient un réel avantage concurrentiel supplémentaire autant au niveau national qu'international attirant ainsi une nouvelle clientèle au pouvoir d'achat non négligeable.

Cette démarche est aussi un moyen d'anticiper la loi du 11 février 2005 sur l'obligation légale d'accessibilité qui oblige à prendre en compte l'accessibilité aux personnes handicapées d'ici 2015 à tous les prestataires touristiques.

A qui s'adresse-t-il?

Il s'adresse tout d'abord aux personnes handicapées afin de leur fournir des informations fiables sur les sites à visiter pour les quatre handicaps.

Puis aux prestataires touristiques car il couvre une large gamme de services tel que les hébergements, la restauration, les sites de loisirs, les sites naturels, les sites touristiques, l'espace d'accueil et d'information touristiques.

L'attribution du label

Le ministre du tourisme a formalisé les conditions d'attribution du label et confie à l'association Tourisme et Handicap la mission de mettre concrètement en place celui-ci.

Un cahier des charges bien précis a été mis en place auquel doit répondre le site qui souhaite se labelliser. Cette démarche est volontaire et le professionnel du tourisme s'engage à garantir des prestations adaptées et un accueil de qualité aux personnes handicapées.

Procédure d'obtention

Tout d'abord, le professionnel qui est candidat à la labellisation doit adresser sa demande de dossier à l'instance régionale de concertation du label, à défaut il doit s'adresser au délégué régional au tourisme de sa région.

Ensuite, un questionnaire d'auto évaluation lui est envoyé décrivant pour les différents types de handicaps les critères de base d'accessibilité et d'accueil essentiels.

Si l'auto évaluation est défavorable, le professionnel peut s'engager dans une démarche d'adaptation de son équipement.

Si l'auto évaluation est favorable, un binôme d'évaluateurs qualifiés vient réaliser un diagnostic de l'établissement. Ils sont chargés de recenser, à l'aide du cahier des charges et de la grille d'auto évaluation spécifique à la structure, pour un ou plusieurs types de handicaps l'ensemble des critères d'accessibilité, d'accueil et de prestations. Depuis la loi du 11 février 2005 certains critères sont devenus obligatoires, et d'autres dans le carde de critères de qualité sont conseillés. L'objectif global étant l'autonomie de la personne sur son lieu de séjour.

Puis, une fois le dossier d'évaluation réalisé, il est examiné par l'instance régionale composée de professionnels, d'institutionnels du tourisme et de représentants des associations de personnes handicapées. Un accompagnement et des conseils pour améliorer son offre et obtenir la labellisation peuvent être proposés au professionnel par l'instance régionale.

Le label national ùTourisme et Handicaps» peut être accordé pour un, deux, trois ou quatre handicaps. Un pictogramme particulier est associé pour chaque type. Le label est ainsi attribué pour une durée maximale de 5 ans. Une ùcharte d'engagement du labellisé» est reçue par chaque site labellisé garantissant ainsi l'accueil et la préservation de l'accessibilité permanent du site. Une plaque signalétique est remise par l'association Tourisme et Handicaps, qui est chargée par l'Etat de la mise en œuvre, du développement et de la promotion du label, après signature par le prestataire de la charte.

Au terme des 5 ans, le label est renouvelable par avenant, après contrôle du maintien des critères d'accueil et d'accessibilité. Le label peut être retiré en cas de non respect de la charte.

Quelques chiffres au niveau national[23]

Aujourd'hui 3952 sites en France sont labellisés Tourisme et Handicaps.

Parmi ces sites 678 soit 17% ont reçu le label pour les quatre familles de handicaps. Sachant que le label peut être obtenu pour un, deux, trois ou quatre types de handicap, le handicap mental est celui qui a le plus grand nombre de sites labellisés avec 3293 sites soit un peu moins des 2/3 des sites ont obtenu le label pour cette famille de handicap. Cela est dû au fait que ce soit le handicap qui demande le moins d'aménagements en termes d'équipements. Ensuite vient le handicap moteur avec 69% des sites labellisés, handicap le plus connu et aussi concernant le plus grand nombre de personnes avec 7,4 millions de personnes soit 4% de la population française. Puis arrive en troisième position le handicap auditif avec 55% juste devant le handicap visuel qui lui a 32% des sites labellisés en France.

Maintenant en ce qui concerne les régions, seuls la Corse et les DOM TOM n'ont aucun site labellisé sur leur territoire. La région Languedoc Roussillon est celle qui a obtenu le plus de sites labellisés avec 414 prestataires labellisés. Juste derrière arrive la région Centre avec 339 sites. La Champagne Ardenne, la Franche Comté, le Limousin et la Lorraine arrivent en dernière position en ayant moins de 100 sites labellisés.

Quant à la région qui nous intéresse ici, soit Midi Pyrénées, elle possède 197 sites labellisés et se place donc en 11ème position sur l'ensemble des 22 régions.

Les retombées du label[24]

Cinq ans après la loi et neuf ans près la création du label, il est intéressant d'analyser les retombées du label.

La démarche se traduit par une réelle satisfaction, étant en phase avec les motivations premières de sensibilité à l'égard des questions de handicap.

Cet engagement est alors considéré comme un acte de civisme, une ouverture vers tous les publics, une égalité du droit aux vacances, l'engagement pour l'accessibilité de tous aux structures touristiques et aux lieux de culture.

Selon l'étude d'Atout France d'octobre 2009, c'est l'équilibre entre cinq paramètres essentiels qui crée la satisfaction des professionnels du tourisme à l'égard du label qui permettent d'analyser les retombées sur l'activité grâce à une évaluation multidimensionnelle.

A savoir qu'il n'y a pas de hiérarchie particulière qui favoriserait un critère plutôt qu'un autre.

Tout d'abord, la démarche d'accompagnement vers le label, qui d'après l'enquête d'Atout France convient à plus des trois quarts des professionnels. Le niveau d'information sur les critères d'obtention du label et leur bon niveau de compréhension constituent la garantie d'un engagement en connaissance de cause, permettant d'éviter toute mauvaise surprise notamment sur les investissements à réaliser.

Ensuite, les retombées positives en termes d'image. Le label joue son rôle prioritaire de qualifiant de l'offre et les professionnels du tourisme considèrent qu'il sécurise le client en lui offrant la certitude d'aménagements physiques en termes de confort et d'un accueil adapté au sens large. Il constitue aussi une garantie supplémentaire pour les clients mais en revanche, sa contribution est considérée plus limitée sur des aspects globaux relatifs à l'amélioration générale de la qualité de l'offre, à la facilitation des vacances des clients en situation de handicap, ou à l'accès à l'information.

Puis, les retombées économiques et l'impact sur la relation client. Sur un plan économique strict, les résultats restent faibles en moyenne. Seulement 12% des sites labellisés ayant une activité marchande, selon Atout France, déclarent une augmentation de leur chiffre d'affaires depuis l'obtention du label. A l'inverse, ces mêmes sites se montrent plus optimistes en ce qui concerne les prévisions d'augmentation du chiffre d'affaires à moyen terme. En parallèle, l'incidence est faible sur le taux de remplissage pour les structures à caractère marchande. L'effet semble nul semble nul sur l'augmentation de la durée des séjours puisque seulement 7% des professionnels sont concernés d'après l'enquête.

Ces résultats ne traduisent pourtant pas la réalité des retombées économiques. En effet, les professionnels du tourisme qui se sont engagés dans une démarche proactive de commercialisation à partir du label font état de progressions économiques significatives (augmentation du chiffre d'affaires, conquête de clientèle, croissance du taux de remplissage)

En ce qui concerne les retombées sur les relations clients, elles sont plus nombreuses et partagées par quasiment tous les professionnels.

Et aussi, la question des investissements et du retour sur investissement. L'objectif d'Atout France était d'évaluer l'incidence des investissements et de déterminer dans quelle mesure ils peuvent constituer un frein à l'engagement dans le processus de labellisation.

Quatre types de situation sont relevées.

En premier lieu, les structures qui n'ont réalisé aucun investissement pour obtenir le label car ils avaient fait en amont les aménagements, soit lors de la construction soit à l'occasion de travaux de construction ou de rénovation. Ces investissements sont donc estimés corrects et le retour sur investissement est perçu comme cohérent ou positif par rapport aux bénéfices retirés. Cette catégorie regroupe des professionnels du tourisme qui connaissent mieux la loi et ses exigences.

En second lieu, les professionnels qui ont du faire de gros travaux pour répondre aux exigences du label. Ceux-ci étaient entrepris dans le cadre d'une rénovation ou d'une construction d'établissement. Au final, leur perception est identique à celle des professionnels précédents.

Puis, les professionnels qui ont dû investir dans du matériel ou des équipements légers spécifiques aux critères du label. Ils jugent principalement ces investissements peu coûteux et cohérents avec leurs attentes car ils n'ont pas touché au bâti.

Et pour finir, les professionnels ayant entrepris de gros travaux spécifiques à l'obtention du label qui au final se montrent très critiques car l'investissement est très élevé et disproportionné par rapport au retour sur investissement

Et enfin, l'environnement de l'établissement en terme d'offre touristique. Les professionnels labellisés sont conscients de l'importance du développement du maillage de l'offre labellisée sur leur territoire. Cette densification de l'offre à destination des personnes en situation de handicap et la multiplication des possibilités offertes conduiront à développer une clientèle qui pourra fréquenter le territoire comme n'importe quelle autre personne valide.

Nous pouvons donc en conclure, que l'évaluation des retombées doit forcément être abordée en fonction des différents paramètres.

Vouloir la restreindre à de seuls arguments économiques serait une erreur. Il est vrai, que si les incidences sur l'amélioration de la qualité de l'offre et de la relation au client restent encore difficiles à mesurer par les professionnels du tourisme, elles offrent des axes intéressants à mettre en évidence auprès des établissements ùlabellisables».

La relation à l'investissement matériel reste aussi une clé d'entrée dans le label.

Ces résultats confirment qu'il ne suffit pas d'apposer le label sur un établissement mais bien de s'engager dans une démarche volontariste pour en assurer l'exploitation.

En conclusion nous pouvons donc dire que le mot handicap s'est clairement défini avec la loi de février 2005 mais que ce terme se banalise et entre petit à petit dans le langage courant.

Le label a été une réelle évolution pour les prestataires touristiques et permet aux personnes en situation de handicap d'avoir une information fiable de l'offre. Avec la ùDéclaration de Madrid» en 2002, pour la première fois une dimension européenne est donnée au handicap et pourra peut-être permettre à long terme la création d'un label européen.

Une fois les termes bien définis il est important d'identifier maintenant la demande et l'offre touristique.

Présentation de la demande et de l'offre

La demande

Une multitude de chiffres sont recensés sur les personnes en situation de handicap en fonction de la définition que l'on prend du ùhandicap». Faut-il inclure dans la demande les personnes qui déclarent une déficience ou celles qui sont en situation de handicap à un moment de leur vie suite à un accident par exemple?

Nous voyons apparaître la difficulté de quantifier la demande, la notion de handicap étant très subjective.

L'AFIT à la suite de son étude réalisée en 2001[25], estime la clientèle européenne en situation de handicap à 60 millions de personnes, ce qui pourrait générer 293 nuitées supplémentaires. La personne en situation de handicap voyage rarement seule, il est important de savoir que l'accompagnant est comptabilisé dans ce résultat.

Nous pouvons donc dire que le secteur du Tourisme et Handicaps représente un réel intérêt pour les prestataires même si la motivation principale des prestataires labellisés reste que l'accessibilité à tous est un droit comme nous l'a dit l' Office de Tourisme de Montpezat-de-Quercy ùIl n'y a pas d'enjeu touristique, juste une ouverture d'esprit et de ùportes» qui depuis longtemps étaient fermées aux personnes souffrant d'un handicap quel qu'il soit.»[26]

Afin d'identifier la demande, j'ai mené une enquête auprès de plusieurs personnes handicapées qui partaient en vacances, car une fois le nombre évaluer, l'intérêt pour moi est de connaître le comportement de ses personnes et de mesurer leurs attentes.

Pour valider mes résultats et compléter mes recherches je me suis aussi appuyée sur l'étude d'Atout France d'octobre 2009.

Le comportement des personnes en situation de handicap

Pour établir un profil de vacanciers j'ai interrogé ce public sur leurs habitudes de vacances. J'ai ciblé les personnes à mobilité réduite car elles touchent plus de 8 millions de personnes. Ce nombre regroupe des grandes paralysies comme la tétraplégie ou la paraplégie ainsi que des atteintes modérées voire légères qui peuvent être liées à des rhumatismes ou bien à de l'arthrose. Près de la moitié de ces personnes peuvent sortir sans aide spécifique[27].

La première question était bien sûr d'identifier qu'ils partaient effectivement en vacances car comme dit précédemment le but n'était pas d'évaluer le taux de non départ en vacances mais d'identifier leurs habitudes.

Une fois cette première question validée, je me suis intéressée à leur pratique de vacances. Dès lors que les personnes en situation de handicap ont la possibilité de partir en vacances, la fréquence de départ peut aller d'une fois par an à plusieurs fois par an comme nous le confirme l'enquête d'Atout France d'octobre 2009 qui nous révèle que ù50% des personnes interviewées déclarent partir en vacances plusieurs fois dans l'année»[28].

Ces personnes partent tant à l'étranger qu'en France. La distance n'est pas un frein mais c'est le budget qui freine la distance. Les types de destinations sont très variés et une forte similitude existe avec les comportements des autres touristes français comme nous le dit Atout France dans son enquête[29].

Maintenant en ce qui concerne la durée du séjour. Contrairement à la clientèle valide, les personnes en situation de handicap partent plus longtemps surtout pour les longs séjours comme à l'étranger par exemple. En 2007, 44,9% de la population française opte pour un séjour de 4 jours ou plus contre 85% des personnes interrogées par Atout France.[30]

Mon enquête auprès des personnes en situation de handicap nous le confirme car sur six personnes interrogées cinq partent au minimum quinze jours. Elles partent donc moins souvent mais plus longtemps et sont des clients fidèles au vue de la difficulté pour elles de trouver des lieux adaptés. Une fois séduites elles reviennent donc au même endroit étant sûres de trouver ce qui leur correspond.

Plus la durée des vacances est importante, plus la destination envisagée peut-être éloignée du lieu d'habitation comme pour l'ensemble de la population française. Pour les cours séjours, la proximité est de rigueur et les personnes partent dans leur département ou leur région, comme avec les mini camps proposés par l'APF. Il est important de noter que la durée du séjour n'est pas influencée par le niveau d'autonomie.[31]

D'après l'étude d'Atout France, 75% en moyenne des personnes en situation de handicap expriment le besoin d'équipements adaptés à leur handicap sur leur lieu d'hébergement. L'offre proposée n'est cependant pas toujours à la hauteur des attentes comme me l'a dit lors d'un entretien Mme FRIOLI Marika ùUne fois en France au travers de la CAF j'avais loué en bord de mer dans une sorte de village vacances avec des petites maisons et des jeux et quand on est arrivé ce n'était pas accessible alors que je leur avais pourtant dit que j'étais handicapée du coup ils nous ont relogé ailleurs on a pu s'adapter mais voilà quoi.»[32].

L'étude d'Atout France confirme cette affirmation en donnant pour chiffre 28% de personnes qui se sont confrontées une fois arrivées sur les lieux à l'absence totale d'équipements.[33]

Aujourd'hui, les modes de transport pour les personnes en situation de handicap dépendent généralement de la destination ainsi que de la possibilité de voyager seul.

De cette façon le train est privilégié dans le cadre des pratiques urbaines et l'avion pour les déplacements à l'étranger comme nous le confirme Marc BORDAT en me disant ùJ'utilise le train pour les courts trajets et l'avion pour les longs.»[34].

Nous pouvons donc en conclure que les personnes en situation de handicap adoptent quasiment le même comportement que la population française sauf pour la durée des séjours. Elles ont cependant plus de difficulté dans la préparation de leurs séjours notamment avec la fiabilité de l'offre et doivent donc être plus attentif lors de la préparation au voyage.

Maintenant, il est important d'identifier les attentes de ces personnes.

Les attentes

  • être reconnu en tant que touriste
  • Tout d'abord, les personnes en situation de handicap veulent être reconnues comme des touristes à part entière, comme l'affirme l'étude de l'AFIT de 2001[35], avec 60% des personnes handicapées qui souhaitent voyager dans les mêmes conditions que les valides. Effectivement le touriste ne souhaite pas être séparé des autres touristes comme nous l'atteste M. VIGNES Jean François en me disant ùC'était des séjours mixtes personnes valides et invalides. Cela crée des liens entre les personnes et les personnes valides comprennent mieux le handicap.»[36]

    Elles ne veulent pas non plus être acheminées par des voies d'accès séparées car se retrouver dans un local à vélo pour voyager alors qu'on a payé sa place comme tout le monde, c'est inacceptable. Cette situation s'est produite pour Mme HAU PALé Sabine qui m'a affirmé que ùMême en ayant précisé que j'étais handicapée je me suis retrouvée une fois dans un local à vélo pour effectuer mon voyage.»[37].

    Ils ont donc les mêmes envies que la clientèle française, celle de rompre avec le quotidien et découvrir de nouveaux lieux comme me l'a exposé M. VIGNES Jean François lorsque je lui ai posé la question ù qu'attendez-vous de vos vacances » ?

    ùRompre avec le quotidien, faire des rencontres aussi car je suis célibataire et cela crée des liens. Quand j'étais au Maroc j'ai aimé l'accueil des marocains avec le partage des coutumes et on a bu le thé ensemble. Tout ca c'est des échanges quand on part en voyage que ce soit avec les gens avec qui je pars ou avec la population locale. (...). C'est pour cela que je pars au moins un long voyage par an pour rompre vraiment avec le quotidien. J'aime aussi découvrir de nouveaux paysages.»

    Ainsi que M. BORDAT Marc en nous faisant part de ses attentes.

    ùJ'ai besoin de souffler, m'évader, rompre avec le quotidien, m'amuser. Retrouver mes amis. Comme les gens normaux j'ai besoin de passer de bons moments.»[38].

    Ces propos confirment que leur plus grand souhait est d'être reconnu comme des touristes et que ce n'est pas parce que l'on est handicapé que l'on n'a pas besoin de vacances et de coupure avec le quotidien.

  • Obtenir une information fiable
  • Ensuite, obtenir une information fiable est bien évidemment une attente importante des personnes en situation de handicap car ayant déjà un handicap, elles ne souhaitent donc pas avoir à se confronter à des problèmes supplémentaires, notamment d'accessibilité lors de leurs divers séjours.

    Beaucoup de personnes rencontrent des problèmes en termes d'accessibilités au cours de leurs vacances comme me l'a fais savoir Mme HAU-PALé Sabine en nous révélant ùIl y a un manque de fiabilité par rapport à l'offre. Il m'est arrivé à plusieurs reprises de m'être retrouvée sur un site non accessible alors que la personne au téléphone m'avait bien dit qu'il n'y avait aucun problème.»[39].

    Il est donc essentiel pour les prestataires touristiques et notamment les sites labellisés Tourisme et Handicaps de communiquer sur leur offre en terme d'accessibilité. Un site touristique adapté aux personnes handicapés peut-être aussi un avantage pour d'autres personnes telles que les mamans avec des poussettes comme le fait remarquer Mme UGAGLIA évelyne du Musée Saint Raymond à Toulouse en me déclarant ùle but est de faire connaître cette possibilité que notre musée est accessible aux personnes à motricité réduite ce qui vaut pour les fauteuils roulant vaut aussi pour les poussettes d'enfant !»[40].

    D'où l'intérêt de ne pas séparer les informations pour les clients handicapés des autres informations car elles peuvent également être utiles pour d'autres personnes.

    Il est important de souligner que depuis ses dernières années des efforts ont été effectués comme le manifeste le témoignage de Mme FRIOLI Marika en disant ùCa c'est quand même beaucoup amélioré mais il y encore beaucoup de choses à faire. Maintenant on peut sortir et trouver des endroits accessibles. (...). Il faut savoir aussi que certains lieux ne pourront pas être accessibles. Moi je suis très mobile très autonome, c'est toujours pareil le handicap c'est large. Il y a des gens qui ont besoin de fauteuil roulant un peu encombrant c'est sûr que pour eux c'est beaucoup plus limité que pour moi parce que moi j'arrive à me faufiler dans des endroits où eux ils ne pourraient pas. C'est ça aussi le problème mais il y a eu des améliorations.»[41].

  • Une offre de réseau importante
  • L'une de leurs attentes repose sur le développement de véritables services touristiques, dont les personnes handicapées pourraient bénéficier au même titre bien sûr que les personnes valides afin de pouvoir profiter pleinement de leurs vacances.

    Cela passe par une offre de réseau alliant le transport, l'hébergement ainsi que les activités touristiques ou non comme aller acheter des cartes postales par exemple.

    Cela permettrait donc une offre mieux organisée comme nous le signale Mme HAU-PALé Sabine en me notifiant ùCela permettrait d'avoir une offre plus fiable et mieux organisée.»[42].

    Le concept Tourisme et Handicaps ne doit donc pas s'arrêter aux vacances et aux voyages même si le besoin manifesté est de rompre avec le quotidien, d'où la priorité aux activités touristiques. Il faut cela dit aussi prendre en compte l'accessibilité des lieux communs comme les bureaux de tabac ou le bar d'un village, car il est nécessaire qu'une fois sur place la personne puisse faire des activités touristiques mais aussi des activités de tous les jours. Il serait donc intéressant que les prestataires touristiques, mais pas seulement eux, communiquent entre eux afin de proposer une offre fiable et globale, comme me l'assure M. PFISTER Olivier en nous affirmant que ùce serait bien que les prestataires communiquent entre eux.»[43].

    A cet effet, il est mis en place par l'association Tourisme et Handicaps de nouvelles grilles d'accessibilité pour les salles de spectacles, les cinémas et les bases de loisirs.

    Nous pouvons donc en conclure, que les personnes en situation de handicap ont les sensiblement les mêmes attentes à l'égard des vacances que les personnes valides.

Les aides au départ en vacances

Les personnes en situation de handicap bénéficient de prestations sociales particulières afin de faciliter leur insertion sociale et professionnelle. Ces aides varient en fonction de l'âge, du degré de handicap et de la situation personnelle et professionnelle de la personne.

  • L'Allocation d'Adultes Handicapés
  • Avant tout développement, il est important de notifier que les personnes en situation de handicap, afin de faire face aux dépenses de la vie courante, peuvent bénéficier de l'Allocation aux Adultes Handicapés qui a pour objet de garantir un revenu minimum.

    Cette allocation s'élève en 2008 à 628,10€. Elle est attribuée pour les personnes atteinte d'un taux d'incapacité permanente d'au moins 80% ou compris entre 50 et 79% si la personne est dans l'impossibilité de se procurer un emploi au vue de son handicap et si elle n'a pas occupé d'emploi depuis un an à la date du dépôt de sa demande d'allocation[44].

    Cette allocation peut être cumulée avec le complément de ressources dont le montant est fixé à 179,31€ et porterait ainsi la garantie des ressources à 807,41€ (montants en vigueur au 1er janvier 2008)[45].

    L'allocation de base peut être aussi complétée par une majoration pour la vie autonome qui s'adresse aux personnes en situation de handicap qui ont une capacité de travail mais qui sont au chômage en raison de leur handicap afin de leur permettre de pouvoir faire face à leurs dépenses de logements. Elle est versée par la CAF et son montant est de 104,77€[46].

    Maintenant, en ce qui concerne les aides de départ en vacances.

    L'AAH ne permettant pas de pouvoir constituer une épargne suffisante pour partir, il est donc nécessaire d'obtenir des aides complémentaires.

    Ces aides contribuent à une plus juste citoyenneté pour permettre, de pouvoir faire du droit aux vacances non pas un grand principe philosophique mais une réalité.

  • L'Association Nationale des Chèques Vacances
  • Tout d'abord, le montant de l'AAH ne permettant pas de pouvoir constituer une épargne vacances, l'accès aux chèques vacances est une aide partielle au financement des vacances [47].

    L'ANCV développe des partenariats avec divers associations comme l'APF ou l'UFCV dans le cadre de ùl'Aide aux Projets Vacances» et a pu donc faire bénéficier près de 3000 personnes de son soutien en 2008.

    L'accès aux chèques vacances pour les travailleurs en ESAT permet aussi de favoriser leur accès et leur droit aux vacances et aux loisirs.

  • L'Allocation Compensatrice pour Tierce Personne
  • Ensuite, l'Allocation Compensatrice pour Tierce Personne qui, afin de compenser les conséquences de son handicap, accorde au bénéficiaire de faire face à l'aide humaine ou matérielle.

    Le recours à cette prestation servira, dans le cadre des vacances, à financer les frais liés à la présence d'une tiers personne pour les actes de la vie courante tels que se laver, s'habiller, se nourrir....

  • Financements publics
  • Puis les financements publics existent tels que la Maison Départementale des Personnes Handicapées qui dispose d'un Fonds départemental de compensation du handicap pour les personnes ne bénéficiant pas de la Prestation de Compensation du Handicap.

    La CAF peut aussi attribuer des aides au départ en vacances pour les allocataires avec des enfants ainsi que les mineurs.

    La Caisse Centrale des Activités Sociales peut faire bénéficier les personnes d'une aide exceptionnelle liée aux vacances.

    Pour finir la Caisse Primaire d'Assurance Maladie et les Collectivités territoriales qui disposent de services sociaux peuvent prendre en charge une partie des frais notamment ceux liés au transport.

  • Financements privés
  • Maintenant, pour ce qui est des financements privés, les C.E. proposent à leurs salariés de prendre en compte le surcoût lié au handicap. Auprès de certaines mutuelles les personnes handicapées peuvent demander des aides exceptionnelles car elles bénéficient d'une ligne budgétaire sociale. Pour finir les associations caritatives peuvent soutenir financièrement les projets de vacances des personnes en situation de handicap.

    Nous pouvons donc en conclure qu'en complément de l'AAH des aides existent afin de pouvoir obtenir des financements suffisants pour que les personnes en situation de handicap puissent accéder aux vacances.

Les freins

  • Les freins psychologiques
  • Les personnes handicapées ont souvent peur d'être confrontées au regard des autres, c'est pour elles d'ailleurs un frein au départ en vacances. Elles souhaitent se sentir à l'aise avec leurs interlocuteurs sans donner l'impression de faire peur ou d'avoir un retard mental. Beaucoup sont tout à fait capables de communiquer. C'est la raison pour laquelle le personnel d'accueil ne doit rien préjuger et entretenir un véritable échange lorsqu'il est possible. Pour cela il doit d'abord savoir identifier le type de déficience. Ensuite, il doit rester naturel, respectueux et attentif. Dès que cela est réalisable, il vaut mieux s'adresser directement à la personne handicapée plutôt qu'à son accompagnateur, car elle est plus à même d'expliquer ce dont elle a besoin.

    Les professionnels du tourisme considèrent les personnes handicapées comme un segment de clientèle ayant des caractéristiques propres plutôt négatives comme leurs faibles moyens financiers, l'organisation difficile ou le coût de l'aménagement. Il faut aussi prendre en compte le fait que les agences de voyages ou les tours opérateurs sélectionnent leur clientèle handicapée selon leurs contraintes et leurs incapacités par rapport au type de handicap. Ce ne sont pas les professionnels qui proposent et les handicapés qui acceptent, mais les handicapés qui s'imposent et les professionnels qui suivent.

    Les personnes valides quant à elles ont souvent un regard méprisant ou rempli de pitié, à cause du malaise créé par la différence. Les valides n'arrivent pas toujours à imaginer que les personnes handicapées partent comme nous en vacances. Selon le handicap de la personne et ses possibilités de communications avec les valides et la société, le départ en vacances se trouvera soit facilité, soit rendu encore plus difficile.

  • Les freins liés au manque de fiabilité de l'offre et à l'accessibilité
  • Comme dit précédemment dans les attentes, le manque de fiabilité de l'offre comme me l'a notifié Mme FRIOLI Marika en répondant ùUn manque de fiabilité des informations.»[48] à la question ùQuels problèmes avez-vous rencontré ?»

    Ce manque de fiabilité peut donc constituer un frein au départ en vacances car bon nombre de personnes ont déjà était déçues une fois arrivées sur place. Il est donc important pour les prestataires touristiques de donner aux personnes en situation de handicap une information fiable et mise à jour régulièrement.

    Beaucoup d'entre elles hésitent à partir en vacances de peur de ne pas pouvoir accéder à toutes les prestations. C'est pourquoi au lieu de vouloir adapter les sites aux personnes handicapées, il faudrait directement les construire afin qu'ils soient accessibles pour tous.

  • Les freins financiers
  • Et pour finir les freins financiers. En 2002, plus de 17% de la population des personnes en situation de handicap capable de travailler est au chômage contre 9% pour la population générale soit presque deux fois plus[49].

    Depuis le 1er janvier 2006, une loi a été mise en place afin d'imposer aux entreprises de plus de 20 salariés de compter au moins 6% de salariés handicapés.

    Fin 2007, 206 000 personnes en situation de handicap étaient à la recherche d'un emploi. Près d'un actif handicapé sur cinq était donc encore exclu du monde du travail. Malgré les modifications apportées par la loi pour ùl'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées» du 11 février 2005, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.[50] De plus, les séjours et circuits adaptés à cette clientèle sont à des tarifs très élevés, justifiés par le coût plus élevé des aménagements nécessaires pour offrir des prestations sécurisées de qualité.

Le niveau de satisfaction par rapport à l'offre

En général, les personnes handicapées trouvent qu'il y a eu une amélioration de l'offre depuis quelques années comme me l'a dit Mme HAU-PALé Sabine ùIl y a eu des progrès depuis quelques années mais il reste encore des choses à faire»[51] même si cela reste encore insatisfaisant.

Nous retrouvons toujours le niveau d'accessibilité qui est l'un des principal motif de non satisfaction des personnes handicapées surtout pour celles à mobilité réduite qui a 50% se montrent insatisfaites, voire très insatisfaite.[52] Une fois sur leur lieu de vacances, elles ne peuvent régulièrement pas effectuer les activités souhaitées à 20%.

De la même manière, le label n'accorde pas un niveau de satisfaction général car il ne permet pas de garantir de bonnes vacances. Il approuve que le lieu où l'on va aller est accessible mais pas la présence d'équipements adaptés autour.

Cependant, l'accueil est très satisfaisant comme me l'a signalé Mme HAU-PALé Sabine ùJ'ai toujours très bien été accueillie lors de mes séjours.». Cela est dû au fait que les prestataires labellisés le font par choix éthique car c'est une démarche volontaire et ils sont ravis d'accueillir cette population.

Les personnes en situation de handicap sont donc en générale satisfaite de leurs divers séjours même si elles pensent qu'une meilleure accessibilité rendrait leurs vacances encore plus réussies. Ayant l'habitude ne pas être prise en compte, dès qu'elles sentent qu'une personne s'intéresse à elles en tant qu'individu et plus particulièrement en tant que touriste à part entière, elles deviennent donc une clientèle fidèle et facile à contenter.

L'offre

Présentation de Midi Pyrénées

Avec 45000 km² et huit départements, Midi-Pyrénées est la plus grande région de France. Elle compte trois sites classés au patrimoine mondial de l'UNESCO ainsi que le parc naturel national des Pyrénées et quatre parcs naturels régionaux. La région connaît deux pics de fréquentation: l'un en février à la montagne et l'autre en juillet-août.

Au 1er janvier 2008, Midi Pyrénées dispose d'une capacité d'accueil de plus de un million de places, soit environ 5% de la capacité d'accueil nationale. 70% de cette offre est disponible en hébergement non marchand. La région possède une capacité d'accueil de 309600 lits, hors résidences secondaires, dans plus de 19000 structures marchandes. L'hôtellerie de plein air arrive en tête avec 40% de la capacité d'accueil, suivie de l'hôtellerie (25%) et des meublés de tourisme classés (20%). Grâce à la présence de Lourdes, la région possède le 4e parc hôtelier de France.

Sur le marché national, Midi-Pyrénées se situe à nouveau, en 2007, au 8e rang des régions d'accueils touristiques et au 3e rand des régions intérieures (sans littoral), derrière Rhône-Alpes et l'île de-France.

La consommation touristique était estimée, en 2005, à 4,5 milliards d'euros, soit 6,7% du PIB régional. En 2006, Midi-Pyrénées comptait 45000 emplois liés au tourisme dont 29000 emplois salariés permanents, soit 4,5% de l'emploi salarié total en Midi-Pyrénées.[53]

Les structures distributrices et productrices

Nous pouvons classer les structures distributrices et productrices en trois parties. Tout d'abord les agences de voyages, puis les associations au niveau national qui travaillent pour améliorer l'accessibilité et enfin les associations spécialisés vacances et loisirs.

  • Les agences de voyages
  • En France, 7 grandes agences de voyages organisent des circuits adaptés aux personnes handicapées. Parmi ces agences, aucune ne dispose dans sa brochure des circuits en Midi Pyrénées, par contre certaines proposent des voyages à la carte.

    Agences de voyages en France intégrant le handicap:

    • Acces Tourism est une agence spécialisée dans les séjours destinés aux personnes handicapées physiques et propose des séjours en France et à l'étranger ainsi que quelques croisières à la carte.
    • AKHOR propose aux adultes handicapés des séjours adaptés.
    • Agence Ev'Azur propose des circuits quad en plein désert mauritanien.
    • I.Care organise des voyages spécialisés en priorité à destination des handicapés moteurs et des malvoyants.
    • Objectif Nature est un tour opérateur qui organise des safaris haut de gamme complètement dédiés aux personnes à mobilité réduite.
    • Vita Vie Agence Vitavie Travel lance la première agence de voyages en ligne pour les personnes en situation de handicap.
    • Voyages Extraordinaires est une agence spécialisée sur le sur mesure en France et à l'étranger.

  • Les associations nationales
  • Les cinq associations suivantes travaillent pour améliorer l'accès des personnes en situation de handicap aux équipements touristiques.

    • Association Tourisme et Handicaps;
    • CNLTA (Centre National Tourisme Adapté) rassemble des organismes de vacances et des associations représentantes d'usagers dédiés aux personnes, enfants et adultes, handicapées mentales;
    • Fédération Handisport qui est un interlocuteur pour l'organisation des vacances en ce qui concerne la pratique d'un sport ou un loisir de plein air;
    • Handiplage qui a pour but de rendre les plages accessibles du littoral français.
    • UNAHL (Union Nationale pour l'Accès des Handicapés aux Loisirs) fournit des informations et des conseils en ce qui concerne la réglementation des lieux de vacances pour handicapés.;

  • Les associations spécialisées loisirs et vacances
  • Près de 60 associations au niveau national ont eu la volonté de s'intéresser aux personnes handicapées afin qu'elles puissent accéder aux vacances.

    Nous ne les citerons pas toutes, nous mentionnerons les plus connues.

    • ADAV Vacances et Voyages organise des séjours destinés aux enfants et adolescents atteints d'un handicap moteur ;
    • ALPHA (Association Laïque pour les Personnes Handicapées) propose deux services:
      • Alpha Vacances organise des séjours pour les adultes handicapés mentaux,
      • Alpha Loisirs organise un service de proximité pour les personnes handicapées physiques, motrices ou à mobilité réduite;

    • ANAE (Association Nationale Animation et Education) créée en 1956 a pour objectif ùd'élaborer, de créer, de gérer et d'animer des centres de loisirs au bénéfice d'enfants et d'adultes ayant un handicap moteur, mental ou sensoriel»[54];
    • APAJH (Association Pour Adultes et Jeunes Handicapés) a pour objectif d'accompagner les adultes et jeunes handicapés dans des séjours de vacances;
    • APF Evasion (Association des Paralysés de France) propose des séjours adaptés en France et à l'étranger pour des adultes ou des enfants et adolescents ainsi que des séjours ordinaires qui s'adressent aux jeunes en situation de handicap qui veulent partir en vacances avec des jeunes valides de leur âge;
    • Promo Vacances est une association de tourisme adapté qui propose des séjours en France et à l'étranger vers plus de 120 destinations tout au long de l'année, mais aussi des loisirs pour une soirée, une journée, un week-end, un accueil en famille le temps d'un week-end ou des vacances aux personnes ayant un handicap mental et/ou physique.
    • UFCV (Union Française des Centres de Vacances et de loisirs) propose des vacances accessibles à tous;

Les transporteurs

  • Bus
  • En Midi Pyrénées, seul en Haute Garonne un service est adapté aux personnes handicapées. Ce service est appelé Mobibus et relie 88 communes par son réseau.

    Il est composé de 35 conducteurs, tous formés à l'accueil des personnes en situation de handicap et ce dispositif compte 30 véhicules accessibles pour les personnes à mobilité réduite.

    Certains transporteurs du tourisme comprennent l'utilité de se rendre accessible et font donc le nécessaire pour l'être. Duclos l'a fait en faisant l'acquisition d'un bus aménagé à l'arrière d'un ascenseur afin de faciliter la montée des fauteuils roulants à bord et certains sièges ont la possibilité d'être enlevés, permettant l'accueil de sept personnes à mobilité réduite.

  • Train
  • Plus de 400 000 personnes handicapées prennent le train chaque année en France[55].

    La SNCF fait de leur accueil une priorité.

    Le 31 janvier 2008, coup d'envoi de l'opération ùAccessibilité: mieux comprendre, mieux agir» de la SNCF. 2211 équipements facilitant l'accessibilité dans 144 gares sont mis en place. L'objectif est de rendre chaque voyageur plus attentif à son environnement et aux personnes en difficultés, qu'elles soient handicapées ou en perte de mobilité : femme avec une poussette, personne un handicap temporaire, personnes âgées et de contribuer à réduire l'écart entre le monde des valides et celui des personnes en situation de handicap.

    Cette campagne marque une nouvelle étape de la politique accessibilité de la SNCF.

    C'est bien la question citoyenne du ù vivre ensemble » dans les espaces publics qui est posée et qui est reprise dans cette campagne. D'ici 2015, un budget d'investissement de 500 millions d'euros en fonds propres sera affecté pour l'accessibilité des gares et des trains.

    La SNCF a en effet la volonté de progresser en étant conforme à la loi du 11 février 2005 et en répondant aux attentes des personnes en situation de handicap qui veulent voyager.

    La SNCF lance aussi le service Accès Plus. C'est un service gratuit, accessible pour les personnes présentant un taux d'invalidité de 80% et plus, pour les titulaires d'une carte "réformé-pensionné de guerre", et pour les personnes se présentant en gare avec leur propre fauteuil roulant, qui facilite le voyage en train.

  • Avion
  • Au niveau national, le programme Saphir de Air France a pour but de faciliter les voyages des personnes à mobilité réduite.

    Ce programme est gratuit et simplifie pour les personnes handicapées leurs voyages.

    Avec Saphir, elles bénéficient d´un accueil personnalisé à l´aéroport, d´un accès facilité à l´avion, d´un service médicalisé et de la possibilité de réserver deux sièges.

    Saphir aide les personnes:

    • aveugles ou sourdes,
    • malades et avec des besoins d'assistance médicale à bord,
    • qui souhaitent bénéficier d'une assistance particulière,
    • qui souhaitent voyager avec leur chien d'assistance,
    • qui voyagent en groupe de passagers handicapés.

    Pour bénéficier des services Saphir, il suffit de faire la réservation au moins 48h avant le départ par téléphone soit directement à Air France soit à l'agence de voyages.

Les sites labellisés en Midi Pyrénées

Il existe à ce jour 3952 sites labellisés en France ayant reçu un avis favorable de la commission nationale d'attribution du label ùTourisme et Handicaps», au 1er janvier 2010.

La région Midi Pyrénées recense 197 sites labellisés et se place ainsi en France en 11ème position des régions ayant le plus de sites labellisés.

Elle compte 9 sites labellisés en Ariège, 12 en Haute Garonne, 13 dans le Tarn et Garonne, 14 dans le Lot, 30 dans le Tarn, 32 dans le Gers, 39 en Aveyron et 48 dans les Hautes Pyrénées.

Le dernier chiffre peut s'expliquer par la présence de Lourdes en Hautes Pyrénées qui attire chaque année de nombreux pèlerins d'où la nécessité de se rendre accessible à cette population souvent handicapée.

Pour ce qui est du type de handicap, la région compte 42 sites labellisés pour les quatre familles. Il est important de rappeler qu'un site touristique peut-être labellisé de un à quatre types de handicap.

Près de ¾ des sites en Midi Pyrénées sont labellisés pour le handicap moteur. Cela est dû au fait que ce soit le handicap qui demande le moins d'aménagements spécifiques.

Ensuite arrive le handicap moteur avec 137 sites, handicap le plus connu et aussi le plus représenté en terme de personnes.

Puis 88 sites sont labellisés pour le handicap auditif et 62 sites pour le visuel, handicap encore peu connu du grand public et qui nécessite de nombreux aménagement coûteux.

Maintenant, pour ce qui est de la répartition des sites.

Plus de la moitié des sites labellisés en région Midi Pyrénées sont des hébergements en sachant que les campings ne sont pas compris dans ces chiffres.

Ensuite viennent les musées avec 21 sites suivis par les Office de Tourisme et Syndicats d'Initiative avec 15 sites.

Avec près de 5%, les campings, les restaurants et les autres sites se suivent et permettent donc aux personnes en situation de handicap de pouvoir faire des activités lors de leur séjour.

Les châteaux, églises et monuments comptent seulement 1,5%. Cela est dû au fait que ce soit de vieux bâtiments difficilement aménageable. L'aménagement aurait un coût trop onéreux par rapport à la clientèle handicapée qui vient visiter ces sites. C'est pourquoi ces prestataires ne voient pas l'utilité de se rendre accessible alors que c'est est un droit de tous citoyens de pouvoir y accéder.

Nous pouvons donc en conclure que de plus en plus de sites se labellisent cependant il reste encore de nombreux sites à labelliser.

Réponse à la problématique: Il y a-t-il des freins à l'accueil des personnes en situation de handicap pour les prestataires touristiques?

Les différents freins

L'objectif de cette partie est d'identifier et de comprendre les freins à l'accueil des personnes en situation de handicap pour les professionnels du tourisme non encore labellisés.

Afin de déterminer ces freins, des questionnaires ont été posé à des experts du Tourisme et Handicaps, des prestataires labellisés ainsi que des non labellisés.

Sociologique

Comme vu précédemment, les personnes en situation de handicap veulent être considérées comme des touristes à part entière.

Hors certains professionnels ont encore du mal à considérer ces personnes comme une cible potentielle. Effectivement cette clientèle représente moins de 5% de leur fréquentation pour la plupart[56] mais rappelons le, l'accessibilité est un droit comme le dit M. SCHMIDT Rainer, lors d'un entretien ùtout le monde a le droit d'accessibilité»[57].

L'un des freins à l'accueil de cette clientèle est donc sociologique avec la peur de l'autre comme l'expose M. GIARD Bruno co-gérant de la Grange de Rocamadour dans le Lot en disant ùLe handicap continue de faire peur aux ù valides!»[58].

Il y a donc ce rejet de l'autre qu'il faut arriver à surmonter avant tout afin de pouvoir intégrer les personnes en situation de handicap dans le monde du tourisme comme le fait remarquer Mme FAYOLLE Gabrielle co-gérante du Gîte rural 3 épis à Barry D'Islemade dans le Tarn et Garonne en répondant à la question ùQuels sont, selon vous, les freins qui pourraient amener un prestataire touristique à décider de ne pas se labelliser ?».

ùRejet de la personne handicapée.»[59].

Ainsi que l'animatrice de l'Office de Tourisme de MONTPEZAT-DE-QUERCY dans le Tarn et Garonne en répondant à cette même question ùIl faut certes un regard d'ouverture sur l'autre, sur son handicap et cela, malheureusement, tout le monde ne l'a pas naturellement.»[60].

Il faudra donc dans les solutions aux freins que nous verrons par la suite intégrer la sensibilisation ainsi que la formation pour les professionnels mais pas seulement aux personnes en situation de handicap car il y a un manque de connaissance autour de celui-ci comme le signale Mme MOLINA Monica ùLe manque de connaissement autour du handicap en général. Des idées préconçues autour des personnes handicapées.», chercheuse sur le thème du Tourisme et Handicaps à l'université de Barcelone et s'inspire notamment de ce qui se fait en France

Technique

Maintenant, pour ce qui est des freins techniques. Certains sites seront difficilement aménageables pour des raisons de locaux inadaptés comme les constructions anciennes et il faudra donc faire en sorte de quand même prévoir de pouvoir se rendre accessible à travers des moyens de substitutions comme l'exige la loi du 11 février 2005.

Ce frein concerne essentiellement le handicap moteur comme le stipule l'animatrice de l'Office de Tourisme de MONTPEZAT-DE-QUERCY en affirmant ùCependant, certains peuvent être freinés dans l'accessibilité à ce label pour des raisons de locaux inadaptés et peut-être parfois difficilement aménageables (surtout en ce qui concerne le handicap moteur)»

Economique

Le dernier frein mais pas le moins moindre est économique. C'est donc le frein central lors d'un possible passage au label.

Généralement, lors de travaux réalisés pour améliorer le site, les prestataires touristiques en profitent pour se labelliser Tourisme et Handicap. Du coup, la labellisation n'engendre pas de surcoût supplémentaire comme le signale M. lors d'un entretien.

Cependant, presque tous les prestataires ont citées le frein économique comme frein à la labellisation.

Effectivement, elle engendre des frais supplémentaire comme le signale Mme VITRY Virginie chargée de la filière Tourisme et Handicaps au sein du CDT Nord en disant ùInvestissement financier qui selon les types de handicap et la nature du lieu peut sembler ù lourd » à certains porteurs de projet.»

Il est évident que certains handicaps et notamment moteur nécessite plus d'aménagements et donc engendre plus de frais que d'autres comme par exemple le handicap mental qui nécessite surtout une volonté de la part des prestataires. C'est d'ailleurs pour cela que plus de 84% des sites en Midi Pyrénées sont labellisés pour ce type de handicap et même dans la France entière il représente 83% des sites[61].

La labellisation pour le handicap moteur oblige donc des ùFrais entrainant des modifications de la structure.»[62] signale Mme FAYOLLE Gabrielle, et ùLe coût des travaux qui sont pour certains prestataires très élevé si leur équipement est loin des obligations.»[63] comme le dit Mme BéGUé Emmanuelle freine plus d'un prestataire.

De plus l'enjeu n'étant pas économique mais humain pour la plupart. Certains même trouvent le mot enjeu ùdéplacé» comme le fait remarquer l'animatrice de l'Office de Tourisme de MONTPEZAT-DE-QUERCY en affirmant ùLe terme ù enjeu » me paraît un peu déplacé quand on parle de la vie, de l'existence de personnes juste ù différentes ». Il est grand temps que la société évolue et donne une place à part entière à ces personnes. Il n'y a pas d'enjeu touristique, juste une ouverture d'esprit et de ù portes » qui depuis longtemps étaient fermées aux personnes souffrant d'un handicap quel qu'il soit.»[64].

Les professionnels ont donc conscience qu'ils n'auront pas de retour sur investissement au vue du ùmanque de retombées économiques»[65] que nous signale Mme VITRY Virginie.

Grange de Rocamadour (site labellisé)

ùL'ignorance de l'incidence économique (coût additionnel)»

Musée Saint Raymond

ùDes soucis financiers liés aux aménagements qu'il doit réaliser.»

Les solutions pour aider au développement du Tourisme et Handicaps

Sensibilisation au handicap

Des actions de sensibilisation doivent être menées auprès du grand public ainsi qu'auprès des professionnels du tourisme comme l'affirme l'animatrice de l'Office de Tourisme de MONTPEZAT-DE-QUERCY en disant ùSensibiliser les gens le plus possible au handicap. Essayer de leur faire comprendre combien il est injuste d'exclure des gens, de les priver d'avoir accès à des sites ou des animations parce qu'ils n'ont pas eu la même chance au départ.»[66].

La personne vivant avec un handicap est avant tout une personne comme une autre comme l'exprime Mme FAYOLLE Gabrielle co-gérante du Gîte rural 3 épis à Barry D'Islemade dans le Tarn et Garonne en notifiant ùLa personne handicapée est une personne à part entière»[67], qui a besoin d'amour et d'affection et qui veut aussi en donner aux autres. Chaque personne a sa propre personnalité et des envies bien différentes.

Lorsque l'on sensibilise une personne au handicap, le plus important est de lui faire comprendre que tout le monde peut être concerné un jour, à n'importe quel moment de sa vie comme l'évoque Mme FAYOLLE Gabrielle en disant ùLorsque près de vous, ou dans vos connaissances se trouve une personne handicapée, cela vous motive, car, personne ne peut dire que cela ne vous arrivera pas demain !»[68].

Cette sensibilisation permettra donc aux personnes de prendre conscience de l'importance d'intégrer les personnes en situation de handicap.

Il est donc essentiel de sensibiliser les futurs sites labellisés aux avantages certains qu'il y a à intégrer le label.

Plus d'information sur l'obtention du label

Le label est encore mal connu par certains prestataires comme nous le prouve l'affirmation de Mme ESTIEU Sandrine du Musée Jean Jaurès dans le Tarn en disant que ùtous les handicaps sont représentés» et qu'il faudrait ùfaire apparaître, par une couleur, l'accessibilité possible dans la structure». Même si tous les handicaps sont effectivement représentés l'on peut choisir de se labelliser pour un, deux, trois ou quatre types de handicap.

Nous voyons donc l'importance d'informer les prestataires à l'obtention du label afin qu'il ne soit plus perçu comme un dispositif

Un meilleur accompagnement lors des démarches

La démarche est jugé difficile par certains comme l'a signalé en disant

Tout d'abord, l'ampleur des travaux complique la démarche d'où l'intérêt d'obtenir plus d'aides financières que nous verrons par la suite.

Ensuite, les contraintes administratives avec tous les dossiers à remplir que cela engendre.

Puis, la longueur du processus de labellisation qui peut prendre jusqu'à six mois dans certain cas.

Il est donc nécessaire d'obtenir un accompagnement technique de qualité pour les professionnels, d'être conseillés en amont, d'accéder à une information fiable et claire qui favorise le bon déroulement du projet.

C'est pourquoi il faut mettre en place au niveau des régions mais pas seulement au niveau des départements aussi avec les Comités Départementaux du Tourisme des personnes en charge d'accompagner les prestataires dans leur démarche afin de les guider au mieux et de rendre ainsi plus facile l'accès au label Tourisme et Handicap.

Plus d'aides financières

Mme MASSON

ùAvoir des aides publiques»

Formation du personnel sur le handicap

Il se révèle essentiel, pour les professionnels, de suivre des formations leur permettant d'adapter leur offre et leur encadrement aux attentes, aux spécificités et aux besoins singuliers de la clientèle handicapée.

La formation et la sensibilisation des professionnels sont des vecteurs indispensables à la mise en place d'activités touristiques réellement adaptées et de qualité. Si l'adaptation des équipements et du matériel reste bien sûr essentielle, il ne faut pas oublier que l'accueil, le savoir-faire et le savoir-être se révèlent aussi importants que l'accessibilité technique et architecturale.

Ainsi, par méconnaissance ou manque d'habitude, les comportements adoptés face à une personne handicapée restent souvent inadaptés et peuvent se révéler dangereux dans certaines situations. Cette formation paraît utile d'une part pour rassurer, pour éviter de se perdre dans des recherches inutiles et d'autre part pour éclairer le professionnel confronté à une situation inhabituelle, déstabilisante peut-être, pour laquelle la bonne volonté est nécessaire, mais pas suffisante.

Formations existantes pour les professionnels:

Formation Direction des musées de France/Musée de La Villette; Ville de Toulouse; Cnfpt (Musée Saint Raymond)

La formation requise est proposée par la FROTSI (fédération régionale des offices de tourisme et syndicats d'initiative) : ù Accueil adapté aux personnes handicapées ».

(OT Montpezat-de-Quercy)

CONCLUSION

L'accès aux vacances, aux loisirs et au tourisme des personnes en situation de handicap est, dans la théorie, un fait acquis. Dans la pratique pourtant, il subsiste encore de nombreux freins et obstacles pour faire vivre pleinement ce droit : insuffisance de l'information, financement des vacances, manque d'accompagnement, inadaptation des transports ou encore barrières architecturales persistantes. Cf Tourisme & Handicap, La chaîne de l'offre touristique pour le droit aux vacances partie 2.

BIBLIOGRAPHIE

Site Internet:

  • www.apf.asso.fr
  • www.franceguide.com
  • www.handicap.gouv.fr
  • www.insee.fr
  • www.rebondir.fr
  • www.tourisme.gouv.fr
  • www.tourisme-handicaps.org
  • www.odit-france.fr

Livres:

  • Code du Handicap, 2009, sous la direction de Louis Schweitzer et Arnaud de Broca
  • Droit des personnes handicapées, 2008, GuideNéret
  • La loi Handicap et les collectivités territoriales 2008, Catherine Maisonneuve
  • Le handicap en France, 2008, Jean Claude Cunin
  • Les droits des personnes handicapées, 2007, Guide pratique, Catherine Delpech, Maryse Frayssinet
  • Les droits des personnes handicapées, 2009, Le Particulier Editions
  • Les personnes en situation de handicap, 2009, Que sais-je, Claude Hamonet
  • Adapter l'offre touristique aux handicaps, 2009, guide de savoir-faire Atout France
  • Handitourisme, 2006-2007, Petit Futé
  • Guide des personnes handicapées, 2008, Collection Droits et démarches ISSN 1763-6256

Rapport:

  • Tourisme & Handicap, La chaîne de l'offre touristique pour le droit aux vacances, 2004, Conseil National du Tourisme

Mémoires:

  • La dynamique du marché des personnes en situation de handicap dans le secteur du tourisme et des loisirs: un nouveau créneau pour les professionnels du voyage? Juin 2009, émilie SOHY
  • Dans quelles mesures les loisirs culturels sont ils accessibles pour les personnes en situation de handicap? Juin 2008, émilie SOHY
  • La place du tourisme et handicap dans le développement touristique d'un territoire fragilisé: la vallée de Tarascon et Vicdessos, Septembre 2008, Frédérique FOSSIER

ABREVIATIONS

  • AAH: Allocation aux Adultes Handicapées
  • ACTP: Allocation Compensatrice pour Tierce Personne
  • AMP: Aide Médico Psychologique
  • ANCV: Association Nationales des Chèques Vacances
  • APF: Association des Paralysés de France
  • CAF: Caisses d'Allocations Familiales
  • CAT: Centre d'Aide par le Travail
  • CCAS: Caisse Centrale des Activités Sociales
  • CDT: Comité Départemental du Tourisme
  • CE: Comité d'Entreprise
  • CIH: Classification Internationale du Handicap
  • CPAM: Caisse Primaire d'Assurance Maladie
  • EDF:
  • ERP: établissement Recevant du Public
  • INSEE: Institut National de la Statistique et des études économiques
  • MDPH: Maison Départementale des Personnes Handicapées
  • OMS: Organisation Mondiale de la Santé
  • OTSI: Office de Tourisme et Syndicats d'Initiative
  • PCH: Prestation de Compensation du Handicap
  • SNCF: Société Nationale des Chemins de fer Français
  • TGV: Train à Grande Vitesse
  • UFCV: Union Française des Colonies de Vacances
  • UMEN: Univers Montagne Esprit Nature
  • UNESCO:
  1. Etude ùHandicaps - Incapacités - Dépendance», INSEE, 2002
  2. Code de l'action sociale et des familles, Chapitre IV, Personnes handicapées, Article L114
  3. Article 114 loi du 11 février 2005.
  4. Secrétariat d'Etat pour les personnes handicapées: Bilan d'une année, Par Claudine DREUILHE, Agence France Presse, 26 juin 2003
  5. Les personnes en situation de handicap, 2009, Que sais-je, Claude Hamonet p53 à 66
  6. Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé, Genève, OMS, 2001
  7. http://www.tourisme-handicaps.org/
  8. Fédération APAJH, Personnes handicapées : le guide pratique, Paris : Prat, 2008, p53-64
  9. INSEE, Répartition de la population par sexe et âge au 1er janvier 2010
  10. DREES. L'état de santé de la population en France. Etudes et résultats n°623, février 2008
  11. Les personnes en situation de handicap, Que sais-je? , Claude Hamonet, 2009
  12. Cf Annexe
  13. Code de l'action sociale et des familles, Chapitre IV, Personnes handicapées, Article L114-1
  14. http://www.un.org/french/disabilities/default.asp?id=833
  15. Diaporama APF
  16. Diaporama APF
  17. http://www.tisseomobibus.com/
  18. http://www.airfrance.fr/
  19. http://www.voyages-sncf.com/guide/voyageurs_handicapes/accueil/
  20. Cf Annexe
  21. Diaporama APF
  22. www.tourisme-handicaps.org/
  23. Données envoyées par l'Association Tourisme et Handicaps
  24. Guide de savoir-faire, Adapter l'offre touristique aux handicaps, Etude de marché: la population des personnes en situation de handicap et l'offre touristique française, Atout France, Octobre 2009
  25. AFIT, Etude de marché de la population handicapée face à l'offre touristique française, Guide de savoir faire, Les cahiers de AFIT, Paris, 2001, 101 pages
  26. Cf Annexe questionnaire OT Montpezat de Quercy
  27. http://www.urml-paca.org/repertoire/dossier3C_04_03.html
  28. Guide de savoir-faire, Adapter l'offre touristique aux handicaps, Etude de marché: la population des personnes en situation de handicap et l'offre touristique française, Atout France, Octobre 2009; p.74
  29. Guide de savoir-faire, Adapter l'offre touristique aux handicaps, Etude de marché: la population des personnes en situation de handicap et l'offre touristique française, Atout France, Octobre 2009; p.75
  30. Guide de savoir-faire, Adapter l'offre touristique aux handicaps, Etude de marché: la population des personnes en situation de handicap et l'offre touristique française, Atout France, Octobre 2009; p.75
  31. Guide de savoir-faire, Adapter l'offre touristique aux handicaps, Etude de marché: la population des personnes en situation de handicap et l'offre touristique française, Atout France, Octobre 2009; p.76
  32. Cf Annexe entretien Marika FRIOLI
  33. Guide de savoir-faire, Adapter l'offre touristique aux handicaps, Etude de marché: la population des personnes en situation de handicap et l'offre touristique française, Atout France, Octobre 2009; p.77
  34. Cf Annexe entretien Marc BORDAT
  35. AFIT, Etude de marché de la population handicapée face à l'offre touristique française, coll Guide de savoir faire, Les cahiers de AFIT, Paris, 2001, 101 pages
  36. Cf Annexe entretien Jean François VIGNES
  37. Cf Annexe entretien Sabine HAU-PALé
  38. Cf Annexe entretien Marc BORDAT
  39. Cf Annexe entretien Sabine HAU-PALé
  40. Cf Annexe entretien Musée Saint Raymond à Toulouse
  41. Cf Annexe entretien Marika FRIOLI
  42. Cf Annexe entretien Sabine HAU-PALé
  43. Cf Annexe entretien Olivier PFISTER
  44. Guide des personnes handicapées, 2008, Collection Droits et démarches ISSN 1763-6256 p.93
  45. Guide des personnes handicapées, 2008, Collection Droits et démarches ISSN 1763-6256 p.98
  46. Guide des personnes handicapées, 2008, Collection Droits et démarches ISSN 1763-6256 p.98
  47. Tourisme & Handicap, La chaîne de l'offre touristique pour le droit aux vacances, 2004, Conseil National du Tourisme, p.23
  48. Cf Annexe entretien Marika FRIOLI
  49. http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/hcfps04d3.pdf
  50. http://www.rebondir.fr/pdf/dossierspecial.pdf
  51. Cf Annexe entretien Sabine HAU-PALé
  52. Guide de savoir-faire, Adapter l'offre touristique aux handicaps, Etude de marché: la population des personnes en situation de handicap et l'offre touristique française, Atout France, Octobre 2009; p.80
  53. Le tourisme en France, INSEE-RéFéRENCES, édition 2008 p222
  54. http://www.anae.asso.fr/index.php?page=l-anae-en-bref; mars 2010
  55. http://www.accessibilite.sncf.com/spip.php?rubrique1 mars 2010
  56. Guide de savoir-faire, Adapter l'offre touristique aux handicaps, Etude de marché: la population des personnes en situation de handicap et l'offre touristique française, Atout France, Octobre 2009; p.61
  57. Cf Annexe Gîte Hélène site labellisé
  58. Cf Annexe Grange de Rocamadour
  59. Cf Annexe Gîte rural 3 épis
  60. Cf Annexe OT
  61. Données envoyées par l'Association T&H
  62. Cf Annexe Gîte 3 épis
  63. Cf Annexe Voie Verte
  64. Cf Annexe OT
  65. Cf Annexe CDT Nord (Experte)
  66. Cf Annexe entretien OT Montpezat-de-Quercy
  67. Cf Annexe entretien Gabrielle FAYOLLE
  68. Cf Annexe entretien Gabrielle FAYOLLE