INTRODUCTION GENERALE

Synthèse de la démarche de recherche

PARTIE 1: Le développement touristique en montagne

INTRODUCTION DE LA PREMIERE PARTIE:

Le développement touristique de la montagne est une question relativement complexe et qui a pris beaucoup de temps. Nous sommes obligés de constater que ce développement n'a pas toujours été accepté ou plutôt n'a pas toujours été conduit de manière ùdurable».

Dans ces territoires montagnards, le tourisme a longtemps été présenté comme la seule alternative possible pour sortir l'espace de sa déprise agricole mais aussi pour le relevé d'une image parfois dévalorisante. D'autre part, le tourisme représente une part significative de l'économie en générant des milliers d'emplois.

Dans cette première partie, notre objectif sera d'analyser le développement touristique de la montagne et de dégager quelle est la demande principale dans cet espace. Mais pour cela il est nécessaire de poser les divers concepts qui nous aiderons dans le développement de l'étude.

Nous nous consacrerons premièrement, à la définition de ce concept abstrait et complexe qu'est la montagne. C'est en analysant les représentations et l'imaginaire qui se dégage de la montagne que nous tenterons de comprendre la façon dont celle-ci fut aménagée et ùtouristifié».

Ensuite, nous pourrons rappeler le processus du développement touristique de la montagne pour pouvoir observer la naissance des activités touristiques de la montagne.

Enfin, nous analyserons la demande touristique de la montagne, que ce soit en hiver comme en été.

Chapitre 1: Le concept de territoire et les spécificités de l'espace rural

Afin de comprendre comment le tourisme s'organise en montagne, il est nécessaire de définir certains concepts qui sont utiles au bon déroulement de l'étude. Pour cela, nous allons donner une définition de ce qu'est un territoire de manière générale pour pouvoir analyser les spécificités du territoire (espace) rural sous toutes ses formes.

Le concept de territoire

La notion de territoire est complexe et difficile à définir car elle dépend de la discipline par laquelle on l'aborde. Dans cette étape, nous verrons ce qui sépare la notion d'espace à la notion de territoire puis nous définirons le territoire à travers une approche sociologique.

Territoire ou espace?

Les notions de territoire et d'espace sont souvent sujettes à confusion, il est difficile d'identifier clairement quelle notion désigne quoi. Si on se réfère aux définitions données par la sociologie[1], ùl'espace est un support de pratique et de comportement, c'est un espace de vie, espace du quotidien, espace fréquenté par chacun de nous». Les géographes désignent l'espace comme ùun ensemble de lieux et de relations entre les lieux, définis par des interactions entre les acteurs sociaux localisés. Produit de l'organisation des sociétés et de la nature, agent du maintien et du développement des sociétés sur leur territoire».

Alors que si on veut parler du territoire, on parlera ùd'un espace délimité, approprié par des acteurs». Il se délimite par des frontières qui peuvent être objectives: communes, villes, villages, départements... ou bien subjectives: frontières culturelles, idéologiques, linguistiques ou encore religieuse.

Dans l'encyclopédie[2], le territoire est défini comme ùPortion identifiée et appropriée de la surface de la Terre». Alors que selon R. BRUNET et H. THIERRY[3] ùLa notion de territoire est à la fois juridique, sociale, culturelle et même affective. Le territoire implique toujours une appropriation de l'espace: il est autre chose que l'espace».

Dans cette optique, espace et territoire sont deux notions distinctes, souvent confondues pourtant, utilisées de la même manière. C. RAFFESTIN[4] explique en partie pourquoi, en disant que le territoire est généré à partir de l'espace ou qu'inversement, l'espace est support au territoire:ùl'espace est le résultat d'une action conduite par un acteur syntagmatique à quelque niveau que ce soit». Ainsi c'est à partir d'un espace que naît un territoire et non inversement.

Avant de nous intéresser à l'espace rural puis à l'espace montagnard, nous allons approfondir la notion de territoire car celle-ci semble être la plus employée lorsque l'on parle de projets en termes de tourisme.

Définition sociologique du territoire

Dans l'approche sociologique, le territoire prend une autre forme, il peut être directement lié à l'identité culturelle des populations comme le défini Bernard DEBARBIEUX. Pour lui, le territoire estùun agencement de ressources matérielles et symboliques capable de structurer les conditions pratiques de l'existence d'un individu ou d'un collectif social et d'informer en retour cet individu et ce collectif sur sa propre identité». En ce sens, le territoire ne serait qu'un ensemble de ressources naturelles indispensable à l'homme et un ensemble de ressources vecteur d'identité. C'est dans ce territoire commun que les individus se reconnaissent et s'identifient.

Guy DI MEO[5] pousse un peu plus loin ce raisonnement en parlant de ùl'appropriation économique, idéologique et politique du territoire par des groupes qui se donnent une représentation particulière d'eux-mêmes et de leur histoire». Le territoire n'est ici plus caractérisé par des limites objectives ou subjectives mais plus par l'ùappropriation» de celui-ci par des individus ou groupes qui partagent les mêmes repères ou les mêmes valeurs.

Ces approches du territoire montrent l'importance du rapport entre l'homme et le territoire mais elles mettent également l'accent sur la difficulté à définir de manière claire la notion de territoire et même d'espace, la frontière entre les deux étant très étroite.

L'espace rural, définitions et spécificités

Dans le cheminement de cette étude, il est nécessaire de définir l'espace rural ainsi que ses spécificités. Cette approche nous permettra de mieux appréhender l'espace montagnard.

Définition de l'espace rural

La définition de la ruralité n'est pas facile a abordé. Yves JEAN et Michel PERIGORD[6] pensent que ùsynonyme de campagne, le concept porté par le mot rural est flou». La plupart du temps, la notion de ruralité est envisagée par la seule densité de la population, ùEn France est considérée comme rurale toute commune qui compte moins de 2000 habitants agglomérés», d'une autre manière, l'INSEE dit que ùcet espace est de composition hétérogène: on y trouve des zones rurales excentrées, parfois en montagne, mais aussi des bourgs et des villes moyennes ainsi que des espaces périphériques autour de grands pôles urbains, dont les caractéristiques démographiques ne sont pas les mêmes». Par cette définition, on peut identifier en espace rural, l'ensemble des territoires qui n'ont pas une dominante urbaine (pôles urbains, couronnes périurbaines et communes multipolarisées). Selon le service de l'aménagement du territoire, ùl'espace rural est la partie du territoire la moins bâtie. Il est composé des surfaces réservées à l'activité agricole, fonction économique de cet espace, ainsi que les zones naturelles, les forêts et les villages. L'espace rural comprend plus précisément l'ensemble du territoire façonné et entretenu par l'homme hors des zones urbaines». A l'aide de l'ensemble de ces définitions, on peut en conclure que le territoire Français est majoritairement considéré comme un espace rural avec 70%[7] de la superficie totale du pays, soit les deux tiers des communes de la France métropolitaine (84%).

Les spécificités de l'espace rural

Comme on a pu le voir dans la définition, l'espace rural est souvent limité à la seule composante de la densité de la population. Cependant, selon le sociologue Bernard KAISER[8], l'espace rural c'est aussi:

  • ùune densité relativement faible des habitants et des constructions, faisant apparaitre une prépondérance des paysages à couverture végétale;
  • Un usage économique à dominance agro-sylvo-pastoral;
  • Un modèle de vie des habitants caractérisé par leur appartenance à des collectivités de taille limitée et par leur rapport particulier à l'espace;
  • Une identité et une représentation spécifiques, fortement connotées par la culture paysanne.»

De ce fait, la notion de ruralité doit également tenir compte des dynamiques des populations agricoles. L'agriculture, la sylviculture et le pastoralisme sont les bases de l'économie dans cet espace: ùLes agriculteurs fondent en quelque sorte la spécificité des espaces ruraux»[9]. Le mode de vie y est particulièrement spécifique avec une forte connotation de la culture paysanne dans l'identité et les représentations de populations rurales.

Pour comprendre les spécificités de cet espace, de ces ùcampagnes», il est nécessaire d'appréhender celles-ci à travers le temps et plus particulièrement par le biais de trois phases[10]. Jusque dans les années 1950 une France ùpaysanne» subsiste encore mais va petit à petit se dégrader lors de la Première Guerre Mondiale avec le départ des hommes pour la guerre.

1ère phase: de 1945 à 1960

A la suite de la Seconde Guerre Mondiale, la mutation des espaces ruraux continuent à progresser. L'exode des paysans mais aussi des journaliers, des saisonniers et des petits propriétaires se poursuit vers une ville associée au ùtravail et à la sécurité». Ce phénomène est accentué par l'avènement des transports (routes et chemins de fer) qui permettent un rapprochement entre ville et campagne.

Une nouvelle dynamique agricole fondée sur le progrès économique, technique et sur l'efficacité apparait grâce à ùla jeunesse agricole catholique» puis se poursuit avec la création de la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats et Exploitants Agricoles). La productivité est également rendue plus facile grâce au progrès en matière d'agronomie, de mécanisation et de motorisation. L'exode rural n'en n'est que plus accentué, un paysan sur quatre quitte la terre et alimente la main d'œuvre des usines des trente glorieuses.

2ème phase: de 1960 à 1975

Le début de la cinquième république s'engage en faveur de la croissance économique afin de positionner la France sur le marché européen et mondial. Cette politique renforce l'évolution des espaces ruraux.

Ainsi, le passage de la qualification de paysan à celle d'agriculteur va s'accompagner d'une réelle perte d'identité et de valeur, entrainant la disparition d'un certain mode de vie.

Ce modèle productiviste est accompagné par la mise en place du marché Commun puis de la PAC (Politique Agricole Commune). Les petites exploitations qui produisent peu, tendent à disparaitre, et les agriculteurs avec elles. C'est au même moment que l'espace rural quitte sa seule fonction agricole. La forte croissance des villes développe la fonction résidentielle des campagnes et de nouvelles activités apparaissent, notamment sous l'impulsion de la DATAR (Délégation à l'Aménagement du Territoire et à l'Action Régionale).

3ème phase: de 1975 à nos jours

Le choc pétrolier des années 70 marque un terme à l'illusion productiviste en faisant augmenter les prix du pétrole ressource nécessaire à la production. D'autre part le trop plein de production ne parvient pas à s'écouler, entrainant une baisse des prix et les subventions versées par la PAC ne sont plus suffisantes. De ce fait le principe va alors être de pallier la baisse des prix de vente en augmentant le volume de production. Les exploitations sont donc de plus en plus grandes mais les investissements dont également plus conséquents. Les agriculteurs entament ainsi une démarche de ùfuite en avant».

Dès lors, l'espace rural va mettre en avant les activités annexes qui permettent de pallier à une agriculture défaillante.

Le tourisme en espace rural

L'agriculture n'est pas la seule activité que l'on peu allouer à l'espace rural, principalement dans les pays développés.Cet espace bénéficie d'une ùgrande diversité économique et sociale»[11].

La renaissance rurale

L'agriculture n'a jamais été la seule activité de la campagne. Les métiers induits par la fonction primaire ont toujours existés comme l'artisanat, le commerce ou certains autres services. C'est réellement à partir des années 70 que l'on peut parler de renaissance rurale. Jean-Paul DIRY l'exprime de cette manière: ùLes vieux villages en état d'abandon sont recolonisés par de nouveaux venus. Les maisons anciennes sont restaurées, des lotissements d'allure très urbaine sont bâtis pour les accueillir. Parfois lorsque les arrivées de jeunes sont massives ou se prolongent dans le temps, le croît naturel lui redevient positif. La société en est totalement transformée». On dénote bien que des changements s'opèrent. Henri MENDRAS[12] en 1988 dit que ùLa campagne redevient un lieu de vie plus qu'un lieu de production agricole».

Les industries se développent en transformant des produits agricoles ou en valorisant les matières premières locales (travail du bois, de la scierie à la fabrication des meubles). Ce sont principalement les industries de ùpremière fabrication» et de ùvieilles traditions artisanales» qui sont implantées à la campagne, permettant ainsi de soutenir la production agricole.

Le développement de l'activité agricole permet de voir que le milieu rural est loin d'être considéré comme répulsif et qu'il jouit de plus en plus d'une image valorisante avec l'absence de pollution ou encore de stress.

La tertiarisation de la campagne

Avec l'émergence de cette image valorisante, l'espace rural va petit à petit devenir plus attractif et va se mettre en place une véritable industrie du tourisme. Tourisme vert, tourisme à la campagne, tourisme rural, les termes ne manquent pas pour qualifier ce concept qui reste très mal connu et pour lequel aucune définition précise n'existe réellement. En France, ce tourisme a longtemps été considéré comme tourisme social (vacances chez la famille, chez les amis). Pourtant, en 2005, ùla part de l'espace rural en terme de consommation touristique représente 19,3%, représentant ainsi près du tiers de la fréquentation touristique française».[13]

Par défaut, ùle tourisme rural est constitué de l'offre d'hébergement, de restauration et de loisirs, proposé par des structures essentiellement de type familial, dont l'activité principale n'est pas forcément le tourisme et situées dans des communes rurales hors des zones littorales et de montagne».[14] Ceci nous tend à réaliser que le tourisme n'est pas l'activité principale pour la majorité des personnes, tout du moins en espace rural. C'est plutôt le fruit de la diversification d'une activité déjà existante qui conduit alors à de la pluriactivité. Cependant, avec le temps, ùle tourisme rural se professionnalise, les prestations sont nombreuses et variées quoique peu regroupées: randonnée, sports nautiques, aériens, escalade ou spéléologie, activités de loisirs d'eau douce, golf, visites culturelles...»[15]. De nombreuses activités qu'elles soient sportives, culturelles ou de nature permettent de proposer une offre relativement diversifiée au sein même de ces territoires ruraux. D'autre part, les structures d'accueil présentent également une grande diversité de catégorie d'hébergements.

La campagne change peu à peu de visage et passe d'une image fortement agricole à un espace privilégié pour les amateurs de détente et d'espaces verts, elle devient alors une des destinations privilégiées pour le départ en vacances.

Conclusion du premier chapitre:

Ce premier chapitre a permis de poser certains concepts essentiels à la poursuite de l'étude. La maitrise du concept de territoire est essentielle pour comprendre le rôle qu'un hébergement peut jouer dans le développement touristique des territoires de montagne.

La définition de l'espace rural nous a permis d'appréhender ce territoire dans une approche agricole puis touristique. Cet espace dispose d'une forte identité agricole qui a su évoluer au cours du temps afin de faire naître l'activité touristique. Mais avec elle, de nombreux types d'hébergements ont fait leur apparition. Dans cette optique l'espace rural tient une place très importante dans la poursuite de l'étude.

Chapitre 2: La montagne: perception et préservation

Pour comprendre l'organisation du tourisme en montagne, il est nécessaire d'envisager la montagne sous toutes ses formes. En essayant de définir l'espace, en regardant les perceptions et l'imaginaire dont elle est l'origine puis en observant son développement, donnant naissance a des préservations, nous pourrons dégager l'évolution qu'a subie la montagne au cours du temps.

Définition de l'espace montagnard

Tout comme l'espace rural, l'espace montagnard est très difficile à appréhender du fait des nombreuses définitions qui le caractérise. Selon Raoul BLANCHARD[16],ùune définition même de la montagne qui soit claire et compréhensible, est à elle seule à peu près impossible à fournir».

La montagne, une approche géographique

Pour le Larousse[17], la montagne correspond à ùune élévation du sol, naturelle et très importante» et à ùune région à forte altitude, et en particulier lieu de séjour en altitude, pour le repos, les vacances ou le sport». En cela, on remarque que les contours de la montagne sont peu précis et ne permettent pas d'en faire une réelle distinction avec les territoires ruraux ùrepos, vacances, sport». Isabelle SACAREAU[18] pense que ùla montagne est une réalité visuelle évidente, correspondant à une élévation brutale du relief terrestre», tandis que Pierre GEORGE[19] la décrit comme ùune partie saillante de l'écorce terrestre qui se caractérise par son élévation de plusieurs centaines de mètres au dessus de son soubassement, ses pentes raides et son volume» par ces deux définitions on peut dissocier le rural de la montagne par des spécificités liées à la hauteur, à la forme, au volume et à la couverture végétale.

En France, c'est en 1961[20] qu'un décret définit la montagne en suivant deux critères, l'altitude et la pente: ùest considérée comme commune de montagne toute commune ayant plus de 80% de son territoire à une altitude supérieure à 600m, ou une dénivellation entre le point le plus bas et le point le plus haut de 400m au minimum». En 1985 la définition a été modifiée par la Loi montagne ùune commune de montagne connaît une limitation des possibilités de la terre en fonction des conditions climatiques». Ainsi est intégrée à la définition de la montagne, la notion de climat.

La loi française relative au développement et à la protection de la montagne apporte une définition plus précise : ù les zones de montagnes se caractérisent par les handicaps significatifs entraînant des conditions de vie plus difficile et restreignant l'exercice de certaines activités économiques [...] et se traduisent par une limitation des possibilités des terres et une accroissement important des coûts de travaux dus : soit à l'existence, en raison de l'altitude de conditions climatiques très difficiles [...] soit à la présence de fortes pentes [...] soit à la combinaison des deux facteurs ».

La montagne est donc également définie au travers de la difficulté à y vivre et à y exercer des activités économiques tout en prenant en compte plusieurs facteurs comme l'altitude, le climat et la dénivellation.

La montagne divers visages pour diverses visions

Face à la difficulté de trouver une définition claire et précise de la montagne et commune pour tous, on peut se demander si la montagne n'a pas différents visages et si dans ce sens elle n'est pas perçue différemment selon les personnes.

En effet, il est possible de faire des distinctions entre haute montagne, moyenne montagne, plateaux, collines et plaines. Pour ODIT France, anciennement SEATM (Service d'Etude pour l'Aménagement Touristique de la Montagne), la haute montagne est définie comme l'altitude à partir de laquelle l'enneigement est garanti durant quatre mois et demi soit à partir de 1600 mètres pour les Alpes, 1400 mètres pour les Pyrénées et entre 800 et 1200 mètres pour les autres massifs français. La moyenne montagne est donc située en deçà de ces limites regroupant les étages boisés et les zones habités: 90% des montagnards y vivent et on remarque une forte concentration des activités agricoles et industrielles.

Pourtant, encore une fois, la montagne reste un concept vaste, car perçu de diverses manières.

La perception d'un paysage varie selon les individus et leurs acquis culturel, intellectuel et affectif. C'est pour cela qu'un citadin assimilera à de la montagne la moindre variation altitudinale ou le moindre endroit où l'on peut trouver de la neige durant l'hiver de façon régulière. En opposition, la vision d'un montagnard ne sera pas la même étant donné qu'il vit dans cet environnement là et qu'ainsi, il a assimilé les caractéristiques de la montagne à des habitudes. Bernard DEBARBIEUX l'entend de cette manière ùon désigne comme montagne, des lieux et des éléments du paysage qui présentent un fort contraste topographique avec le lieu d'où on les observe et où on les imagine»[21]. C'est pour cela que la vision n'est pas la même selon la position dans laquelle on se situe (la vision entre le citadin et le montagnard).

C'est sans doute pour ces raisons (difficultés à définir la montagne) que l'on peut parfois entendre ùa chacun sa montagne», car celle-ci apparait plus comme une construction mentale que comme une réalité physique. Sa définition ou plutôt la façon dont on la perçoit varie en fonction des groupes sociaux et des représentations collectives de chacun d'eux.

Imagination et perception: un territoire longtemps effrayant

Comme il semble difficile d'appréhender la montagne par une approche géographique, nous allons pousser l'analyse pour tenter de comprendre pourquoi ùle système de représentation de cet espace varie selon les individus, les groupes sociaux, les cultures et les époques, en fonction de l'expérience et de l'histoire de chacun; en fonction de sa position sociale et de ses intérêts aussi»[22]. Il semblerait que ces représentations découlent d'une structure imaginaire qui existe depuis longtemps et qui permettrai de comprendre les attitudes vis-à-vis de la montagne. Pour ce faire, nous allons étudier les formes récurrentes de l'imaginaire dans la montagne pour ensuite pouvoir analyser les comportements et les aménagements qui en ont découlés.

Les représentations de la montagne

ùLes montagnes ont toujours, à des degrés divers, frappé l'imagination des populations riveraines ou de celles qui vivaient en leur sein»[23]. Afin d'analyser ces représentations, nous nous appuierons sur la vision de Bernard DEBARBIEUX[24].

La montagne, un modèle de l'altérité

Comme nous l'avons dit précédemment, ùla montagne est donc d'abord et avant tout un objet qui se différencie pour des raisons essentiellement topographiques de l'endroit d'où on la nomme». De ce fait la montagne est souvent considérée par les individus comme un ùailleurs», un ùautre» ce qui peut parfois déstabiliser. Cette perception est sûrement liée au fait que ùla montagne physique est d'abord reliée au geste vertical»[25]. Il est alors intéressant de remarquer que la verticalité est associée au redressement de l'homme sur ses jambes et que ce phénomène a longtemps fasciné.

L'importance de vision religieuse

Frontière avec le ciel, la montagne est l'axe central qui perce la croûte terrestre et qui est considéré comme ùun lieu de passage difficile pour accéder soit aux esprits supérieurs ou divins, soit aux êtres louches ou démoniaques d'en bas». Ainsi, elle est parfois perçue comme une montagne divine peuplée par des Dieux et parfois comme une montagne diabolique hantée par des Démons, ùcomme un lieu de passage difficile pour accéder soit aux esprits supérieurs ou divins, soit aux êtres louches ou démoniaques d'en bas», c'est de cette façon que l'exprime Jean-Paul BOZONNET. Différemment, le géographe Franz SCHRADER pensait la montagne comme ùle trait d'union qui reliait le ciel et la terre, le monde universel au monde humain, l'infini au fini, l'éternel aux choses qui passent»[26]. La montagne occupe donc une fonction symbolique dans les esprits, même si ces croyances ont perdu beaucoup de leur intensité en Occident, dans d'autres civilisations cette vision reste très importante. Si on s'en réfère à ce que l'on vient de dire, les croyances divines ou maléfiques en lien avec la montagne s'appuient nettement sur la typographie de l'espace. On le remarque par exemple en Grèce avec la position géographique du Parthénon qui surplombe tout Athènes et qui est le lieu de rencontre entre les Dieux et les mortels.

La montagne est donc loin d'être un simple accident de la géomorphologie, elle est le vivier d'innombrables croyances, souvent divines ou maléfiques qui, comme on le verra par la suite, continuent de fasciner et de motiver les pratiques.

Une espace à la fois naturel et sauvage

L'espace rural n'est pas le seul à détenir une dominante agricole. La montagne a elle aussi une grande part agricole qui a su s'adapter aux contraintes naturelles de l'espace. Malgré de nombreuses mutations, la montagne est attachée aux activités agro-pastorales. En 1980, dans les Pyrénées, l'agriculture occupe 45% de la population active. Encore aujourd'hui, le pastoralisme (activité étroitement liée à l'agriculture) est très présent. Le pastoralisme dans le Larousse[27] est défini comme ùélevage de ruminants sur des terres faiblement productives dont la végétation naturelle est utilisée comme unique ou principale source de nourriture». Cette activité permet de gérer l'espace et participe aux équilibres naturels. N'oublions pas que les attraits touristiques de cet espace sont essentiellement liés à la beauté des lieux, beauté qui rime dans cette approche, avec activité agricole.

Malgré le lien qui unie espace rural et montagnard, la montagne bénéficie d'une image un peu plus négative, un peu plus sauvage, en raison des contraintes climatiques hostiles et dangereuses. C'est pour cela que ùl'agriculture n'y joue plus qu'un rôle accessoire, voire résiduelle, où une très faible minorité d'actifs (de pluriactifs souvent) assure essentiellement une fonction environnementale»[28].

C'est pour cela que sans sombrer dans le pessimisme, il faut admettre que la montagne est assimilée à tort ou à raison au vieillissement, à l'abandon, au rural profond. Une fois que nous avons entendus cela, on peut comprendre l'usage du terme ùsauvage» qui explique également l'existence d'animaux supposés monstrueux comme le Yeti au Tibet, le Big Foot dans les Rocheuses ou encore le dahu dans nos montagnes. Ces figures mythiques, associées à la montagne, accentues l'image d'un territoire effrayant et répulsif ou les conditions de vie sont ùextrêmement» difficiles. Même si les mentalités ont quelques peu évolué, ces animaux ont gardé leur notoriété.

Les figures du montagnard

ùLes peuples qui ne se considèrent pas en montagne sont considérés comme montagnards par d'autres peuples ou groupes sociaux qui vivent ailleurs, plus bas sur la pente ou beaucoup plus bas encore»[29]. Dans cette distinction, les individus se servent de l'environnement naturel pour distinguer et qualifier des groupes sociaux. Dès lors, on va trouver des caractéristiques à la fois physiques et morales qui vont permettre d'identifier le montagnard. En effet, il subsiste que le montagnard est censé avoir développé des qualités grâce au contexte naturel qui l'entoure, quelles soient physiques (souplesse, résistance, agilité...) ou morales (besogneux, économe, dur à la tache...). A noter que cette représentation du montagnard a aussi été utilisée pour qualifier la paysannerie (individus parlant le patois, bourrus et sauvages). Selon une enquête[30] effectuée sur les représentations du montagnard: ùcomme leur montagne, ceux-ci sont durs, car ils prennent le caractère de leur terre; comme elle, ils sont lents, aussi bien de corps que d'esprit; comme le climat enfin ils sont froids».

La vision du montagnard n'est donc pas réellement élogieuse. Pourtant, ces représentations nous montrent comment la société se conçoit elle-même et c'est là qu'elles ont alors un sens, la société a besoin de repères: organiser les individus en groupe la rassure et lui permet d'évoluer.

En regardant du côté du tourisme, ces représentations comptent beaucoup dans la motivation des pratiques touristiques, principalement au cours du XIXème siècle oùle mythe du montagnard est popularisé notamment par Jean-Jacques ROUSSEAU, en lui donnant une image ùsimple» mais ùsincère» qui a permis de conférer un certain attrait pour la montagne.

L'image du montagnard fut longtemps négative, péjorative et dévalorisante, mais grâce à la littérature et à une meilleure connaissance des peuples montagnards, son image s'est démocratisée pour faire de lui un individu plus abordable.

La montagne, lieu des alternatives

Grâce a ses attributs naturels et à sa singularité sociale, la montagne apparait comme un territoire privilégié dans la mise en œuvre de projets alternatifs (voire parfois même un peu utopiques). Dans l'air du temps, les préoccupations environnementales sont au cœur des débats. Dans cette optique, la montagne revendique ses différences et ses convictions écologiques.

Comme nous l'avons vu, le montagnard est en harmonie avec sont environnement, il le comprend et de ce fait veille sur lui. Ainsi à l'heure où des initiatives écologiques naissent, la montagne apparaît comme l'espace idéal.

En observant toutes ces différentes approches, on se rend compte de la difficulté à envisager la montagne comme un espace bien défini et à l'image vierge. ùL'ascension, et plus généralement les rapports à la montagne sont le moyen d'établir des différences, de justifier un ordre social»[31]. Afin de résumer ce que nous avons vu précédemment, voici un petit schéma récapitulatif.

L'influence de cet imaginaire sur les pratiques et l'aménagement

Par la façon qu'elle a d'être pensée par les peuples, la montagne se voit attribuer un certain nombre d'attirances se matérialisant par des pratiques, pour la plupart touristiques (mais pas uniquement). En s'appuyant sur l'idée que la montagne est un lieu d'altérité, nous verrons las pratiques contemplatives et hygiénistes, ainsi que les pratiques pour lesquelles la montagne n'est qu'un support pour l'activité.

Les pratiques contemplatives et hygiénistes

Les pratiques contemplatives et hygiénistes se basent sur des croyances sur des idéaux à travers lesquels la montagne représente quelque chose de différent qui permet d'apporter de la nouveauté à l'environnement habituel. Au Japon par exemple, des millions de croyants bouddhistes et hindouistes prennent les routes des montagnes à l'occasion de pèlerinages. En Occident, c'est un peu plus tard, à partir du XVIIIème siècle que l'on assiste à des déplacements de population vers la montagne. Ces déplacements s'effectuent pour des ùpratiques contemplatives»[32] mais aussi pour apprécier la qualité du paysage, ses valeurs esthétiques ou spirituelles.

En même temps, l'élite intellectuelle en Europe commence à s'intéresser à la montagne qui se presse dans les stations pour profiter des vertus bénéfiques de l'air (climatisme) et de l'eau (thermalisme). Ainsi, c'est grâce à l'imaginaire quelle dégage et à la beauté du paysage que les premiers touristes

La montagne avec l'imaginaire qu'elle dégage et la beauté de son paysage fascine les premiers touristes et motive les déplacements.

Les montagnes comme support à l'activité

Parfois, la montagne n'est pas réellement la raison du déplacement. Certaines pratiques individuelles ou collectives sont plus basées sur la recherche d'un cadre propice à l'activité pratiquée, qu'à la montagne elle-même. Celle-ci offre simplement le cadre idéal. Par exemple, dans la plupart des pratiques sportives, la montagne est un terrain de jeu parfait, le sportif est à la recherche de sensations procurées par son activité. Le skieur veut de la ùglisse» et se préoccupe peu de la beauté du paysage enneigé qui l'entoure. Ce phénomène est le même en spéléologie, en parapente ou pour le canyoning. Ceci dit, ces sportifs ne sont pas insensibles au paysage et à sa beauté mais leurs premières motivations sont autres.

En revanche, dans l'alpinisme et la randonnée, l'approche est différente car se sont les deux types de motivations qui priment de façon égale. Le caractère indissociable de ces deux sports avec la montagne en sont peut-être les raisons.

La montagne, un environnement préservé

Dans cette approche de la montagne, il apparait que l'aspect naturel, sauvage et mythique a une place très importante que ce soit à la fois pour définir l'espace que pour analyser les représentations de celle-ci. En sachant cela, des mesures furent prises pour protéger cet espace alors enclin à une fréquentation plus grande.

Une ressource environnementale

C'est véritablement depuis 1980, que des mouvements écologiques apparaissent dans une prise de conscience écologique tant au niveau des citoyens que des politiques en matière d'aménagement de territoire. Tout comme en espace rural, la montagne est au cœur des enjeux environnementaux. La montagne héberge une richesse extraordinaire en termes de faune, de flore et d'hydrologie. Nous avons également vu précédemment que la montagne est clairement assimilée à une espace sauvage et ùvierge», ce qui sous-entend que la nature est conservée à son état naturel. Pourtant, la fréquentation de la montagne ne cesse d'augmenter et pour répondre à cette demande grandissante, il est nécessaire de mettre en place des politiques de protection.

Des actions pour la préservation

Ces ressources naturelles et ce paysage ont besoin d'être préservé. Guido REY suggérait autrefois d'ùentourer certaines montagnes de barbelés et de n'y laisser monter que les vrais alpinistes». Cette ùimage» prouve que la montagne doit être le lieu de certaines restrictions afin de préserver l'environnement.

Ainsi, cet espace fait parfois l'objet de politiques de protection avec notamment la mise en place de Parcs Nationaux et de réserves naturelles. La majorité des Parcs Nationaux protègent la faune, la flore et les paysages des espaces montagnards.

Toutefois, cette propension à créer des espaces de protection réglementés en réponse à une dégradation des paysages et des écosystèmes suscite quelques interrogations. En effet, seulement 1%[33] du territoire est classé Parc National et ceux existant subissent de nombreuses pressions.

En parallèle, de nombreuses lois ont vu le jour mais celles-ci rendent l'analyse complexe.

On peut identifier la Loi Montagne, les Plans Locaux d'Urbanisme (PLU), les plans de prévention des risques, les directives territoriales d'aménagement, les zonages de ùNatura 2000», les zones de revitalisation rurale et les zones définies comme ù territoire de montagne ». Avec l'ensemble de ces démarches, l'administration d'une commune en territoire montagnard devient très complexe.

D'autant plus que ces zonages répondent à des objectifs différents et parfois contradictoires les uns envers les autres : protection de l'environnement, développement économique, gestion foncière...

Nous allons nous intéresser plus particulièrement à la Loi Montagne de 1985. C'est en 1977, sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing qu'est mise en place ù la directive montagne » qui a pour objectifs :

  • de favoriser le développement de l'activité agricole en réservant les terres exploitables aux agriculteurs,
  • d'éviter le mitage et maîtriser l'urbanisation grâce au concept d'Unités Touristique Nouvelles (UTN),
  • d'assurer la préservation de la haute montagne.

Cette première approche d'une loi concernant l'espace montagnard ne satisfait pas la plupart des élus. La Loi Montagne de 1985 sera l'élément décisif pour les municipalités. Car celle-ci est entre autre une loi d'aménagement et d'urbanisme et a pour objectif de permettre aux populations montagnardes de vivre et travailler dans leur environnement en surmontant les difficultés naturelles, économiques et sociales.

D'autre part, cette loi s'envisage dans un double objectif de protection et de développement économique. Cependant, plus de vingt ans après sa création, le bilan de la loi est mitigé car de nombreuses critiques ont été formulées au fil du temps.

Conclusion du deuxième chapitre:

Dans ce chapitre, nous avons essayé de définir la montagne dans une approche la plus globale possible. Cependant, on peut affirmer que celle-ci est complexe et que de nombreuses définitions se superposent. Depuis longtemps, de nombreux marketeurs et publicitaires savent que la fréquentation touristique est fondée sur le rêve. Ceux-ci résident dans ùle vécu des usagers, les sentiments et les désirs, des paysages idéaux, bref, sur l'imaginaire».[34] C'est pour cela que nous avons envisagé la montagne dans une approche plus imaginaire. Enfin, la préservation de cet espace vient en complément de ce que nous avons vu jusqu'à présent. Un territoire naturel à nécessairement besoin d'être préservé si l'on veut continuer à profiter de ses bienfaits.

Chapitre 3: Le développement touristique de la montagne

Ces deux premiers chapitres nous ont permis de mieux comprendre l'espace montagnard. Les approches que nous avons réalisées étaient nécessaires pour mieux envisager le développement touristique au sein de ce territoire. Dès lors, nous allons effectuer une approche historique de la mise en tourisme de la montagne pour pouvoir ensuite dégager les pratiques sportives qui en ont découlées. Enfin, sans touristes il n'y a pas de tourisme. Nous nous intéresserons donc à la demande touristique en montagne.

Approche historique de la mise en tourisme de la montagne

Afin de comprendre, l'organisation actuelle du tourisme en montagne, il faut s'intéresser à l'histoire de celui-ci. La lecture historique permet de comprendre beaucoup de choses, voire de se projeter dans le futur afin d'éviter de reproduire les erreurs qui ont déjà été commises. Les attitudes, les comportements et les configurations que l'on connait actuellement sont nécessairement le fruit d'actions et de pratiques passées. Dans cette partie, nous nous intéresserons aux premières formes de tourisme et à l'évolution de la fréquentation en montagne au XIXe siècle

Les premières formes de tourisme[35]

Naissance du tourisme

C'est dès le XVIIIème siècle que naissent les premières formes de tourisme. A l'époque, un petit nombre de jeunes aristocrates britanniques principalement partent faire le ùgrand tour». Celui-ci consiste à parcourir l'Europe pour découvrir les grandes capitales européennes. Dans un même temps, d'autres nobles effectuent le ùpetit tour», un voyage sur le même modèle que le ùgrand tour» mais qui se limite à un tour de France (Les Châteaux de la Loire et surtout la Côte d'Azur). Lors de la découverte de la France, le littoral français et tout particulièrement méditerranéen, est pris pour résidence de villégiature durant la période hivernale (notamment dû à la douceur de l'hiver) et la montagne pour résidence estivale. Cette forme de tourisme élitiste pratiquée par une minorité d'aristocrates consiste à ù passer l'hiver » au soleil (environ 4 mois). Cette villégiature entraîne avec elle une véritable économie saisonnière. A cette période, peu de touristes génèrent beaucoup de services (restauration, courrier, accompagnement...). La main d'œuvre employée par les nobles se compose essentiellement de paysans qui trouvent dans cette activité touristique saisonnière un complément de revenus. ùNous pouvons parler d'un âge d'or du tourisme et d'une forme maîtrisée de cette activité».

Cette villégiature est réservée à une minorité de personnes privilégiées, elle a structuré les espaces et modifié les sociétés sans forcément en bouleverser les fondements. Cette phase correspond à la naissance d'une activité, la naissance du tourisme.

La montagne: l'alpinisme comme outil de ùtouristification»

Le ùgrand tour» qui permettait de parcourir les grandes capitales d'Europe n'a pas délaissé les villes de montagne, principalement sur la chaine des Alpes (Chamonix, Grindelwald...). Par cette boucle, la montagne commence à ce faire connaitre et a attirer par la beauté des paysages et par la pureté de l'environnement.

Au XVIIIème siècle, à la même période que les déplacements de cette élite qui cherche à se cultiver, la montagne devient ùun site d'expérimentation et de définition d'une nouvelle catégorie esthético-morale»[36]. C'est en 1786 que le Mont Blanc est conquis par deux Chamoniards, PACCARD et BALMAT. L'année suivante, l'exploit est renouvelé par le Genevois DE SAUSSURE. Cette double ascension apparaît comme l'ù événement fondateur » de l'histoire de l'alpinisme. Les années 1820 constituent un moment clé dans l'histoire de l'alpinisme et notamment grâce aux Britanniques qui multiplient les assauts du Mont Blanc.

Les débuts de cet alpinisme concernent plus la bourgeoisie que toute autre catégorie sociale.

Des pratiques plus douces comme la randonnée, les observations scientifiques et la contemplation des paysages naissent durant cette même période. A cette époque, ces pratiquants de la montagne font preuves de convictions profondes envers la protection de l'environnement. En somme, aujourd'hui, les démarches et les convictions en termes d'écologie et de protection de l'environnement ne sont qu'un retour aux pensées déjà protectrices de la montagne du XIXème siècle.

Il est important de préciser que l'influence des récits de voyages et des œuvres de grands auteurs tels que STENDHAL et Jean-Jacques ROUSSEAU, se traduisent par une pratique grandissante de la montagne au XIXème siècle. Petit à petit, le désir de découverte du milieu naturel va se transformer en une approche plus conquérante de la montagne. Cette approche, est en partie due au développement du chemin de fer et du réseau routier, sous Napoléon Bonaparte, qui vont ùstructurer l'activité touristique»[37]. L'alpinisme est donc une des premières attractions de la montagne et commence à attirer un peu de monde vers les sommets.

Du tourisme de masse à un tourisme plus diffus

Au début du XXème siècle, on peut réellement parler de l'avènement des vacances, avec en 1936 la mise en place des premières semaines de congés payés par Léon BLUM. On parle ùd'imitation et de démonstration sociale (les vacances ne sont plus un rêve absolument hors d'atteinte)»[38]. Cependant, il ne faut pas oublier que les congés payés et les vacances scolaires n'ont pas pour vocation première le développement de l'activité touristique. Ils permettent respectivement d'apporter aux ouvriers français le repos nécessaire qui améliorera leur rendement au travail, aux enfants d'aider aux travaux des champs (nombreux en été) et aux entreprises et usines d'effectuer les maintenances nécessaires.

L'arrivée en masse des touristes en montagne

De ce fait, le tourisme s'ouvre à un plus grand nombre d'individus, les pratiques touristiques sont démocratisées. ùLe touriste va là où il sait qu'il peut aller»[39]et même si la majorité des individus ne va pas effectuer de déplacements, lorsqu'elle commencera à le faire se sera pour aller dans un lieu déjà fréquenté pour répondre à une certaine attente de sécurité. Par conséquent la mer sera la première destination mais en été pour concorder avec les vacances et les congés qui sont la plupart du temps donnés au mois d'août.

L'arrivée de ces touristes en grand nombre appelée aussi tourisme de masse va entrainer la fuite de l'élite qui s'était approprié l'espace. Celle-ci va se réfugier directement en montagne. L'intérêt pour cette élite étant de se différencier du peuple. Néanmoins, l'élite attirant la masse et la montagne commençant à se laisser apprivoiser, les premiers touristes se rendent vers les sommets.

Vers un tourisme plus diffus

Le tourisme de masse est dans certains espaces une pratique dévastatrice et qui va de nos jours, à l'encontre des prises de conscience environnementales. D'une manière générale, à partir des années 70, c'est la crise du tourisme de masse[40], avec les premiers constats sur les effets dévastateurs de ce tourisme.

En partie en réponse à cela, différents acteurs participent à la mise en œuvre d'un tourisme qualifié de ùdoux» et s'investissent pour faciliter la création d'une alternative au tourisme de masse. Ces acteurs se répartissent de cette façon[41]:

  • De 1967 à 1976, la DATAR par l'intermédiaire du Commissariat à la rénovation rurale assure le financement de projet s'inscrivant dans une logique locale et de petite envergure. En réalité, il s'agit d'encourager les initiatives en faveur d'un tourisme ù doux ». A cette époque notamment, les stations villages voient le jour;
  • Le ministère chargé de l'environnement, avec la mise en place de parcs nationaux et de parcs naturel régionaux, participe à la préservation de l'environnement mais aussi au développement touristique des zones de montagne concernées. Avec ces parcs, il est plus facile de contrôler les flux touristiques sur le territoire.

Ces initiatives ne permettent pas de stopper l'activité touristique mais plus simplement de la contrôler un peu mieux.

Les pratiques touristiques en montagne

L'avènement du tourisme, l'arrivée de l'élite en montagne poursuivie par la ùmasse», a permis à l'espace montagnard de dépasser son image répulsive. Ainsi, petit à petit de nombreuses activités touristiques se sont développées pour répondre à une demande de plus en plus grande. Dans nos sociétés, les sports de nature répondent au besoin de chacun d'avoir une activité physique et de découvrir le milieu naturel. Concernant près de 14 millions de pratiquants, ces activités sont devenues un phénomène social. Pour certains territoires comme la montagne, elles sont devenues un support à l'activité économique et touristique.

Les pratiques sportives de nature ou sport de nature ù se caractérisent par un ensemble de pratiques sportives qui permettent de découvrir l'espace terrestres, nautique ou aérien»[42]. Le Ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports a défini une liste recensant tous les sports appartenant aux sports de nature selon la nature de l'espace sur lequel ils se pratiquent. ù Un français sur trois de 15 à 75 ans déclare pratiquer les sports de nature »[43], en effet, près de 14 millions de français pratiquent un sport de nature (ski, surf, randonnée, voile, canoë, équitation...). Si on ajoute le vélo sous toutes ses formes, on arrive à un français sur deux. Les deux activités les plus pratiquées par les français sont le vélo et la randonnée pédestre.

La montagne peut être divisée en deux concernant les activités praticables. D'un côté les activités hivernales et d'une autre les pratiques estivales.

Des pratiques hivernales

La première pratique qui nous vient à l'esprit lorsque l'on parle de pratiques sportives en montagne, c'est bien évidemment le ski. Dès la première moitié du XIXème siècle, les alpinistes commencent à hanter les massifs montagneux pour y pratiquer du sport et rechercher des performances. C'est à Chamonix, Zermatt et Saint-Mortiz entre autre que ces alpinistes vont s'essayer à la pratique du ski. Petit à petit, on assiste à la naissance d'un phénomène social. A partir des années 1900, la fréquentation augmente mais reste tout de même modeste en hiver et est réservée à l'élite. Progressivement de nouveaux arrivants vont s'adonner par passion à la pratique du ski. C'est grâce à eux que, dès les années 1920, on invente ce qu'il convient désormais d'appeler ùles Sports d'hiver».

L'évolution et le développement du ski amena inéluctablement la nécessité d'infrastructures propres à permettre sa pratique dans des conditions optimales.

Les stations pionnières ou de première génération

Les stations de première génération naissent à la suite de la découverte de la montagne et de la pratique de l'alpinisme. C'est dans la première partie du XXème siècle que naissent les premières stations de sports d'hiver en France (Chamonix, Mégève). L'enneigement et les pentes favorisent l'aménagement de ces stations pour la pratique du ski. Ainsi, les stations de première génération ou dites ùstations villages» apparaissent des les communes ayant déjà une fréquentation touristique et située entre 900 et 1200 mètres d'altitude. Elles se développent à partir de villages déjà existants. Ces stations ne sont pas construites dans une démarche fonctionnelle, les remontées mécaniques sont situées en bas des pistes et il faut avoir recours à la marche à pied pour relier le village aux pistes de ski. Le développement du ski et de l'alpinisme et l'avènement des remontées mécaniques vont entrainer la reconfiguration d'un modèle de stations autour du tourisme hivernal. Des hôtels-restaurants apparaissent au pied des pistes et progressivement on assiste à un déplacement des activités économiques du village vers les pistes. Aix-les-Bains et Chamonix sont des exemples de stations de de première génération.

Les stations de deuxième génération ou ex-nihilo

Après la seconde guerre mondiale et jusqu'en 1960, une seconde génération de stations se développe plus en altitude (1600-1800 mètres) pour profiter de meilleures conditions d'aménagement. Cette période est marquée par une volonté étatique d'aménagement et de développement des territoires montagnards. En 1942, la Commission Interministérielle de l'Aménagement en Montagne (CIAM) est crée par le gouvernement. Cette commission deviendra par la suite le SEATM lui-même refondu dans le service ODIT (maintenant Atout France). Le désir de l'Etat est de créer des stations idéales de sports d'hiver à portée mondiale où l'ensemble des services seraient facilement accessibles (hébergements, restaurations, remontées mécaniques, commerces...), l'objectif étant de facilité la venue du touriste. C'est là que l'on remarque l'évolution avec les stations de première génération, l'altitude prime sur l'existence d'un village, comme l'indique Maurice MICHAUD (ancien directeur de la CIAM): ùAu lieu de chercher un village où nous pouvions implanter des remontées mécaniques, nous avons cherché un endroit idéal pour le ski où nous pouvions implanter un village». L'Etat joue un rôle important dans cet aménagement car il s'engage à réaliser les moyens d'accès aux stations. Les stations de Courchevel en Savoie ou encore des Deux Alpes en sont des exemples. Sur le plan politique, la création de ces aménagements est présentée comme une nécessité pour assurer la démocratisation des sports d'hiver.

Les stations de troisième génération ou intégrées

Dans les années 1960, la mise en place du ùPlan neige», montre la volonté de l'Etat de poursuivre les aménagements pour les stations. Ce plan neige rend compte ùd'une véritable doctrine de l'aménagement touristique de la montagne»[44]. Ces stations répondent également à un afflux de touristes de plus en plus important. Ces stations sont conçues à partir d'un point de chute (le parking) et sont supérieure à 1800 mètres d'altitude. C'est un concept de station ùpied de piste» où tout est organisé en fonction de la pratique du ski. Les stations issues de cette période sont celles de La Plagne ou de La Mongie dans les Pyrénées.

Les stations de quatrième génération ou stations villages

A partir des années 1975, des stations dites de quatrième génération émergent. Ces stations correspondent à des villages traditionnels crées autour d'un village, plus soucieux des usages traditionnels et intégrés à l'environnement.

En observant l'évolution de l'aménagement de la montagne, on remarque que la montagne se transforme et que les inconvénients qui freinaient la fréquentation première de la montagne se transforment en avantages pour les activités sportives hivernales (fortes pentes, enneigement). L'avènement du ski et l'aménagement de la montagne ont contribué à la modernisation de celle-ci et principalement grâce à l'aide du gouvernement qui s'est beaucoup investi dans ces démarches. Ainsi, d'autres activités vont alors se développer telles que les raquettes, le ski de fond, la luge, les chiens de traineaux, la moto neige, le spped riding... Le tourisme est ainsi vu comme l'activité salvatrice de la montagne.

Des pratiques estivales

Cependant, l'activité hivernale de la montagne ne représente que quatre mois d'activités par an (durée moyenne de l'enneigement). De ce fait, ùle tourisme d'été en montagne constitue un sujet à la fois important, complexe et préoccupant dans la politique de la France»[45]. Ce tourisme représente un volume d'affaires supérieur à celui des sports d'hiver, sans doute dû à la multitude des activités praticables. Le tourisme estival en montagne constitue un quadruple enjeu[46]:

  • Un enjeu stratégique car il constitue un réservoir de nuitées considérable pour permettre à la France de conserver sa place de leader sur le marché du tourisme mondial;
  • Un enjeu stratégique car il permet la création d'emplois et de richesses;
  • Un enjeu d'aménagement du territoire car il conditionne la redynamisation des territoires en déclin;
  • Un enjeu environnemental car il contribue à la réhabilitation et à l'entretien de notre patrimoine architectural et naturel.

Ce tourisme estival se traduit par la pratique de diverses activités: la promenade, la randonnée pédestre, les visites, le vélo, la culture ou encore d'autres activités comme le parapente, la spéléologie, le canyoning....

Cependant, il est possible de rencontrer quelques difficultés au développement de l'activité touristique en été, selon l'étude de Sociovision Cofremca[47], 60% des individus interrogés ne sont pas attirés par la montagne. Ces données vont dans le sens de ce qui est ressorti de l'étude du CREDOC: ùLe manque d'information des clientèles potentielles sur la réalité de l'offre en matière d'activités et d'animations déteint sur l'image globale de la montagne l'été».

Il est intéressant d'observer les évolutions du tourisme en montagne que se soit en hiver comme en été. On remarque alors, que les pratiques sportives hivernales ont permis d'éloigner l'image tenace et négative de la montagne. Alors que la perception de la montagne l'été reste une approche relativement réticente se confinant aux images du passé. Dans cette optique on comprend tout l'intérêt d'avoir appréhender la montagne et sa touristification par son ùhistoire». La montagne estivale a encore un petit bout de chemin à effectuer.

La demande touristique en montagne

Pour la poursuite de l'étude, il est important de connaitre la clientèle qui fréquente l'espace montagnard, que ce soit en hiver comme en été et nous verrons ainsi, que la montagne estivale est tout de même attractive. Cette approche va permettre de mieux identifier les points nécessaires à prendre en compte pour permettre un bon développement de l'activité tourisme en territoire de montagne.

La clientèle hivernale

La population qui se déplace en montagne en hiver de façon générale plus jeune que durant l'été. Le ski et les principales activités sportives hivernales correspondent plus aux goûts et aux loisirs des tranches d'âges plutôt jeunes. Symétriquement, les plus de 50 ans qui comptent pour 40,4% des séjours l'été ne représentent plus que 32% des séjours l'hiver[48].

Les touristes dépensent en moyenne 124,95 euros[49] par nuitées (lors de courts séjours) en montagne pour la pratique de sports d'hiver et 66,82 euros lors de longs séjours. Ces chiffres sont nettement plus élevés que l'été ce qui prouve que le tourisme en montagne l'hiver n'est pas accessible à tous les budgets. D'autant plus que la part des groupes avec enfants est très importante. Ainsi c'est principalement une clientèle haut de gamme ou bien de proximité qui pratique les sports d'hiver.

En hiver, le ski alpin domine nettement les autres activités (43.5% des séjours). Il faut toutefois signaler l'importance des autres formes de glisse : le ski de fond et le surf. En parallèle, les touristes " hivernaux " pratiquent également la marche, sous forme de promenade.

Concernant les réservations, on constate que les touristes réservent de plus en plus à la dernière minute. Phénomène lié au caractère aléatoire de l'enneigement des stations.

La clientèle estivale

Ces sont de façon très générale les seniors de plus de 50 ans qui profitent de la période estivale en montagne, ils représentent 55% des nuitées dans les Pyrénées. Dans les Alpes du sud et dans le Jura, se sont principalement des touristes français venant en famille pour plus de 60%. En ce qui concerne les célibataires, ils fréquentent peu la montagne. Concernant la clientèle étrangère, les Britanniques, les Allemands, les Belges et les Hollandais sont les populations qui viennent le plus en montagne l'été. Les Britanniques viennent en famille les mois de juillet et août et en couples en juin et septembre avec une majorité de séniors. Les Allemands viennent en couple de séniors tandis que les Belges se déplacent en couple également mais d'actifs. Le point commun à l'ensemble de ces groupes d'individus est que leur catégorie socioprofessionnelle est relativement aisée.

Nous allons nous intéresser plus particulièrement à la demande française et à leurs comportements. Pour l'été 2006, 28% des estivants ont affirmé ne pas avoir cherché d'informations sur leur destination[50] et s'ils l'ont fait, se sont intéressés prioritairement sur les prix, l'hébergement et les activités proposées sur le territoire en portant une attention toute particulière au bouche à oreille. Les couples sans enfants et les seniors notamment se déplacent principalement en avril, mai juin, septembre et octobre.

Ce qui est intéressant de noter, c'est que contrairement à l'hiver, la recherche dans les activités ne se focalise pas sur une pratique spécifique.

Les touristes, l'été, en montagne aiment savoir qu'ils peuvent s'adonner à plusieurs activités mais privilégient tour de même les visites, les promenades et la randonnée pédestre. Le budget consacré aux vacances en été est plus faible qu'en hiver. Cependant, le volume de nuitées y est plus élevé, ce qui permet de rééquilibrer la balance grâce à des consommations plus importantes.

Une fois le séjour terminé, 17% des individus reprochent l'absence d'activités pour les adultes.

Conclusion du troisième chapitre:

Ce chapitre est très important pour la poursuite de notre étude. Il nous a permis de mieux comprendre et de mieux envisager le tourisme en espace montagnard. La mise en tourisme se fit tardivement mais provoqua de lourds aménagements et de nombreux changements dans les activités économiques montagnardes. Avec le ski, de nombreuses autres activités se sont développées permettant ainsi de prolonger quelque peu la saison touristique. Cependant, il ressort également que la période estivale manque de clarté pour les touristes potentiels. On peut penser que le développement de la montagne peut s'effectuer en s'intéressant d'un peu plus près à ces activités estivales qui sont finalement peu connues.

CONCLUSION PREMIERE PARTIE:

Cette première partie nous a permis de dresser une ùdéfinition» de la montagne. Celle-ci nous a ouvert les yeux quant à la réelle difficulté à dresser un portrait de la montagne. L'expression ùa chacun sa montagne» le prouve, l'espace montagnard est difficile à appréhender tant les différentes approches sont nombreuses. De ce fait, les géographes ont voulu définir la montagne par une approche plus géologique: pente, altitude, relief... Cependant cette approche reste toujours imprécise. Face à l'incapacité de définir cet espace, il apparaît qu'elle est plus une construction mentale, propre selon les groupes sociaux et les représentations de chacun.

D'autre part, les spécificités de l'espace montagnard sont nombreuses, car celui-ci est avant tout un espace rural marqué par des transformations agricoles au fil du temps. Dans ce contexte, l'approche territoire permet de traduire le rapport de l'homme à l'espace et est très importante dans les projets de développement touristique et donc pour la poursuite de cette étude. L'approche territoriale permettra de mieux comprendre le lien entre hébergement et territoire montagnard.

Ensuite nous avons un peu plus approfondi le rapport entre montagne et tourisme qui est fort en raison de l'image salvatrice de celui-ci sur la montagne. Le tourisme de masse essouffle les aménagements montagnards. Ainsi, les sports de nature mais surtout les activités praticables en été, apparaissent comme des solutions au développement de la montagne surtout en ces temps d'incertitude concernant l'enneigement. Le problème réside dans le fait que l'offre estivale manque d'information ce qui empêche l'image montagnarde de se développer. On peut de ce fait s'interroger sur la place des hébergements touristiques dans le développement de la montagne.

Ainsi cette première partie nous a permis de définir les concepts et de dresser l'état des lieux actuel du tourisme en montagne. Nous allons à présent utiliser cette analyse pour connaitre la place de l'hébergement touristique dans le développement touristique des territoires de montagne.

PARTIE 2: Quelle est la place d'un habitat touristique spécifique dans le développement touristique des territoires de montagne?

INTRODUCTION DE LA DEUXIEME PARTIE:

Chapitre 1: Panorama de l'hébergement touristique

Ce chapitre visera à présenter l'hébergement touristique sous toutes ses formes avant de se focaliser sur l'hébergement en espace montagnard. Tout d'abord, nous définirons ce qu'est un hébergement touristique. Puis, nous reprendrons la naissance et l'histoire de sa création pour pouvoir identifier les différentes diversifications qui se sont faites du point de vue de l'offre.

Qu'est ce qu'un hébergement touristique?

L'hébergement touristique et la résidence secondaire: deux catégories étroitement liées

Selon l'INSEE[51], ùon entend par hébergement touristique, toute installation qui régulièrement ou occasionnellement, pourvoit à l'hébergement de touristescomme les hôtels,campings, hébergement en meublés de courte durée, résidences de tourisme, centres de villégiatures,centres de vacancespour enfants et adolescents, auberges de jeunesse et refuges...». Parallèlement, une résidence secondaire est ùun logement utilisé pour les week-ends, les loisirs ou les vacances». Ce qui l'est important de noter c'est que les logements meublés mis en location lors de séjours touristiques sont également considérés comme des résidences secondaires.

Par l'approche de ces notions, on peut se rendre compte que la distinction entre les deux est difficile à discerner. C'est pour cela que les deux catégories sont bien souvent regroupées.

Distinction entre hébergement marchand et non-marchand

Les définitions vues précédemment nous amène à être vigilent car elles ne nous permettent pas d'identifier la différence entre un hébergement marchand et un hébergement non - marchand. Il parait alors important pour la suite de notre étude de bien distinguer la différence entre les deux.

L'hébergement non-marchand: désir de convivialité et recherche d'économie

Il n'existe pas de définition type de l'hébergement non-marchand. Cependant, la résidence secondaire est l'exemple type rattaché à ce concept. Dans ce sens, L'hébergement non-marchand peut-être identifié comme le moyen de passer une nuit en dehors de son foyer sans contrepartie financière, c'est-à-dire à titre gracieux. Ainsi, la nuitée du touriste ne comporte aucune valeur économique pour le territoire dans lequel il va effectuer son séjour. La résidence secondaire n'est pas la seule à être répertoriée dans cette catégorie. Une nuitée passée chez la famille ou les amis n'engendre aucune dépense (tout du moins en termes de logement).

Il est alors intéressant de savoir que les Français passent plus de la moitié de leurs vacances dans des hébergements non-marchand. Pour 41%[52] des partants, les résidences secondaires, les amis ou la famille seront le seul mode d'hébergement qu'ils fréquenteront durant l'année. Ce phénomène peut s'expliquer en partie par le plaisir de se retrouver en famille ou entre amis durant les vacances, mais aussi dans un souci d'économie. Selon une étude de l'INSEE en 2005, la France serait la détentrice du record mondial avec 2,9 millions de résidences secondaires soit 10% du parc total d'hébergement, dont 91% appartiennent à des français. Un français séjournerait en moyenne 44 nuits par an dans cette ùseconde maison», ce qui représente un chiffre considérable.

L'hébergement non-marchand est particulièrement présent dans les régions au nord et à l'est de la France (Picardie, Nord, Alsace, Lorraine, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Rhône-Alpes)[53], privilégiant ainsi les zones littorales et rurales, comme nous pouvons le constater sur la carte ci-dessous:

Cependant, il ne faut pas croire que l'hébergement non-marchand n'engendre aucune retombée pour le territoire car le touriste va tout de même consommer des activités ou des services sur le lieu de son séjour. En effet, les résidences secondaires enrichissent réellement l'économie locale car elles représentent une part importante de la construction neuve et participent au développement de l'activité touristique. Au 1er janvier 2008[54], la part des hébergements non-marchand représentait 69,4% de la capacité d'accueil en nombre de lits en France.

L'hébergement marchand

En opposition, le secteur de l'hébergement marchand reste dominant principalement pour les clientèles étrangères. Tout comme l'hébergement non-marchand, il n'existe pas de définition type de l'hébergement marchand. Ainsi, nous allons dire que c'est un ùhébergement commercialisé»: possibilité d'effectuer une nuitée dans un hébergement en contre partie d'une contribution financière. Par cette approche, à l'inverse de ce que nous avons vu précédemment, tout hébergement autre que la résidence secondaire ou l'accueil chez les amis ou la famille est considéré comme un hébergement marchand.

Nous verrons par la suite sous quelles formes peuvent se décliner ces hébergements marchands de tourisme.

La naissance de l'hébergement touristique en France

Afin d'optimiser l'approche de l'hébergement, il est nécessaire d'effectuer un retour en arrière et d'observer l'évolution de l'hébergement touristique au fil du temps. Cette évolution est étroitement liée à l'organisme associatif Gîtes de France. Il convient alors de présenter cette structure avant de retracer l'histoire de l'hébergement touristique. Précisons tout de même que dans cette approche, nous nous intéresserons tout particulièrement aux gîtes et chambres d'hôtes.

La fédération Nationale des Gîtes de France

On peut dire, que le premier gîte rural fut créé en 1951 grâce à la rénovation d'une petite grange inutilisée dans les Basses Alpes. Ce phénomène est tout d'abord le fruit d'un désir d'Emile AUBERT[55], de ùmodéliser et institutionnaliser l'accueil des familles de citadins par les ruraux». Petit à petit d'autres gîtes ont ouverts et c'est le 11 janvier 1955 que la Fédération Nationale des Gîtes de France est créée. Le tout premier désir d'Emile AUBERT était d'amener un frein à l'exode rural en proposant une alternative aux agriculteurs. Nous verrons par la suite que l'hébergement touristique s'est popularisé et n'est plus réservé au monde agricole.

C'est ainsi, que la fédération Nationale de Gîtes de France s'est largement développée et fête cette année ses 55 ans d'existence. Aujourd'hui, elle définie ses missions comme telles[56]:

  • ùSatisfaire aux exigences et aux besoins d'un tourisme d'authenticité, de convivialité, de nature, de calme, de découverte et d'espace;
  • Contribuer à la valorisation et à la conservation du patrimoine et de l'environnement, principalement en milieu rural;
  • Participer au développement local et contribuer à fixer les populations rurales par l'apport de ressources complémentaires.»

La création de cette Fédération a soutenu des initiatives individuelles et a impulsé le développement et la création d'hébergements touristiques. C'est pour cela qu'il était indispensable de s'intéresser, de façon relativement large, à la création de Gîtes de France.

Il y a 55 ans: la naissance d'une autre idée de vacances

Nous allons maintenant aborder la naissance de l'hébergement touristique qui s'est effectuée avec du ùbon sens»[57]. Les gîtes de France ont joué un rôle très important dans le développement de cette activité. C'est pour cela que l'approche historique de l'hébergement se fera en parallèle du développement du réseau Gîtes de France. Nous allons envisager l'évolution en 6 grandes phases, de 1950 à nos jours[58].

Les années fondatrices: de 1950 à 1960

Comme nous l'avons vu précédemment, les espaces ruraux, dans les années 50 sont fortement enclins à l'exode rural. C'est celui-ci qui va marquer les prémices de l'hébergement touristique, tout du moins des gîtes.

Les familles qui avaient participées à l'exode rural et étaient parties travailler en ville, ont pris l'habitude petit à petit de revenir à la campagne dans les maisons familiales durant les week-ends. Au fil du temps, ces mêmes personnes ont pour des raisons souvent de décès familial cessé de venir. Les maisons se sont donc retrouvées totalement inhabitées et inutilisées. L'idée a donc germée: pourquoi ne pas ouvrir ces maisons à des personnes extérieures au lieu de les laisser à l'abandon? C'est ainsi que les gîtes sont nés. Gîtes de France a permis de fédérer l'ensemble de ces hébergements qui se sont crées ùlogiquement»[59]. De plus, suite à une étude réalisée par la Commission Tourisme du IIe Plan, il fut établi que 350000 maisons étés à l'abandon, aggravant de ce fait le phénomène de l'exode rural. D'autres part, les convictions du moment été que ùle tourisme peut bel et bien contribuer à préserver l'économie et l'habitat rural»[60]. En 1957, soit deux ans après l'ouverture du premier gîte, six-cent hébergements étaient recensés. Une croissance phénoménale.

Durant ces mêmes années, les années 50, le camping caravanning s'est développé, le premier Village de Vacances a été crée suivi rapidement par le premier Village Vacances Familles (a Obernai en Alsace le 4 juin 1959). D'autre part le baby boom a impulsé la création des colonies de vacances.

L'ensemble de ces phénomènes a fait naître une prise de conscience générale sur le déclin de l'habitat traditionnel des campagnes. Le gîte va être une des solutions pour la restauration de nombreuses bâtisses enclines à la disparition. Des chantiers de restauration vont être mis en place pour transformer ces bâtisses en gîtes ruraux entièrement rénovés. C'est la naissance d'un nouveau concept sous le nom de Gîtes de Caractère.

L'apparition des gîtes avec l'impulsion de la Fédération Nationale de Gîtes de France ont permis de sauver l'hébergement en milieu rural. De nombreuses initiatives ont permis la renaissance de certains villages ou hameaux voués à l'abandon.

Les années conquérantes: de 1960 à 1970

Les vacances se popularisent et comme nous l'avons déjà précisé, la montagne ainsi que le littoral s'équipent massivement en termes d'hébergement. La campagne continue progressivement sa montée. Notamment grâce à la visite de la famille en été. Parallèlement, Gîtes de France poursuit son objectif avec l'aide des pouvoirs publics pour recruter de nouveaux adhérents. ùC'est dire à quel point le mouvement des Gîtes de France compte à cette époque dans le développement du territoire». En effet, en 1961, la prise en compte des hébergements abandonnés est officialisée et ceux-ci sont mis en vente pour permettre aux nouveaux propriétaires (parfois étrangers) de les rénover.

Des hébergements ancrés dans l'espace montagnard

INTRO

Une alternative aux grandes stations

Comme nous l'avons vu dans la première partie de ce développement, Le début du XXème siècle a été un tournant décisif dans la démocratisation de la montagne. Les ùbaby-boomers» attendent avec impatience l'hiver pour pratiquer les sports de glisse. Cependant face à cette demande de plus en plus grande, le problème de l'hébergement va rapidement se poser. Certes, les diverses stations qui on été construites répondent en partie à cette forte demande mais ne satisfont pas l'ensemble des clientèles. D'autres skieurs (principalement) préfèreraient se retrouver dans des décors plus authentiques à des prix plus économiques. Ainsi, les élus régionaux des zones de montagnes vont rapidement penser à la ùreconversion de chalets dont regorgent les régions frappées par l'exode»[61]. Cette innovation a pris le nom de gîtes de neige. Ceux-ci existent déjà dans d'autres pays tels que la Suisse ou l'Autriche et la France s'est appuyée sur leur initiative pour expérimenter le concept. Des voyages d'études sont organisés pour initier les paysans qui le souhaitent à ce nouveau métier qu'est l'accueil touristique. L'objectif que se fixent ces agriculteurs est de sauver l'agriculture montagnarde par le biais de l'activité touristique.

Ce nouveau concept fonctionne très rapidement. En 1963, 120 gîtes de neige sont comptabilisés avec environ 700 lits. Ils disposent de l'image d'une ùautre montagne» avec des prix abordables, soit 150 francs (environ 25 euros) pour deux semaines.

Chapitre 2: Les hébergements,caractéristiques et enjeux

L'hébergement sous diverses formes

Différents panels pour différentes attentes

La labellisation au service de la qualité

Chapitre 3: Les chambres d'hôtes, un outil au service du développement touristique

Selon le Ministère du Tourisme[62], les chambres d'hôtes sont des ù chambres meublées situées chez l'habitant en vue d'accueillir des touristes, à titre onéreux, pour une ou plusieurs nuitées, assorties de prestations».

La chambre d'hôtes, une hospitalité qui s'est organisée

Cependant, cette définition est le fruit d'une évolution de ce que l'on peut appeler une forme d'hospitalité. Cette hospitalité a peu à peu évolué comme nous allons le voir dans les paragraphes qui suivent.

Une activité tout d'abord anarchique

Au tout début l'activité chambre d'hôtes était complètement ùsauvage», résultant de certains particuliers qui voyaient en cette pratique le moyen de gagner un peu d'argent en louant leur propre logement à des vacanciers qui arrivaient en masse sur l'espace littoral.

A l'opposé, en montagne[63], les Jeux Olympiques de 1968 à Grenoble ont complètement impulsé le concept. Les jeux Olympiques entrainent une énorme fréquentation sur le site et les hébergements ont donc manqué. Les particuliers ont donc décidé de louer des chambres au sein même de leur habitation pour combler ce manque.

Ainsi, à la fois sur le littoral et en montagne, le concept chambre d'hôtes a petit à petit pris forme.

Officialisation et diversification

L'officialisation

Rapidement, cette activité va s'organiser grâce à une poignée d'agriculteurs et avec le soutient de la chambre d'Agriculture. Une première fiche technique va permettre de mentionner quelques points indispensables pour recevoir des touristes chez soi avec un minimum de confort (les exigences en termes de confort ne cessant d'évoluer). Lors de l'Assemblée Générale du 7 mars 1969, la chambre d'hôtes est adoptée. Elle définie comme ùchambres aménagées et équipées chez des particuliers en vue d'accueillir des randonneurs itinérants et de leur offrir la nuitée, c'est-à-dire le coucher et le petit-déjeuner»[64]. Le Conseil National de l'Isère sera particulièrement engagé dans ce développement et proposera les subventions nécessaires à la restauration de certaines chambres afin de compléter le parc d'hébergement touristique. La même année, les premières chambres d'hôtes officielles sont ouvertes grâce au désir d'une agricultrice désirant diversifier son activité et rompre avec son quotidien montagnard.

La diversification

Les chambres d'hôtes deviennent peu à peu la hantise des restaurateurs qui y voient une concurrence rude. Ainsi, au départ, les propriétaires des chambres d'hôtes se contentaient de conseiller ses clients sur le choix d'un restaurant à proximité respectant de ce fait la loi à laquelle ils sont soumis. L'été, les touristes se pliaient facilement à cette règle mais la rudesse de l'hiver décourage rapidement quiconque de mettre son nez dehors car n'oublions pas que nous sommes dans des espaces montagnards. Alors, prudemment, la règle va être transgressée et des repas vont être servis aux vacanciers. ùSpontanément et empiriquement, les tables d'hôtes sont inventées». La formule fonctionne parfaitement et continu de nos jours. C'est pour cela que lors de l'Assemblée Générale du 9 décembre 1971, le concept table d'hôtes est officialisé.

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  6. Yves JEAN et Michel PERIGORD, Géographie rurale, la ruralité en France, Ed Armand Colin, Paris, 2009
  7. L'INSEE et la statistique publique, définitions de l'espace rural
  8. Bernard KAYSER, La renaissance rurale, sociologie des campagnes du monde occidental, Ed Armand Colin, Paris, 1990
  9. Jean-Paul DIRY, Les espaces ruraux, Ed Armand Colin, Paris, 2004
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  11. Jean-Paul DIRY, op.cit
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