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L'étude de ce mémoire se base sur le concept de l'oenotourisme, terme générique englobant, le tourisme vitivinicole et œnologique. Dans cette première partie, il s'agira de répondre à la question: qu'est ce que l'oenotourisme? Au travers les lectures et les travaux effectués sur ce sujet, nous remarquons que l'oenotourisme a deux dimensions de base: la dimension paysagère et la dimension patrimoniale. A travers ces deux pivots, né une véritable forme de tourisme.

En effet en étudiant les caractéristiques des paysages viticoles qui sont associés a des paysages culturels qu'il fat préserver et valoriser, en cherchant comment patrimonialiser la filière viticole, nous sommes en mesure de proposer des produits et des stratégies touristiques autour du patrimoine et des paysages viticoles. L'oenotourisme est donc une forme de tourisme prenant ces sources dans un contexte économique en mutation et ayant une offre, une demande, et des stratégies particulières.

Chapitre 1 : un paysage

La culture de la vigne est complexe, elle dépend de la qualité des sols, des terroirs, des climats, et des méthodes de travail qui découlent des caractéristiques intrinsèques au lieu de culture. Tout cet ensemble a façonné au fil des siècles des paysages divers et variés.

Dans ce chapitre nous étudierons les définitions du paysage et quelles sont les caractéristiques des paysages viticoles. Nous verrons que les paysages viticoles sont associés aux paysages culturels (habitat spécifique, art, littérature...). Enfin, comme tout paysage, les vignes, les us et coutumes de la filière doivent être préservées et valorisées au travers de différentes actions.

Définition et typologies des paysages viticoles

Nous ne pouvons pas définir le terme de paysage viticole, sans définir au préalable la notion de paysage. A l'aide de différents auteurs, nous essaierons d'apporter des éléments de définitions avant d'étudier les différents paysages viticoles (dû à la variété des reliefs, des climats, des terroirs...).

Essai de définition

Le terme paysage est fortement polysémique. étymologiquement le paysage est ùce que l'on voit, d'après le mot italien paesaggio, apparu à propos de la peinture pendant la Renaissance; ce que l'œil embrasse d'un seul coup d'œil, le champ du regard[1].» La définition du Bulletin Officiel rajoute la dimension de ùcontact indispensable avec les lieux, les acteurs qui les ont modelés ou qui les transforment»[2].

La Convention Européenne du Paysage prend en compte les deux définitions, pour elle le paysage est ùune partie du territoire telle que perçue par les populations dont le caractère résulte de l'action des facteurs naturels ou humains et de leur interrelation.[3]» Le paysage est donc un système complexe qui doit être pensé comme une relation dynamique entre un territoire et un regard[4].

A partir des années 1980, les géographes intègrent dans la définition du paysage le terme de valeurs. D'après Lévy-Lussault le paysage est ùla représentation territorialisée de l'environnement, qui est situé géographiquement et caractérisé par des composantes matérielles qui ont aussi une valeur culturelle.[5]»

D'après Brunet Ferras[6], le paysage présente 4 valeurs:

  • Le paysage permet de donner des repères et de se familiariser avec les lieux. il a donc une valeur d'usage.
  • A travers sa valeur marchande, ùle paysage se vend et parfois s'aliène»[7]. En effet on achète la vue qui va avec l'appartement ou la maison.
  • Les citadins ùconsomment»[8]le paysage que les ruraux ùproduisent»[9]. A travers leur regard, leur jugement sur l'esthétisme du paysage, celui pourra ou non être conservé, ce qui lui confère une valeur de conservation.
  • Enfin la quatrième valeur est la valeur d'intégration. En effet les gens créent des stéréotypes autour du paysage et ils s'intègrent, ils s'unifient autour de celui-ci et font que le paysage devient symbolique à une communauté.

Le paysage viticole est perçu de différentes manière selon les personnes: lieu de travail, de valeurs, de transmission pour les viticulteurs; lieux esthétiques, artistiques, d'itinérance pour les touristes

Il ne peut être clairement défini étant donnée sa diversité. La variété des reliefs (coteaux, plaines), l'incidence du climat (méditerranéen, océanique, continental), l'influence de l'histoire (configuration sociale en latinfundiaire et minifundiaire)[10], les spécificités des terroirs (interactions complexes entre un milieu physique et biologique et un ensemble de facteurs humains) conduisent l'homme à penser, à adapter spécifiquement la culture de la vigne et à façonner les paysages viticoles.

P. Dubrule[11]fait un parallèle entre l'appréciation d'un vin et l'appréciation d'un paysage, pour lui, comme le vin le paysage est un assemblage complexe, vivant et évolutif. De plus le vin et le paysage sont des résultats de l'histoire, de pratiques que l'on peut retrouver et identifier. Enfin la rencontre entre l'homme et le vin ainsi que la rencontre entre l'homme et le paysage sont fait de perceptions, de sensations, qui restent dans l'imaginaire et sert de référence.

La typologie des paysages viticoles

Il existe donc une véritable typologie des paysages de vignes[12].

Fabienne Joliet (INH d'Angers) propose une typologie élaborée en croisant plusieurs critères: organisation spatiale, facteur relief, facteur densité de la plantation, monoculture ou polyculture, hauteur de la plantation/hauteur de l'œil.

La combinaison de ces facteurs traduits en trois dimensions conduit à l'élaboration d'une typologie paysagère.

Le paysage est également marqué par des constantes :

  • La couleur: une gamme chromatique vive. Une palette qui suit l'évolution des saisons.
  • Les rythmes/textures: selon les pratiques culturales, la vigne est plus ou moins alignée et taillée.
  • Les points d'appel ou motifs emblématiques, ce paysage est ponctué de points d'appels qui se dressent au dessus de l'horizon planté (le clocher du village, les cabanes de vigne, un clos de pierre, un domaine, un arbre, un rosier, etc.) et situent géographiquement le terroir.

Les grands types de paysages viticoles ainsi dégagés se déclinent d'abord en fonction de leur structure spatiale (en points, lignes ou surface), puis selon leur visibilité (relief, mono ou polyculture, et hauteur végétale).

Nous allons résumer sous forme de tableau les grands types de paysages viticoles.

Les types les plus répandus, comme ùterrasses de vignes», ùvague de vigne», ùmarqueterie», ùmer de vigne», ùvigne en timbre poste», ùrideau de vigne», sont dus à la conduite en rangs d'échalas, aujourd'hui la plus pratiquée. Certains types sont plus rares, parfois en voie de disparition : c'est le cas des ùfoules de vigne». Enfin, certains sont en voie de développement, notamment les ùterrasses de vignes». Les paysages de vignobles peuvent être homogènes, mais parfois composites.

Cette étude nous permet de comprendre les types de vigne et peut être utilisée lors de visite de domaine pour agrémenter le discours. Certains touristes sont friands du côté scientifique des plantations.

Nous avons vu dans cette première sous partie que la notion de paysages viticoles est difficilement définissable car pour chaque type de paysage de vigne il ya une définition avec des caractéristiques intrinsèques. Cette diversité montre que non seulement les paysages viticoles dépendent de la variété des sols mais aussi de l'adaptation des plantations en fonction des structures spatiales que l'homme a faite. Nous pouvons nous demander, alors puisque l'homme façonne les paysages, ne sont-ils pas liés à la culture humaine.

Les paysages viticoles sont-ils des paysages culturels?

Après avoir définit ce qu'est un paysage culturel, nous étudierons les caractéristiques viticoles à travers un bref historique, ainsi que le rôle de la vigne dans l'art (religieux ou païens) et dans la littérature.

Paysages culturels

Georges Bertrand[13] affirme que tout est paysage et tout paysage est culturel. Car le paysage est la représentation culturelle de l'environnement. On le retrouve dans différentes dimensions: poétique, esthétique, symbolique, sociale, écologique...

De plus, l'article 1 de la Convention du Patrimoine Mondial définit le paysage commeune œuvre conjuguée de l'homme et de la nature. Il peut s'agir soit d'un jardin ou d'un parc (dimension esthétique), soit d'un paysage relique (le processus d'évolution s'est arrêté), soit d'un paysage vivant mais marqué par son histoire, soit enfin d'un ùpaysage culturel associatif» c'est-à-dire un paysage associant un élément naturel à un fait religieux, artistique ou culturel[14].

Les paysages viticoles répondent à cette définition et à ces dimensions; ils sont devenus anthropisés et artialisés et on peut donc les associer aux paysages culturels. Selon la définition du Petit Robert, ùculturel» signifie: relatif aux formes acquises de comportement et non pas à l'hérédité biologique. Les paysages viticoles s'associent donc aux comportements spécifiques des hommes.

Caractéristiques des paysages viticoles

Historique

Le terme de paysage existe depuis l'antiquité, bien qu'à cette époque, nos ancêtres n'avaient pas conscience que le paysage viticole pouvait être associé à une dimension esthétique.

La vigne accompagnait les autres cultures. Elle faisait partie intégrante des polycultures et du système agraire méditerranéen. Le blé, l'olivier, le lin, le chanvre étaient des cultures de première nécessité (pain, huile, vêtement). Quant à la vigne, on avait découvert que la fermentation de son fruit donnait une boisson aux vertus désinhibitrices. Elle était donc cultivée pour le raisin et le vin. Cela montre un choix délibéré de l'homme de cultiver un produit qui ne satisfaisait pas les besoins fondamentaux et Luginbhül explique que cette culture correspondait à ùun arbitrage humain» et qu'elle était ùune culture du plaisir[15]».

Du début de la chrétienté au XIX° siècle, le paysage viticole est semé de petites parcelles, chaque famille d'ouvriers agricole possède sa vigne car la culture de la vigne est une tradition familiale. Elle répond également aux besoins du culte dans la communauté chrétienne et païenne. En effet dans la culture chrétienne lors du sacrement de l'Eucharistie (institué de la Cène) le sang et le corps du Christ sont présents en apparence du vin et du pain. A cette époque la vigne fait partie d'un système agraire complexe. Avec d'autres produits comme le blé et le lin, elle permet d'assurer l'ensemble du cycle vitivinicole et organise la vie rurale et urbaine. La spécificité de l'habitat montre combien la vie était régie autour de la vigne. Luginbhül démontre que ùle paysage viticole est marqué par un habitat singulier, souvent dense et concentré, de manière à ne pas empiéter sur les sols précieux réservés à la vigne et tout en permettant d'abriter une population nombreuse, nécessaire pour assurer les multiples opérations de la viticulture et de la vinification. Ainsi chaque village formait un tout se suffisant à lui-même avec ses productions artisanales ou agricoles, avec ses ouvriers sédentaires dont l'activité se déployait vers le pôle d'attraction qui constituait la viticulture[16]

Au XIX° siècle, la crise du Philloxera et l'invention du chemin de fer poussent les viticulteurs à remodeler la plantation des vignes (passage de la plantation en foule aux plantations en ligne tableau 1). Il a fallut plus de 30 ans pour endiguer la maladie grâce aux portes greffes issus de plants américains.

Les maladies, les crises économiques, les guerres, la concurrence accrue, les catastrophes naturelles ont changé le paysage viticole. Nous avons perdus de la surface de vignoble (exemple du vignoble Auxerrois), et d'autres vignobles sont apparus à l'étranger du fait de la mondialisation avec de nouvelles techniques de plantation et donc l'apparition de nouveaux paysages viticoles et de nouvelles cultures rattachées.

La vigne et la culture

La vigne est devenue un objet d'art et contribue à la dimension esthétique des vignobles. Le paysage viticole est associé à l'art, à al littérature, à la photographie. La vigne est apparue dans les ornements des monuments et à servit de base à beaucoup de représentations artistiques.

Les divinités grecques (Dionysos) et romaine (Bacchus) ont été sculptées et peintes à de nombreuses reprises. L'influence de la religion chrétienne et la symbolique très forte du vin dans le sacré fait que nous retrouvons des feuilles de vigne et des grappes de raisins sculptées et peintes sur les portails, les chapiteaux des cloîtres et des colonnes des églises, cathédrales et abbayes. Le paysage viticole appartient au paysage de prestige et l'homme le sublime en associant vigne et pouvoir princier (Fresque de Alorenzetti).

Dans la peinture, la vigne n'est pas très représentée car nous ne pouvons peindre l'odeur, le goût, l'ouïe, le toucher qu'elle et le vin apportent (elle sera plus photographiée en raison de l'aspect graphique des paysages). Ces représentations poly sensorielles sont soulignées par le fait que le nom donné à un vignoble renvoi en premier à une saveur et ensuite elle inspire à un spectacle.

La littérature quant à elle joue un rôle très important puisqu'elle exprime, surtout à travers la poésie, des sensibilités à l'égard des paysages de la vigne, grâce à l'usage des formes rhétoriques qui permettent d'évoquer les plaisirs sensoriels[17]. Elle décrit les différentes teintes de robe, les senteurs et parfums du vin, les goûts subtils (qui permettent de dire que ùce vin vient de ce pays, de cette région»), retranscrit les légendes, les rites associés à la vigne et à son travail.

ùSur la langue, le vin nous parle, il énumère ses arômes comme un général de Napoléon ses batailles. De ses bouquets, il fait de la poésie; de ses velours, taffetas et satins, des robes; de son âge, un geste ou une philosophie».

Bernard Pivot, Le Dictionnaire amoureux du vin, édition Plon 2006

A travers leur histoire, leurs dimensions poly sensorielles et artistiques, nous pouvons dire que les paysages viticoles sont culturels puisqu'ils s'associent aux comportements spécifiques des hommes. Cependant comme toute dimension culturelle et à l'heure où nous souhaitons transmettre à nos enfants notre culture, il est important de préserver et de valoriser les paysages viticoles.

Préservation et valorisation des paysages viticoles

Les paysages viticoles sont des écosystèmes vivants et dynamiques de part leur histoire et de part leurs aspects culturels. Il faut essayer de comprendre qu'est ce qu'il pourrait les mettre en danger et quelles sont les mesures permettant de les protéger et de les valoriser.

Paysages viticoles en danger

Les paysages viticoles sont soumis à de fortes pressions. Comme nous l'avons vu dans l'historique, les maladies, les crises économiques, les guerres, la concurrence et les catastrophes naturelles altèrent, amputent et atteignent l'image des paysages viticoles. Selon R. Ambroise[18] les trois principaux risques sont: la fermeture, la banalisation et le brouillage du paysage.

Les viticulteurs, du fait des conditions économiques ou de l'apparition de forte plus value foncière, ne peuvent plus, parfois, vivre de leur travail. Ils abandonnent alors leurs parcelles, ce qui engendre le développement en friche. Les trois grands risques liés à l'abandon sont: l'érosion, l'incendie, et les constructions en mitage.

La mécanisation et la simplification des techniques agricoles enlèvent parfois le cachet du paysage viticole. Les viticulteurs cherchent à regrouper, réorganiser les parcelles pour quelles soient plus grande. Ils peuvent ne pas prendre en compte le terroir de chaque parcelle initiale et produire des vins moins homogènes. De plus dans un souci de ne pas faire obstacle à la machine, le patrimoine vernaculaire bâti peut être détruit (muret, cabane), ainsi que les éléments jouant un rôle ùagro écologique» servant de refuge à la biodiversité (arbre, bosquet).

L'urbanisation, la création de voie de communication, les aménagements industriels, font que le paysage est brouillé et pollué visuellement. De plus l'augmentation des métaux lourds a de graves conséquences en terme écologique et peut dénaturer le vin.

Au vue de ces dangers, la préservation des paysages viticole est primordiale. Elle doit se faire à travers des politiques publiques de préservation d'une part (Plan Local, d'Urbanisme adapté) et au travers de la valorisation des paysages viticoles d'autre part.

Valorisation des paysages

ùLa valorisation du modèle paysager fait partie de la reconnaissance de la valeur des paysages né au XVIII° siècle».

P Dubrule pense que la valorisation viticole doit s'effectuer au travers le développement ùd'une culture paysagère». En effet en sensibilisant les acteurs de la filière viticole (en expliquant les dangers qu'encourent leurs exploitations) à valoriser leur paysage culturel, comme cela a été fait pour la dégustation.

En développant des produits associant vins et paysages (routes des vins), en communiquant sur un paysage remarquable (signalétique et publicité) et en promouvant les vignes avec un vocabulaire polysensoriel et émotifs, il est possible de sensibiliser les gens sur le paysage viticole, et d'accroître l'attractivité du vignoble.

De plus il est important d'évaluer les paysages viticoles ce qui permettrait:

  • D'entretenir le paysage afin d'éviter sa dégradation ou sa banalisation. Cet entretien devrait être réalisé par des organismes compétant en la matière: paysagiste, concepteur sur commande des CAUE et des Conseils généraux.
  • De ùconstruire» le paysage en privilégiant la complémentarité qualité des pratiques, qualité des paysages, qualité des produits ou en intervenant sur les évolutions et les dynamiques. Cela demanderait une approche globale car le paysage viticole retranscrit non seulement la vigne, mais tout ce qui gravite autour et qui est façonné par l'activité humaine.

Il serait nécessaire de mettre en place des chartes permettant ainsi d'évaluer les paysages dans les but de les labellisés.

L'UNESCO par exemple, connu pour le classement des sites dit ùMerveilles du monde» et des sites ùRemarque de l'humanité», a décidé de créer, en 1992, une nouvelle catégorie de site à classer et à protéger qui est celle de ùPaysages culturels» avec comme sous partie, les ùPaysages viticoles». C'est ainsi que le vignoble de Saint Emilion et la Côte de Tokay en Hongrie ont été classés dans cette catégorie. Pour être éligible, il faut que ces paysages répondent aux valeurs essentielles de l'organisme:

  • Universalité: le site doit être intéressant pour l'humanité entière.
  • Exception: de part son unicité et de part son côté emblématique.

Ce classement est l'un des facteurs permettant de pallier la fragilité des paysages.

Exemple: le classement du vignoble de Saint-Emilion[19]:

Saint-Emilion, ville emblématique de la région bordelaise est connue pour son histoire; c'est le plus ancien vignoble bordelais, pour ses rues médiévales et pour ses vins légendaires de Grands Crus Classés, regroupés en deux AOC et 55 châteaux.

En 1999, le vignoble est classé au Patrimoine mondial dans la catégorie Paysages Culturels, par l'UNESCO qui c'est basée sur les critères suivant:

La valeur d'universalité, due à sa renommée internationale est celle d'exceptionnalité. Grace à ce classement, le vignoble a pu asseoir sa renommée et sa pérennité dans le temps. C'est une valeur ajoutée très importante qui a un impact sur le tourisme et le vin français.

Dans ce chapitre, nous avons pu comprendre la dimension paysagère de l'oenotourisme. Les paysages viticoles définis et reconnus comme paysages culturels sont d'une grande diversité et à travers leur histoire, leur rôle dans l'art et la littérature, ils apportent une véritable valeur ajoutée au vignoble.

Cependant leur fragilité est à prendre en compte et il est nécessaire de diminuer les risques qu'ils encourent. L'oenotourisme peut dans une certaine mesure apporter des éléments de soutien quant à la valorisation des paysages viticoles.

Chapitre 2: un patrimoine

Depuis l'antiquité, le vin fait partie intégrante d'un repas. A travers les grands noms de vignoble français, il apparait dans le patrimoine gastronomique. Mais pouvons-nous parler de patrimoine vitivinicole?

Dans ce chapitre nous essayrons de répondre à cette question, en cherchant tout d'abord les éléments de définition du terme patrimoine et en comprenant comment patrimonialiser la filière viticole.

Les notions de patrimoine

Le terme patrimoine est utilisé pour beaucoup d'activité (la notion de patrimoine financier, culturel...). Il faut comprendre le terme dans sa dimension sociologique. De plus dans cette sous partie, nous démontrerons qu'il existe bien un patrimoine vitivinicole qui englobe un taxonomie de sous patrimoine.

Définitions du patrimoine

Etymologiquement le mot patrimoine vient du latin patrimonium qui prend sa racine latine du mot pater (père) qui renvoie à la notion de descendance.

Les définitions du mot patrimoine permettent de mieux comprendre cette notion.

A Bourdin[20] caractérise le patrimoine comme ùce qui nous vient de nos pères; ceux qui nous ont donné naissance, ceux qui ont habité là où nous vivons, ou plus généralement ceux qui ont vécu avant nous. La lignée, le lieu, la collectivité, l'humanité tout entière, telles sont biens les sources du patrimoine. Mais pour que ce dernier existe réellement à nos yeux, il faut que nous lui reconnaissions une valeur et que nous nous sentions des responsabilités à son égard, à commencer par celle de le conserver: un bien que l'on abandonne ou que l'on dilapide n'est plus un patrimoine».

Cette définition peut être simplifiée par la définition du Petit Robert: ùbiens de familles, biens que l'on a hérité de nos ascendants».

Ces deux définitions peuvent être complétées par la définition de H.Ollangnon[21] qui décrit le patrimoine comme ùun ensemble d'éléments matériels et immatériels qui concourent à sauvegarder l'autonomie et l'identité de leur territoire et son adaptation face à univers imprévisible».

Ces trois définitions permettent de dire que le patrimoine est un élément ancré dans le passé, dans les traditions, lié à la structure familiale et socio-économique. Il est basé sur les notions de richesse et montre l'appartenance à un même groupe.

Le patrimoine vitivinicole et sa taxonomie

Il est nécessaire de démontrer qu'il existe bel et bien un patrimoine viticole ayant des caractéristiques ancestrales qui doivent être conservées. Pour cela il faut reconnaître des valeurs, les apprendre afin de mieux les transmettre aux générations futures.

Le tourisme vitivinicole est fondé sur la notion patrimoniale. Son vocabulaire spécifique, ses rites, ses traditions, sa diversité (tant dans ses métiers que dans ses paysages) démontrent que le monde de la vigne et du vin a un véritable héritage ancestral.

Les similitudes et interactions entre le vin et la culture sont nombreuses et anciennes. Le vin est autant un produit alimentaire qu'un produit culturel. La notion de patrimoine de la vigne et du vin recouvre diverses réalités; le patrimoine prend sa source dans les catégories suivantes: patrimoine immatériel, patrimoine naturel, patrimoine cultural, patrimoine viticulturel, patrimoine gastronomique.

Le patrimoine immatériel

On reconnaît au patrimoine vitivinicole les dimensions culturelle, sociale, économique et environnementale.

La ùconvention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel» adoptée par l'Unesco en octobre 2003, et entérinée en France en 2006 annonce que le patrimoine culturel immatériel ùconstitue un ensemble vivant et en perpétuelle récréation de pratiques, de savoirs et de représentations, qui permet aux individus et aux communautés, à tous les échelons de la société, d'exprimer des manières de concevoir le monde à travers des systèmes de valeurs et des repères éthiques». Il comprend ùles traditions orales, les coutumes, les langues, la musique, la danses, les rituels, les festivités, la médecine et la pharmacopée traditionnelles, les arts de la table et les savoir-faire».

ùLe vin est un élément de la culture, on ne le dira jamais assez, dans la mesure où il n'est pas un fait industriel mais le résultat d'une démarche humaine, artisanale, pour ne pas dire artistique, et que sont usage est un lien entre les hommes.»

Alexandre de Lur Saluces

Le vin est une culture, un savoir-faire propre à une région. Sa transmission de génération en génération permet de sauvegarder son art ancestral et de diffuser les rites et traditions qui lui sont propres. Vecteur d'identité socioculturelle pour les régions, le vin est également un garant d'un mode de vie et de pensée. Le monde du vin et de la vigne répond parfaitement à la définition (citée en amont) du patrimoine immatériel.

Le patrimoine naturel

Le patrimoine naturel autour de la vigne est très présent. En effet, les géologies remarquables, les différents paysages de vigne[22], les aménagements humains indissociables, tels que les terrasses, les murets, les cabanes de vignes, les canaux d'écoulement des eaux, constituent un riche patrimoine à sauvegarder tant pour leur côté esthétique que pour leur construction particulière.

Le patrimoine cultural

La culture de la vigne et la fabrication du vin dépendent d'interactions complexes entre les cépages, les modes de culture, de vinification, d'élevage...

Les cépages sont les variétés de plant de vigne cultivée[23], il en existe plus de 6000 à travers le monde, dont les raisins diffèrent par [24]:

  • leur goût : certains sont plus ou moins acides, plus ou moins sucrés, et développent diverses saveurs;
  • leur couleur : la pellicule peut être blanche ou colorée, de même pour la pulpe;
  • leur grosseur : en général, les baies de raisins de table sont plus grosses et plus charnues que les baies de raisins de cuve, destinées à l'élaboration du vin.

Parmi les vignes en production en France, on dénombre une cinquantaine de cépages principaux.

Les cépages les plus plantés sont :

  • en rouges : Carignan, Grenache, Merlot, Cabernet-Sauvignon, Syrah, Gamay, Cabernet franc, Pinot noir,
  • en blancs : Ugni blanc, Chardonnay, Sauvignon, Semillon, Melon, Chenin, Colombard, Riesling

Cette multitude de variétés de cépages engendre une véritable culture du goût et un apprentissage particulier.

Le patrimoine viticulturel

A travers l'histoire, l'architecture, l'art, la littérature ainsi que le patrimoine folklorique des évènements et cultures populaires, le vin engendre une succession de pratiques et de représentations qui lui sont intrinsèques et qui définissent la culture viticole.

Le patrimoine gastronomique

Parler de patrimoine gastronomique c'est ùdésigner l'ensemble des éléments gastronomiques, matériels et immatériels, caractérisant un héritage collectif territorial. Enracinés dans un terroir, dans l'espace et le temps, les processus culinaires d'un territoire sont révélateurs d'un état de société, de mentalités.[...] Le patrimoine gastronomique de l'espace rural reste fortement lié à une identité paysanne et plus spécifiquement à des modes d'alimentation et à des productions particulières»[25].

J.P. Poulain[26] a une approche différente car pour lui la gastronomie est un élément indissociable du patrimoine. En effet, ùon pose les produits alimentaires plus ou moins transformés, les objets et savoir-faire utilisés dans leur production, [...] ainsi que les code sociaux ùmanières de manger», ùmanières de cuisiner», ùmanières de table» comme des objets culturels porteurs d'une part de l'histoire et de l'identité d'un groupe social et qu'il convient de préserver en tant que témoins identitaires.»

Ainsi le vin est un produit alimentaire qui a été transformé, son objet, son savoir-faire et ses codes sociaux (l'art de la dégustation), il fait donc partie du patrimoine alimentaire gastronomique.

Nous avons vu que le patrimoine viticole existait et qu'il englobe d'autres patrimoines qui en font la richesse. Cependant chacun de ces patrimoines peut-être mis en danger. Si ces patrimoines disparaissent, ils sont perdus à jamais, car ils ont un caractère unique, qui ne peut être copié. Ils sont des témoignages de notre passé et nous permettent de comprendre et d'appréhender notre futur. Il est donc important de les protéger et de les valoriser.

Patrimonialisation de la filière viticole

Pour comprendre la patrimonialisation de la filière viticole, il est nécessaire de comprendre les mécanismes de la patrimonialisation gastronomique au travers de la qualité, de la notion de terroir, et d'exemples d'actions publiques et privées. Nous donnerons également un exemple de patrimonialisation vitivinicole.

Les mécanismes de patrimonialisation gastronomique

L'ère de la filière commerciale traditionnelle où il faut vendre en quantité se transforme peu à peu: les notions de patrimoine, de qualité et de terroir deviennent primordiaux pour les consommateurs. On remonte aux sources, aux origines des produits et pour les vendre on valorise le patrimoine gastronomique des territoires en produisant des aliments de haute valeur gastronomique.

La qualité au service de la patrimonialisation

Un signe de qualité est une ùidentification d'un niveau de qualité ou d'origine d'un produit souvent agricole qui facilite du point de vue de la distribution alimentaire, la traçabilité du produit et d'un point de vue touristique, la valorisation du terroir».

Les signes de qualité peuvent être français (AOC...) ou européens (AOP...). Il existe plusieurs démarches de qualité:

  • Les démarches produits qui valorise la différenciation des produits et qui répond aux exigences des clients, des touristes.
  • Les démarches métiers et compétences qui ont un caractère officiel, institutionnel (loi du 3 janvier 1994). Il existe au moins trois catégories de Signe d'Identification de Qualité et d'Origine (SIQO):
  • Les Signes Officiels de Qualité Français (SOQF): par exemple le Label Rouge qui est à la fois un signe de qualité et un signe d'identification pour le produit.
  • La Certification de Conformité Produit: par exemple la Certification AB qui répond à l'évolution de l'agriculture vers une agriculture biologique et raisonnée.
  • Les Signes d'Origine Français (SOF): par exemple l'Appellation d'Origine Contrôlée dont la définition est: ùsigne qui à travers une démarche institutionnelle garantit l'origine des produits alimentaires traditionnels français et qui permet la valorisation touristique des terroirs concernés». L'Appellation d'Origine remonte à l'antiquité, mais en France c'est l'avis du Parlement de Toulouse qui l'a définie pour la première fois pour le Roquefort en 1666. Elle a été officiellement créée en 1919 pour les vins et est devenue Appellation d'Origine Contrôlée en 1935 avec l'AOC eau de vie et vin. Une coutume d'élaboration, un espace géographique et une réputation sont nécessaires pour labelliser un produit AOC.
  • Les signes de qualité permettent la reconnaissance par le public et donne une valeur ajoutée et une garantie au produit. Nous pouvons à travers eux lister et juger du patrimoine gastronomique sur un lieu et territoire donné.

La valorisation du patrimoine s'appuie sur la notion de terroir

Les acteurs se mobilisent autour de ressources, un processus de territorialisation concrétisé souvent par l'émergence de terroirs. Le terroir est défini géographiquement comme ùun notion qui renvoie à la notion de sol en tant qu'objet d'étude ou d'analyse (pédologie): il traduit une inscription dans un lieu géographique, un cadre de vie, un biotope, un milieu naturel». Dans les sciences sociales, le terroir représente une ùensemble de particularismes socio-économiques locaux, mais aussi un support de pratiques et de représentations culturelles qui fondent un ensemble, une appartenance à une communauté». Plus simplement un terroir est un territoire où il faut qu'il y ait production de besoin, une identification de cette production à un espace, à une culture et à une tradition.

Le terme terroir est très souvent utilisé en viticulture où la notion d'AOC est très présente. Le terroir viticole se définit ainsi: ùle terroir viticole est un agro-système dans lequel la vigne interagit avec les facteurs de l'environnement naturel-sol, climat, et dont la résultante est le vin. La qualité et la typicité du vin dépendent fortement de l'interaction entre la vigne, le climat et le sol. Le facteur humain doit également être pris en considération, car les technique viticoles et œnologiques permettent de mettre en valeur les interactions des différents facteurs qui composent le terroir».

Différentes dynamiques touristiques autour de la valorisation du terroir et du patrimoine gastronomique émergent:

  • Valorisation relevant de la production: ventes de produits fermiers, formules de restauration se situant sur l'exploitation agricole, nombreuses animations liées au patrimoine gastronomique local (fêtes des vins, routes des vins, initiation à la dégustation, visites de coopératives)
  • Valorisation relevant de la transformation: restaurateurs localisés en espace rural qui s'appuient sur une cuisine traditionnelle plus ou moins rénovée ou transformée.

Le terroir représente une profondeur historique intégrant l'accumulation, la transmission, d'un savoir-faire et l'inscription d'une production dans un sol et une communauté.

ùOn mange bien dans les régions françaises»; non seulement parce qu'on est proche du lieu de production, mais aussi parce que ceux qui vivent semblent, aux yeux des citadins, gardiens d'un patrimoine gastronomique, peut-être même ùd'une sagesse», dans laquelle intimement le sens et les saveurs s'entremêlent.»

J.P poulain

Les acteurs de la patrimonialisation

En ce qui concerne le rôle du tourisme vis à vis du patrimoine, J. Bessière dira: ùLe tourisme en quête de sens et de repères identitaires, trouve ainsi dans la valorisation d'éléments patrimoniaux, non seulement un lien avec le passé et la mémoire mais aussi une source sécurisante d'appréhension et de construction de l'avenir.»

Le patrimoine gastronomique entre dans un processus de valorisation généralisée. Guides, chaînes d'hôtels, comités départementaux du tourisme, comités régionaux du tourisme, offices de tourisme, syndicats d'initiatives et structures institutionnelles basent leur communication et une partie de leurs actions sur le ùcréneau» produits du terroir, encourageant projets et mobilisations diverses.

En ce qui concerne la patrimonialisation de la filière viticole, de nombreux acteurs (publics, associatifs, privés) s'impliquent.

Exemples d'initiatives privées

  • Les vignerons d'Ile de France, association qui vise à promouvoir le patrimoine viticole et à encourager la renaissance de vignes en région parisienne.
  • Les confréries bachiques qui ont pour missions de promouvoir les régions viticoles et les particularités de leurs productions, de favoriser la consommation du vin en tant que boisson saine et naturelle et d'éduquer le consommateur à la dégustation des crus et grands crus produit dans le monde.
  • L'association pour le patrimoine industriel (APIC) valorise aussi les héritages vitivinicoles comme le patrimoine des caves et des celliers d'Aÿ.

Exemple d'outils publics

  • La marque ùsite remarquable du goût» (déposée en 2001) est attribué sur la base de quatre critères: existence d'un produit alimentaire emblématique, présence d'un patrimoine exceptionnel, accueil du public liant produit, patrimoine, paysages et population, organisation cohérente des acteurs.
  • Les Pôles d'Excellence Rurale (PER) permettent de labelliser des projets tournés vers le tourisme culturel autour du vin. On peut citer les projets de pôles du pays de Lunel ou du Pays Corbières-Minervois.
  • Le Label» villes et Pays d'art et d'histoire», créé en 1985, est attribué par le Ministère de la Culture et de la Communication aux collectivités territoriales qui veulent sensibiliser les habitants et les touristes au patrimoine et à la qualité architecturale.

Exemple de patrimonialisation viticole: un inventaire des patrimoines de la vigne et du vin est une condition préalable à un plan d'action réel

Dans ce chapitre, nous avons constaté que le patrimoine vitivinicole recèle un certain nombre de patrimoine qui viennent se greffés et apportent la valeur ajoutée du patrimoine vitivinicole. Comme dans le chapitre précédent, nous avons que ce patrimoine a besoin d'être sauvegardé et préservé. Nous pouvons le faire à travers plusieurs outils: des outils de qualité, des outils autour de la valorisation du terroir, et des initiatives publiques ou privées. On ne peut les mettre en place qu'après avoir établit un inventaire au préalable.

Chapitre 3: une forme de tourisme

Dans la publicité pour les produits œnotouristiques, le tourisme vitivinicole est défini comme: ù Un Art de vivre(...), une satisfaction et un plaisir», un ùArt de vivre qui doit être privilégié». Les institutionnels du tourisme parleront eux ùd'une approche intégrée associant le vin à tous les produits issus de l'alliance entre deux secteurs dans une exigence de qualité». Les géographes y intègreront la dimension paysage qui est un atout pour l'œnotourisme.

L'œnotourisme est tout ceci, mais c'est également une démarche où le vin est porteur d'images, où le touriste peut découvrir, rencontrer, visiter, apprendre, parcourir, savourer, acheter... A travers la démarche, le travail publicitaire se fait par le bouche à oreille ùj'en parle, je reviens avec des amis». Il y a également une démarche qualité qui n'uniformise pas et où la valorisation de la typicité du métier de vigneron et le produit vin en sont au cœur.

A travers des lieux (terroirs, paysages, vignobles extraordinaires), un patrimoine (haute culture, tradition, civilisation viticole), et un langage des sens (enchantement, arômes, robe, larmes etc.) il y a une véritable mise en scène pour une rencontre sensitive entre un produit -vin et produits associés- et l'humain.

Dans ce chapitre, il s'agit de définir l'œnotourisme et d'en étudier son offre, sa demande et les stratégies de ses différents acteurs.

Définition

De quoi est né l'oenotourisme? Est-il un besoin, un outil, un support? Voilà les questions auxquelles nous allons essayer de répondre en étudiant le contexte qui a poussé à la mise en tourisme de la filière viticole et en donnant les éléments de définition de cette forme de tourisme.

Le contexte

La mise en tourisme et les dynamiques de développement de la filière viticole ont été déclenché par la crise viticole qui dure depuis une vingtaine d'années. Ses principales causes sont[27]:

  • Depuis maintenant quelques dizaines d'années les pays du nouveau monde élaborent leurs propres vins, ainsi des marchés comme les Etats-Unis, l'Australie, la Nouvelle Zélande consomment désormais en priorité leurs propres vins.
  • La production mondiale de vin est en forte croissance étant donné que les vins du nouveau monde sont désormais présents, et nous observons que peu à peu les pays comme l'Angleterre ou la Belgique qui étaient de gros clients, achètent également des vins du Chili, d'Argentine, d'Afrique du Sud, des Etats Unis, d'Australie au détriment des vins français.
  • L'inflation des prix des vins français est également la cause de cette crise. Pendant plusieurs centaines d'années, l'esprit conservateur français a donné la primauté à la viticulture française. Aujourd'hui il est aisément reconnu que des vins de très grande qualité arrivent de pays étrangers.
  • La baisse de la consommation du vin dans le monde mais surtout en France est également en cause. La répression sur les routes, les campagnes publicitaires contre l'alcool ont eu raison des consommateurs réguliers de vin pour les transformer aujourd'hui en consommateurs occasionnels.
  • Enfin, la complexité des vins français, la notion d'AOC, de crus, de classement sont parfois trop complexes et ont tendance à effrayer une clientèle à l'export qui a pour habitude désormais de rencontrer tout simplement le nom du cépage sur l'étiquette.

L'œnotourisme apparaît comme l'un des moyens de redynamiser, préserver, valoriser la filière viticole et de surmonter ses handicaps.

Le préfet POMEL[28] a remis en 2006 un rapport au ministre de l'Agriculture proposant un plan national de restructuration de la filière vitivinicole qui dresse un constat de la situation de crise de cette filière et recense les handicaps et les atouts.

Handicap:

  • L'offre trop complexe, peu lisible sur le produit vin et sur l'offre touristique

Atouts:

  • Le vin est un art de vivre à la française
  • La viticulture française lourde d'externalités positives
  • Activités structurantes pour les paysages

Le rapport préconise:

  • Des objectifs pouvant donner une large place à la recherche d'innovations qui favoriseraient un pilotage par la demande,
  • Des objectifs préconisant une affiche culture qui permettrait de prendre en compte la préservation des paysages, l'éducation au goût, la préservation de la dimension du plaisir et du caractère festif.

Définition

A travers toutes ces données, P.Dubrule[29] définit le tourisme vitivinicole ou l'œnotourisme comme l'ensemble des prestations relatives aux séjours des touristes dans les régions viticoles: visites de caves, dégustations, hébergement, restauration et activités annexes liées au vin, aux produits du terroir et aux traditions régionales. Cette définition apporte une liste des produits à caractère œnotouristique. Cependant les valeurs immatérielles et le paysage viticole sont laissés de côté.

La définition de la Charte européenne de l'œnotourisme (qui a pour but...) est plus généraliste. En effet, pour elle ce concept désigne toutes les activités touristiques, de loisirs et de temps libre, dédiées à la découverte et à la jouissance culturelle et œnophile de la vigne, du vin et de son terroir.

A travers les deux définitions l'œnotourisme est donc un vecteur de découverte des paysages de vigne, de la fabrication et de dégustation du vin et de la culture viticole.

Né d'un contexte économiquement difficile, l'oenotourisme est devenu une forme de tourisme qui s'organise. Nous pouvons parler alors d'offres œnotouristiques répondant à une véritable demande. Il faut créer de nouvelles stratégies privées et publiques pour structurer et développer la filière.

L'offre, la demande et les stratégies œnotouristiques

Nous allons étudier les caractéristiques de cette forme de tourisme. Après avoir définit, nous allons quantifier l'offre, la demande et donner des exemples concrets de ce qui c'est fait aux prémisses de l'ère oenotouristiques.

L'offre

On regroupe l'ensemble des activités sous l'appellation ùproduits touristiques», que l'on peut définir comme ùl'organisation et l'animation d'activités relatives aux séjours de touristes dans des régions vitivinicoles...»[30].

Outre l'accueil au domaine, l'AFIT[31] a répertorié en 2001 neuf autres types de produits:

En quelques chiffres d'après des enquêtes menées par l'AFIT[33], il ya environ 5000 caves, exploitations, domaines ou châteaux ouverts au public, pour une surface de vignobles de 850000 hectares. L'enquête auprès des professionnels a permis de quantifier les prestations proposées dans leurs établissements :

  • La dégustation: 100 % (17 % sont payantes)
  • La visite des caves: 81 % (14 % sont payantes)
  • La visite des vignes: 21 %
  • L'hébergement dans le vignoble: 15 %
  • L'initiation œnologique: 10 %
  • Les repas au domaine: 6 %

Cependant, malgré la large gamme et la diversité des produits œnotouristiques ainsi que la multitude d'alliages qui peuvent être faits avec le culture, la gastronomie et l'art de vivre, l'offre reste diffuse et peu lisible.

La demande

L'enquête de la demande selon l'AFIT met en évidence l'intérêt pour le vin et la vigne des Français, en effet:

  • 40 % des français affirment être allés lors de vacances ou week-ends en France dans une cave pour visiter, déguster ou acheter du vin,
  • 22 % des français ont choisi au moins une fois leur destination parce qu'ils pouvaient y découvrir le vignoble et y acheter du vin,
  • 28 % ont fait au moins une fois un détour pour la même raison.

Pour les Français, la capacité d'attraction du tourisme vitivinicole augmente avec le revenu, l'âge et l'absence d'enfants à charge. Les artisans, les commerçants, professions libérales et cadres ainsi que les retraités semblent plus sensible à cette thématique.

L'analyse de l'attractivité du vin et de la vigne lors du choix de notre lieu de vacances, permet de définir trois niveaux de marché pour le tourisme vitivinicole pour la clientèle française uniquement[34]:

  • Le marché des ùcaptifs»: personnes très attachées à la thématique vitivinicole, soit 5 % de la population française de plus de 15 ans, ce qui fait environ 2,3 millions de touristes potentiels sur les sites tourisme et vin.
  • Le marché dits ùà conforter»: il se compose des personnes sensibles à la thématique vin et vigne, soit 25 % de la population de plus de 15 ans, environ 11,5 millions de personnes.
  • Le marché ùà conquérir»: c'est-à-dire toutes les personnes de plus de 15 ans étrangères à cette thématique vignoble ce qui représente plus de 70 % de la population française, soit 32,2 millions de touristes potentiels.

Le profil type des touristes[35]:

  • La clientèle nationale représente les trois quart des touristes, le reste est composé d'étrangers notamment de Belges, d'Anglais, d'Allemands et de Danois.
  • Les couples sans enfants représentent 47 % de la clientèle. Ils ont entre 35 et 55 ans avec un fort pouvoir d'achat.
  • Les retraités sont bien représentés.
  • La durée moyenne de leur séjour est de 8,4 nuits avec une forte dominante aux courts séjours (37 %). Les deux tiers des séjours sont effectués en hébergements marchands. Les dépenses d'achat d'activités touristiques sont autour de 120 € par ménage.
  • Les œnotouristes ne sont pas des connaisseurs avertis en vin, seulement 4% sont issus de clubs œnophiles, alors que plus de 38 % utilisent les guides touristiques. Les guides de vins et de gastronomie sont peu utilisés pour choisir le vignoble.
  • Les amateurs du vignoble viennent régulièrement dans le vignoble pour s'y fournir en vin de la région. Ils ont une bonne connaissance du vin surtout dans le vignoble enquêté,
  • Les amateurs de la région viennent régulièrement dans la région pour son vin mais également pour profiter de ses attraits touristiques,
  • Les amateurs de vin viennent pour la première fois dans le vignoble et cherche à acheter. Ils sont connaisseurs en général,
  • Les amateurs de l'offre touristique ont pour motivation la découverte d'une région, dont une dimension incontournable est le vignoble et le vin, qu'ils appréhendent dans sa dimension culturelle et touristique.

La demande fait son choix de caves à visiter selon 6 critères d'évaluation:

  • La notoriété de l'enseigne,
  • La qualité de l'accueil des groupes,
  • Les facilités pour l'accueil des groupes,
  • La prescription des offices et institutions du tourisme,
  • L'environnement, le cadre et l'authenticité,
  • Les langues pour les visiteurs étrangers.

Les stratégies

La complexité des acteurs et de leur niveau d'intervention confirme le fait que l'offre est difficilement lisible et diffuse. Les structures, les services et organismes se répartissent en quatre grands secteurs, qui peuvent être déclinés du national au local en passant par la région et le département. Pour chacun de ces 4 secteurs un exemple de stratégie sera donné.

L'état et ses services déconcentrés: (Direction Régionale de l'Agriculture et de la Forêt, Direction Régionale des Affaires Culturelles, Direction Régionale du Tourisme, Direction régionale de l'environnement)

Exemple de Maison de la France (maintenant Atout France) qui a pour rôle de promouvoir la destination France à l'étranger: depuis 1999, l'organisme anime un groupe de travail, en vue de développer des actions consacrées au tourisme vitivinicole auprès de la clientèle étrangère. Ces partenaires sont fédérés autour d'une stratégie de promotion ciblant les amateurs de vins.

Les objectifs sont de faire connaitre l'offre oenotouristique française, d'inciter la production de produits touristiques par le tour opérateurs et les agences étrangères et de répondre à l'engouement accrue des touristes envers la vigne et le vin français

Les collectivités territoriales et leur prolongent: (Conseil régional et Comité Régional du Tourisme, Conseil général et Comité Départemental du Tourisme, Commune et Office de Tourisme)

Exemple du Conseil Général et du comité départemental du tourisme du Lot: avec l'Union Interprofessionnelle du Vin de Cahors et la Chambre de Commerce et de l'Industrie, l'Agence départemental du tourisme souhaite valoriser conjointement le tourisme et le vignoble lotois. Depuis 2007, les trois acteurs souhaitent mettre en œuvre une politique commune de développement d'une offre oenotouristique sur l'ensemble du département.

Les trois principaux objectifs sont de structurer et qualifier l'offre oenotouristique, d'établir une stratégie marketing de communication et de mettre en place un dispositif d'animation et de coordination du plan d'action.

Les instances professionnelles avec les chambres consulaires (agriculture, commerce, industrie), avec les syndicats d'appellation, avec les interprofessions

Exemple d'une interprofession: ùles vignerons du Sud Ouest organisent la visite de leurs domaines»: en partenariat avec le guide le Routard, les vignerons du Sud Ouest ont mis en œuvre depuis 1999 une démarche oenotouristique dans le but d'organiser et de structurer la visite dans les chais et d'éditer un guide.

Ils ont mis en place une série d'outils permettant d'atteindre leurs objectifs: une implication des cafés, hôtels, restaurants pour constituer un relais d'information, une communication grand public avec un panneau à l'entrée du chai, un dépliant d'appel, une campagne média pendant la période estivale.

Le secteur privé

Exemple de l'agence culturelle Artabis: cette agence culturelle propose des voyages œnologiques pour faire connaitre le patrimoine œnologique, gastronomique et culturel d'une région. Ses clientèles sont des groupes de CSP+ ou des comités d'entreprise. Elle vise des packages de luxe avec hébergement en quatre étoiles, d'une durée variant d'une journée à une semaine. L'agence travaille en partenariat avec des agences réceptives locales.

On peut rajouter un cinquième partenaire: l'Europe

Exemple l'association européenne ùVilles du vin et terroirs, patrimoine phare de la méditerranée» qui a eu pour support le programme européen Interreg.

Le programme Interreg, décidé en 1990 par l'Union Européenne a eu pour but de promouvoir le développement économique des régions frontalières. Le programme Interreg III s'étend ait entre 2000 et 2006. Son objectif était de renforcer la cohésion économique et sociale dans l'Union Européenne en promouvant la coopération transfrontalière, transnationale, et interrégionale ainsi que le développement et l'équilibre du territoire.

L'association européenne ùvilles du vin et terroirs, patrimoine phare de la méditerranée» souhaite qualifier et valoriser une façon de concevoir l'offre touristique dans les régions, villes et terroirs de la méditerranée. En s'appuyant sur le financement Interreg III B Médoc, elle a organisé un forum sur le thème ùcyclisme amateur et parcours cyclistes: un nouveau modèle du tourisme oeno-gastronomique» en Toscane, et a participé à la création d'un musée du vins et vignobles des différents pays de la méditerranée en Lombardie. En France, elle participe à la mise en place d'évènement comme Vinexpo, Vinisud et autre.

Tout ces exemples montrent que la mise en place de démarche œnotouristique nécessite:

  • Une qualification de l'offre,
  • Une mise en réseau structurée,
  • Une synergie et un travail commun entre les acteurs des filières viticoles et touristiques
  • Une signalétique adaptée
  • Une élaboration de produits touristiques adaptée à une démarche exigeante
  • Une promotion et une commercialisation spécifiques

L'oenotourisme est une forme de tourisme en pleine construction. Les actions publiques et privées permettent de répondre à la demande de plus en plus accrue envers les produits autour de la vigne et du vin. Nous avons cependant remarqué que l'offre reste diffuse et peu lisible. El est donc important d'avoir une véritable démarche oenotouristique dans une région viticole où l'offre doit être qualifiée, les acteurs fédérés en se basant sur des outils de communication et de promotion adaptés. Cette forme de tourisme est nouvelle, n'ayant qu'une dizaine d'années, elle offre cependant, une réponse au contexte viticole difficile.

Le but de cette première partie, était de mieux comprendre l'oenotourisme. Cette nouvelle forme de tourisme est en pleine construction avec une offre non homogène, diffuse et peu lisible, mais bel et bien existante. La demande quant à elle progresse et les structures touristiques doivent s'adapter à des clients en quête d'expertise, mais également de ùbon plans». L'oenotourisme est également une des réponses pour sauvegarder le patrimoine viticole et préserver ses paysages. Il permet aussi d'apporter une aide économique à la filière vitivinicole, puisque cette forme de tourisme engendre l'accroissement des ventes de vin en définitive, tout en permettant d'apprendre les us et coutumes passées ou présentes d'une méthode ancestrale faisant partie intégrante du patrimoine français.

Oenotourisme et tourisme familial

Chapitre 1 Le tourisme familial

Définition et contexte législatif

De plus en plus d'hébergements, de sites de voyagistes, de brochures mettent tout en œuvre pour attirer les familles. Les enfants et leurs parents sont aujourd'hui une cible à prendre en compte, le créneau étant en forte croissance depuis quelques années. Les familles recherchent un espace de calme, où parents et enfants peuvent se retrouver, ensemble, et pratiquer des activités permettant l'échange et le partage.

Définition

J. H. Dechaux[37]explique qu'il est difficile de définir la famille tant les transformations sont profondes. En effet en 50 ans, la famille a progressivement évolué à la faveur de la libération des mœurs et du travail féminin, un ménage français ne compte plus en moyenne que 2,3 personnes en 2010. Les couples représentent 61% des ménages contre plus de 70% en 1968. Sur les quelques 8,8 millions de familles vivant en France, la famille traditionnelle est toujours majoritaire (73,4%), suivie par les familles monoparentales (18,6 %) et les familles recomposées (13%).

On peut définir le terme de famille ainsi: ùl'ensemble des personnes apparentées par la consanguinité et/ou l'alliance»[38].

La filière touristique mise de plus en plus sur les enfants pour attirer les parents et pour être mieux positionnés sur ce marché porteur. L'offre se diversifie afin d'attirer les 8 millions de familles françaises et plus de 100 millions d'enfants en Europe. Il apparaît ainsi un véritable tourisme des enfants, qui analyse les besoins et les attentes de ces consommateurs particuliers.

Il est important de distinguer la notion de jeune et la notion d'enfant. En effet le mot ùjeune» recouvre des réalités très diverses, puisqu'il désigne aussi bien les enfants, c'est-à-dire ceux partant le plus fréquemment avec les parents en vacances, les adolescents, mais aussi les jeunes adultes de moins de 25 ans, qui n'ont pas les mêmes besoins et les mêmes consommations de vacances. Il convient de distinguer les enfants âgés de 0 à 14 ans et les jeunes âgés de 15 à 25 ans.

Le contexte législatif

Le code du tourisme définit les caractéristiques des villages et maisons familiales de vacances. Ce sont ùdes établissements sans but lucratif, à caractère social, familial et culturel qui ont pour principale vocation l'accueil des familles pendant leurs vacances et les loisirs. Elles sont en priorité ouvertes aux familles ayant des revenus modestes. Elles assurent la prise en charge régulière des enfants, par l'organisation d'activités récréatives et de loisirs éducatifs variés».

Il existe également un Agrément National des Organismes du Tourisme social et familial, délivré aux organismes du tourisme social et qui permet d'identifier les professionnels du tourisme ayant une vocation sociale et disposant d'une expérience de l'accueil des personnes et familles justifiant la mise en œuvre de mesures d'accompagnement. Les prescripteurs sociaux disposent ainsi de partenaires aptes à rendre effectif leurs actions visant à favoriser l'accès aux vacances de leur mandant ou allocataires.

Il existe plusieurs outils d'aide aux vacances:

  • La carte ùFamille nombreuse» qui permet d'accéder à de nombreux avantages commerciaux (transports ferroviaire, grands secteurs de la vie quotidienne). Elle a été crée en 1921 et fait bénéficier de réductions tarifaires à la SNCF, à la RATP, pour le RER, pour les transports régionaux, pour les musées nationaux, pour certains équipements sportifs collectifs et pour certains réseaux de distribution. 850000 cartes ùFamille nombreuse» sont délivrées en moyenne chaque année. Le taux de réduction varie entre 30 et 75% selon le nombre de mineurs à charges.
  • Le centre de vacances et de loisirs qui regroupe deux entités distinctes: les centres de vacances qui sont ùtout établissement permanent ou temporaire, où sont collectivement hébergés hors du domicile familial, à l'occasion de leurs vacances scolaires, de leurs congés professionnels ou de leurs loisirs, des mineurs de plus de 4 ans» et les centres de loisirs qui sont ùles accueils collectifs d'au moins 8 mineurs sans hébergement, en dehors d'une famille, pendant 15 jours au moins au cours d'une même année. Le nombre de mineurs accueillis dans un même centre ne peut être supérieur à 300. Ce sont des entités éducatives habilitées pour accueillir de manière habituelle et collective des mineurs à l'occasion des loisirs, à l'exclusion des cours et apprentissage particuliers.» On dénombre dans les colonies de vacances plus d'1 million d'enfants chaque année, plus de 35000 séjours organisés par an pour des enfants de 4 à 17 ans.

2 labels touristiques pour les familles sont mis en place:

  • Le label famille des Logis de France: un pictogramme indique les Logis de France disposant de chambres spécialement adaptées pour les familles. Des hôteliers proposent également des menus spécifiques pour les enfants. Un goûter pour les 4 h peut également être réservé dans certains établissements.
  • Le label ùFamille plus, destination pour petits et grands»: ce label a été crée en 2006 par le Ministère délégué au Tourisme associé à 3 partenaires (Association des Stations Vertes de Vacances, Associations Nationale des Maires de Stations Classées et des Communes Touristiques, Associations Nationale des Maires de Stations Montagnes), il qualifie l'accueil et les prestations proposés aux familles et aux enfants dans les communes touristiques françaises. Près de 65 communes sont labellisées aujourd'hui.

Etude de la demande

Le secteur très lucratif du tourisme familial permet aux enfants accompagnés de leurs parents de partir en vacances. Hôtels, gîtes, meublés, villages de vacances, à la mer, à la campagne, à la montagne... l'offre s'est énormément diversifiée afin de gagner les faveurs de 8 millions de familles françaises et de 20 millions de familles étrangères prospectes. Il s'agit de comprendre les besoins et attentes de cette clientèle particulière et d'adapter le markéting opérationnel pour satisfaire les familles.

La segmentation

Une étude du CREDOC propose une segmentation de la clientèle famille à partir des ùsituations de vie», c'est-à-dire l'âge de l'individu de référence, le nombre d'enfants et les revenus du foyer.

Le processus de décision au sein de la famille

J. Sicsic, rédactrice en chef de Touriscopie, a, lors d'une étude demandée par la Direction du Tourisme, montrer que le processus de décision en matière de vacances à l'intérieur de la famille, dépendait non seulement de nombreux facteurs d'influence, mais également de la structure familiale qui fait office d'arbitrage.

L'âge des enfants

Facteurs internes le plus important, on observe que l'influence des enfants en fonction de leur âge conditionnent le choix final des parents. De huit à douze ans, l'enfant ne choisit pas la destination des vacances, mais il est préoccupé par le réseau de sociabilité sur le lieu de vacances. En effet les décisions quant aux activités de loisirs au cours des vacances sont prises en fonction de la personnalité et des désirs de l'enfant. Les adolescents, par contre influence très fortement le choix de la destination finale. Le besoin de s'affirmer et le désir d'autonomie, font qu'ils choisissent la destination et la structure de l'hébergement

Le réseau familial et la personnalité des parents.

Pour des raisons d'économie, de fonctionnalité et affectives, les vacances en famille élargie ou ùen tribu» sont privilégiés. On intègre dans le séjour familial, (les grands parents, prescripteurs très importants car ils accueillent les petits enfants une partie des vacances), les oncles et tantes, les beaux-parents, les amis proches etc.

La personnalité des parents est également étroitement lié au réseau familial, en effet la notion de tranquillité est souvent un critère qui va de pair avec la notion de vacances. Des parents préfèreront partir seuls avec leurs enfants pour gagner cette tranquillité qui n'ont pas pendant le reste de l'année. Les loisirs des enfants sont dans ce cas un moyen de préserver se bien si cher payé.

Le budget

Autre décisionnaire primordial, le budget conditionne le choix de l'hébergement marchand ou non. Le budget moyen consacré aux vacances et de 2200€ selon le baromètre d'Europ-Assistance. Les paiements étalés, les promotions, les réductions de dernières minutes sont les nouveaux moyens permettant de partie en vacances en toute sérénité financière. Les familles deviennent de plus en plus informées et n'hésitent pas à recourir aux bonnes affaires d'internet.

La structure familiale

On observe que dans les familles traditionnelles la décision liée aux vacances est faite par le couple de façon consensuelle. Les enfants obtempèrent à la décision. Les adolescents préfèreront partir en colonies de vacances pour bénéficier de leur espace de liberté.

Les familles recomposées minimisent le choix de l'enfant pour privilégier les aspirations du nouveau couple. Les familles monoparentales consultent l'enfant dès son plus jeune âge sur la plupart des sujets de la vie familiale surtout pour les vacances.

Pour conclure, on peut dire que l'influence des enfants et réelle et importante dans le choix des loisirs pendant la période de vacances, mais en amont (la destination, l'hébergement) le choix est fait par les parents en fonction de leur budget et de leur personnalité. P. Stell[41] souligne que les enfants sont aussi des consommateurs de demain: ùséduit par une destination il revient une fois sur deux arrivé à l'âge adulte».

les attentes et la demande touristique

Les attentes diffèrent selon le caractère des parents et des enfants. Elles dépendent de la destination, de l'âge des enfants, de la composition de la famille et au profil des accompagnants. P. Steel[42]a analysé les attentes:

Pour les parents, il est importantde :

  • Voir leurs enfants heureux,
  • Passer des bons moments ensemble,
  • Découvrir de nouvelles activités,
  • D'apprendre aussi pendants les vacances sans les contraintes scolaires.

Pour les enfants, il est important de:

  • Se faire de nouveaux copains,
  • Vivre de nouvelles aventures,
  • De jouer dans un cadre convivial,
  • D'avoir de la diversité, du renouveau et de la mobilité.

Voici un résumé de la demande touristique des familles[43].

Les modes d'hébergement privilégiés par les familles sont dans l'ordre de préférence: les gîtes ruraux, les campings, les locations de meublés, les hébergements dans la famille ou chez les amis, les résidences secondaires.

De manière générale la famille recherche:

  • Des lieux pour les retrouvailles,
  • Un cadre agréable, rassurant et sécurisant,
  • De l'espace, de la liberté et de l'intimité,
  • Des tarifs adaptés à leur besoin,
  • Des équipements et services adéquats
  • Une attention particulière aux petits détails.

Nous remarquons que plus le nombre de personne dans le foyer est élevé, moins les voyages à longue distance sont fréquents. 60% des familles préfèrent le littoral contre 12% qui optent pour la campagne qui devient de plus en plus attractive.

L'offre

Exemples pour les clientèles spécifiques

Conte tenu des nouvelles structures familiale, il existe, à présent, des séjours spécialement conçu pour les pères et leurs fils ou pour les mères et leurs filles. En Bourgogne par exemple le père et le fils peuvent découvrir la région en jeep, et pour les mères et leurs filles, elles peuvent passer un week-end bien être aux thermes de Vichy.

Les professionnels du tourisme font également tout pour faciliter la vie des parents dont les enfants ont moins de deux ans. Ils mettent en place des dispositions adaptées qui vont du prêt du matériel de puériculture à l'encadrement des enfants. Par exemple:

  • Les compagnies aériennes acceptent généralement les bébés à bord des avions à partir d'une ou deux semaines après leur naissance. Des berceaux sont proposés ou des sièges appropriés, les toilettes peuvent être équipés d'une table à langer et des repas spéciaux sont proposés.
  • La SNCF propose que les bébés voyagent gratuitement sur les genoux de l'accompagnant. Il existe des forfaits ùbambin», de plus les TGV possèdent une table à langer ou une nurserie, parfois des chauffes biberons.

Exemples des offres des tours opérateurs.

Le Club Méditerranée, pionnier dans l'accueil des enfants, a crée en 1967 les premiers clubs enfants et en 1971 les premiers clubs bébés. Le ùBaby Club Med» accueille les enfants à partir de quatre mois, toute la saison six jours sur sept. Il propose un encadrement professionnel et un programme adapté au tout petit dans un espace sécurisé et normé.

Jet Tours met l'accent sur les ùClubs Eldorador» pour répondre aux attentes des familles désireuses d'avoir la garantie de vacances en famille dans des structures de qualité et totalement adaptées à leurs besoins. Ce sont des produits all inclusive adaptés en fonction de l'âge de l'enfant: ùBaby Eldo» pour les enfants de six mois à trois ans, ùMini Eldo» pour les enfants de quatre ans à douze ans et enfin ùAdo Eldo» pour les adolescents de treize ans à dix sept ans.

Sélectour a recensé chez ses partenaires quarante-huit baby clubs et cent soixante six clubs pour adolescents en France et à l'étranger. Ces clubs présentent des avantages tarifaires exceptionnels qui permettent aux clients de partir avec leurs enfants aux meilleurs prix. Vingt-sept circuits ont également été spécifiquement étudiés pour les familles comme ùHipopo Tam Tam» en Afrique du Sud.

Nous retrouvons beaucoup d'offres chez Costa Croisière (dans un but de rajeunir l'image des produits croisières), chez Voyageurs du monde qui propose trois formules: ùPartir entre vous en voyage individuel», ùPartir avec d'autres familles en circuit accompagné», ùPartir entre amis avec vos enfants». D'autres tours opérateurs proposent des produits adaptés à la famille comme Bélambra, Cap Vacances, Destination France et bien d'autres.

Exemples des offres hébergeurs

Crée en 1988, Center Parc a été conçu pour l'accueil des familles. Celles-ci représentent 75% de la clientèle. Elles apprécient l'environnement préservé, l'accueil chaleureux et la possibilité de pratiquer de nombreuses activités. Chaque cottage est équipé d'un lit bébé et d'une chaise haute pour les tous petits et d'une grande salle de bain. Nous trouvons, dans les centres, des espaces aquatiques et des activités gratuites de plein air.

Les associations ùOne Parents Family Holidays» crée en 1975, ùSingle Parent Traveler Club» crée en 2001 et ùHoliday Endeavour for Lone Parents» s'adresse aux familles monoparentales à faibles revenus. Les hébergements proposés sont des hôtels, des résidences de vacances, des campings et les transports sont effectués en low-cost.

Exemples des offres hôtelières

Les hôtels ne sont pas forcément adaptés pour accueillir des familles. Les règles à respectées au sein de l'établissement ne sont pas très faciles à comprendre pour les enfants (contraintes horaires, silence, accès réservés...). Les hôtels doivent donc revoir leurs produits chambres pour qu'elles deviennent conformes aux besoins et attentes de la famille

La marque Novotel (Accor) a conçue une chambre spécifique pour accueillir une famille, avec des canapés convertible, des aires de jeux et une peluche mascotte pour chaque enfant. Suite Hôtel a agrandit les chambres familiales et a rajouté des équipements flexibles (cloison amovible, méridienne convertible...). Enfin un Ibis a été crée entièrement pour les familles en 1984. Ils possèdent douze chambres communicantes. Nous y trouvons un baby foot, une console vidéo, un billard, des livres, des jeux de société...

Euro Disney, quant à lui propose le ùDavy Chrokett Ranch» avec des lodges individuels de quatre à six personnes et des activités de plein air.

Conclusion chapitre 1

Chapitre 2 Oenotourisme et tourisme familial quelles articulation?

I une association difficile

Au vue de l'étude sue la famille énoncé dans le premier chapitre, nous nous rendons compte qu'une éventuelle association du tourisme familial et de l'oenotourisme n'est pas évidente. Il l'a l'aire très difficile de concevoir un produit touristique autour de ces deux concepts. Quelles sont les difficultés que nous pouvons rencontrer lors de la production touristique d'un produit oenotouristique ciblant la famille.

Barrière marketing

A l'aide d'un tableau comparatif, nous allons rappeler les différentes attentes de la clientèle oenotouristique et de la clientèle familiale.

Nous voyons qu'il existe beaucoup de divergence entre les deux formes de tourisme, la clientèle oenotouristique sera plus sensible sur la qualité, la notoriété des lieux et la clientèle familiale sur la sécurité et l'adaptabilité à leurs besoins.

De plus à travers l'enquête faite par l'Afit, nous savons que les couples sans enfants représentent 47% de la clientèle oenotouristique (ùla capacité d'attraction pour le tourisme vitivinicole augmente avec le revenu, l'âge et l'absence d'enfants à charges[44]») et que celle-ci n'est pas forcément intéressé par l'existence d'un accueil spécifiques pour les enfants.

Cependant les deux clientèles aiment être dans des cadres authentiques et de caractère.

Barrière sociale

L'oenotourisme porte en lui la connotation du tourisme autour d'une boisson alcoolisée, désinhibitrice, et autour d'un produit complexe demandant à ce que les touristes soit réceptifs à un vocabulaire, à des connaissances particulières.

Historique de la consommation du vin

Durant les 30 glorieuses, le vin était un produit alimentaire de faible qualité, ne dépassant pas les 10°. Il est bu en quantité part petits et grands et ne peux être dissocié de l'autre base alimentaire française: le pain. Les publicités de l'époque vantent le côté énergétique de la boisson.

Au XXI° siècle, le vin devient un complément alimentaire et le consommateur le déguste plus qu'il ne le boit. Le vocabulaire élaboré autour de la dégustation se vulgarise et n'est plus seulement réservé aux œnologues et spécialistes du vin. Cette boisson devient une source d'enrichissement et d'apprentissage permettant de boire moins mais mieux. Le vin est passé d'un aliment quotidien à un produit de luxe, consommé autour d'un bon repas entre amis.

L'imaginaire lié au vin

Le vin se caractérise par des pratiques de consommation singulières qui sont liées aux représentations mentales, aux dimensions symboliques et rituelles de ce produit. Nous n'allons pas seulement ingérer un aliment mais également incorporer les caractéristiques symboliques des saveurs et avoir un regard critique et organoleptique sur la qualité.

Le vin est associé à un plaisir sensoriel: appréciation du goût, rites de dégustation, recherche de parfums, d'odeurs, d'arômes lié à la typicité du terroir. Il est un élément indissociable du repas et assume un rôle social permettant de rassembler les individus autour de la notion de partage. La multiplicité des circonstances d'achat et de consommation favorisent la complexité de l'acte de consommation. Choisir un vin pour un repas de famille, regarnir sa cave ou offrir un vin à des amis n'impliquent pas l'allocation des mêmes ressources financières, informatives et de prise de risque.

Dans une famille (en vacances ou non), la notion de partage ne peut pas se faire autour d'un vin. En effet, les enfants n'en boivent pas et les adolescents n'apprécient pas le goût et ne sont pas capable de partager les subtilités avec leurs parents. Pour eux le vin est une boisson générationnelle qui ne concerne que leurs aînés. C'est devenu un rite de passage à l'âge adulte. Enfin un des deux adultes (la femme le plus souvent), quand ils sont de sortie n'en boit pas pour prendre le véhicule pour le retour.

L'acte d'achat d'une bouteille de vin, se fait sans la présence des enfants, car ils ne sont pas prescripteurs et n'ont aucun rôle dans quant au choix de la bouteille ou de la cave a visité.

Barrière sociale

Le vin est associé très souvent à l'alcoolisme, les accidents de la route, mais aussi, paradoxalement à la longévité, à la prévention des maladies cardio-vasculaires d'où le ùfrench paradox».

Le vin et la loi

Le terme ùalcoolisme» est né au milieu du XIX° siècle, nous pouvons le définir comme ùl'addiction à l'alcool (éthanol) contenu dans les boissons alcoolisées». L'Organisation Mondiale de la Santé reconnait l'alcoolisme comme une maladie et le définit comme ùdes troubles mentaux et troubles du comportement liés à l'utilisation d'alcool». Un français sur dix est confronté à cette maladie et le gouvernement en fait la lutte au travers de la loi Evin, à travers le texte sur ùla protection des mineurs et la répression de l'ivresse publique[45] (qui doit être présent dans tous les débits de boisson) et au travers de campagne de prévention contre l'abus d'alcool.

Le vin entrant dans les catégories des alcools est très souvent utilisé dans les campagnes de prévention. Au travers les spots publicitaires nous voyons souvent les gens boire un verre de vin, de plus chaque bouteille de vin, en plus de la mention légale ùl'abus d'alcool est dangereux pour la santé», est estampillée par le logo d'une femme enceinte barrée.

Ces spots publicitaires sont polémiqués par la filière viticole car ils visent les adolescents et les jeunes qui ne boivent pas de vin et le taux d'alcool dans le vin varie de 8% à 12%, alors que pour le whisky (consommé beaucoup plus souvent des les fêtes) le taux est de 40%.

Le vin est à consommé avec modération, comme tous les alcools, mais doit-il devenir le coupable tout désigné contre l'alcoolisme?

Le French paradox

Terme, inventé en 1992 par S. Renaud et très utilisé, le french paradox est ùl'expression qu'emploi les anglo-saxons et les diététiciens pour désigner une apparente contradiction entre la pratique alimentaire des français et leur santé».

Il concerne surtout le paradoxe existant entre le régime alimentaire très riche de la population du sud-ouest et le fait que celle-ci serait moins touchée par les maladies cardio-vasculaires. En janvier 2010, l'Institut national de la santé et de la recherche médical affirmait: ùde nombreuses études s'accordent depuis longtemps sur une réduction du risque cardio-vasculaire pour les consommateurs modérés de vin rouge».

L'article apparu à la gazette du Midi daté du 25 au 31 janvier 2010 explique la controverse que cette enquête soulève et les opinions divergentes entre les lobbies du vin et les associations de prévention[46].

Il est clair que les viticulteurs doivent respecter la loi et qu'ils vont sans doute bénéficier d'un impact positif des résultats de l'enquête. Cependant cela n'aidera sans doute pas à attirer la clientèle familiale. En effet allier vin et famille choque et nous avons démontré que les attentes ne sont pas les mêmes entre les deux types de clientèle et que les dimensions symboliques et rituelles du vin ne sont pas pris en compte au sein d'une famille. Alors quels sont les actions permettant d'associer les deux formes de tourisme?

Une association possible

Association inconsciente

Il existe une attractivité entre les deux formes de tourisme, passe par le lien naturel qui se crée entre les paysages viticoles et le patrimoine matériel du territoire. La réflexion devra être axée sur l'adaptation des produits comme les ù circuits et séjours organisés dans le vignoble », ù les routes des vins » et les ù sentiers, chemins de randonnées » pour les rendre abordables à tous : enfants et adultes. Les attraits ludiques, hédoniques et pédagogiques seront des outils de découverte du département.

La famille cible potentielle pour l'oenotourisme

Selon Ramirou, les touristes sont à la recherche d'une quête touristique ou le rapport à soi, le rapport à l'espace et le rapport à l'autre est très important[47]. C'est pour cela que les touristes ressentent le besoin de rapporter de leurs vacances des souvenirs pour s'approprier le lieu de leur destination (ùnous avons fait la Bourgogne») et pour rapporter une preuve matérielle à leur entourage (une carte postale, une bouteille de vin, un coquillage...). Cet ou ces objets offerts vont agrémenter l'imaginaire de ceux qui n'y sont pas allés et de leurs donner, en fonction du jugement du touriste revenu, l'envie ou non de se rendre dans cette destination.

Il en est de même pour les régions viticoles, lors du retour chez soi, l'entourage va exprimer à un moment donner cette phrase ùvous avez du boire du bon vin?» ou encore ùqu'est que nous aimons les vins de bourgogne». Rien ne leur fera plus plaisir qu'on leur offrira ùla bouteille de bourgogne qui a été trouvée chez des viticulteurs charmants».

C'est pourquoi la clientèle familiale étant en vacances dans une région viticole pour des attraits touristiques autres qu'oenotouristique sera des clients potentiels, car ils achèteront une bouteille de vin pour offrir, pour déguster entre amis et répondre à ces trois rapports énoncés par Amirou.

Cet achat peut être préparée, soit en laissant les enfants aux grands parents par exemple, soit en couplant l'activité avec une autre activité ludique pour les enfants. Il peut être également être spontané, la famille souhaite visiter une bastide et en traversant le vignoble, elle s'arrête pour aller acheter une bouteille de vin chez le vigneron.

Dans les deux cas où il ya les enfants, la visite de la cave se fera rapidement, souvent sans déguster. Le choix de la cave dépendra plus de l'attractivité visuelle de la publicité et de la signalétique. Les familles dont les parents sont très amateurs de vins viendront le plus souvent sans les enfants pour pouvoir déguster et prendre le temps de prendre toutes les informations qu'ils souhaitent.

Le patrimoine matériel au cœur du vignoble

Nous avons vu, dans le chapitre ùle paysage» qu'il existait un grand nombre de paysage viticole du au relief, au climat, à l'organisation de la structure spatiale. Nous savons également que l'habitat avait dans le temps des caractéristiques spécifiques dépendant aux besoins du cycle de vie de la vigne. Ces paysages et leurs structures sont hérités du passé et laissent leur empreinte sur les paysages actuels. C'est ainsi que le patrimoine monumental et vernaculaire sont au cœur des vignes.

Les routes des vins et sentiers viticoles sont des moyens permettant de connaître ce patrimoine monumental: châteaux, églises, abbayes, villages pittoresques, ou vernaculaire: lavoirs, croix en bordure de vigne, murets en pierre sèche, cabanes et gariottes. La clientèle oenotouristique est captée par les attraits qui au départ n'était pas prévu dans son parcours, dévier sa route pour aller voir une abbaye par exemple.

Adaptation des produits pour découvrir un territoire

Il faut donc adapter les produits en faisant en sorte de capter les clientèles de l'une ou de l'autre forme de tourisme. Nous nous intéressons aux solutions pour capter la clientèle touristiques pour des produits œnotouristiques. Les actions inverses sont déjà bien ancrées dans les politiques de production puisque les routes des vins intègrent le patrimoine culturel (visité, spectacle) de leurs régions.

Voici, l'exemple de la route des vins de Bourgogne où le guide met à disposition en plus des informations typiquement oenotouristique, les attraits à visiter, les hébergements et des restaurants.

Les actions doivent permettre d'adapter les produits œnotouristiques existants pour qu'ils soient accessibles aux petits et grands. Ainsi le produit doit être hédonique (ùrecherche du plaisir et de la satisfaction»), devenir plus ludique (ùrelatif au jeu») tout en étant pédagogique (ùrelatif à l'éducation»). En effet, nous nous rappelons que les parents souhaitent que leurs enfants apprennent aussi pendant les vacances sans les contraintes de l'école.

Dans le Jura, vingt et un vignerons des cent cinquante du comité interprofessionnel des vins du Jura proposent des espaces pour enfants. Les familles peuvent les reconnaître grâce à ce logo:

Ils peuvent trouver des jeux en plein air, balançoire, toboggan, des coloriages avec des crayons de couleurs. Certaines caves organisent même des dégustations de jus de fruits.

Le hameau du vin dans le Beaujolais, premier oenoparc donne à l'entrée un questionnaire pour les enfants sur la visite qu'ils vont effectuer avec leur parents et à la fin ils ont une surprise. Ils peuvent s'amuser avec des logo-géants dans les jardins du par cet un mini golf est mis à disposition pour toute la famille.

Malgré les barrières l'association entre oenotourisme et tourisme familial peut se faire d'une manière inconsciente et la combinaison des deux permet la découverte d'un département, mais qu'est ce qu'apporte cette association aux viticulteurs à part une augmentation des ventes?

Relation entre les acteurs de la filière viticole et les touristes

Il est important de créer entre les acteurs de la filière viticole et le patrimoine immatériel qu'engendre la viticulture. L'imaginaire lié au terroir; les contes et légendes autour d'un breuvage mythique et ancestral font que les viticulteurs deviennent les gardiens du patrimoine viticole et à travers la transmission de leur connaissance. Ils peuvent apporter une valeur ajoutée à la visite qui intéressera petits (contes et légendes) et grands (vinification, paysage, œnologie).

L'imaginaire lié au vin et au terroir

Quand on parle du vin, on ne parle pas que d'une boisson, mais on évoque un terroir, des hommes qui l'ont façonné, des ustensiles anciens ou nouveaux qui lui ont permit de veillir (par exemple le tonneau qui représente ùle vin en action, un vin en remords et en hésitation: c'est le vin du créateur»[48]). Le vin, nous en parlons beaucoup, et nous cherchons à travers des mots à exprimer ce qu'il nous fait ressentir. A travers l'imaginaire, nous le mystifions et nous le transformons en mythe (ùun mythe est un conte à caractère spécial, une narration où les divinités jouent un ou plusieurs rôles principaux»[49]). E. Peyraux énonce que ùl'imaginaire su vin, cette valeur ajoutée à la fonction de boire, a été et sera de tout temps, pas seulement parce qu'il naît de la partie inévitable et d'inconnu, d'empiriques, d'intuitif, de subjectif, de notre métier mais surtout parce qu'il fait partie intégrante du plaisir raffiné de boire[50]».

E. Pathier, discerne historiquement deux parties ou l'imaginaire du vin ne se développe pas de la même façon. La première partie du XX° siècle où l'imaginaire du vin a une connotation très forte aux champs, au labeur quotidien de l'homme (la confrontation du vigneron aux intempéries par exemple). Les appellations d'origine ont été crée sur cet imaginaire là, l'idée que c'est la terre et le dur labeur qui feront du bon vin.

Au cours du XX° siècle, la mécanisation fait que l'imaginaire ne pouvait plus se baser sur le travail manuel, alors les viticulteurs réinvente des stéréotypes (publicitaires cette fois-ci pour que nous gardions à l'esprit le côté authentique du vin. Les étiquettes sont en formes de parchemins, écritures en gothique. Les domaines prennent des noms d'anciennes familles et la particule est de mise (par exemple les Seigneurs de Cahors). ùL'ancien est devenu la légitimité du moderne»[51].

Les gardiens du temple de la culture viticole

ùSans la mémoire des pratiques et des façons, fruit de la transmission d'une expérience sensible et gestuelles, les vignobles et leurs vins ne prendraient point rang dans les monuments, un peu spéciaux du patrimoine français. Les vignerons sont aux vins de France ce que les architectes sont aux cathédrales»[52].

A travers les gestes répétés perpétuellement, le vigneron transmet de génération en génération un patrimoine ancestral qu'il faut préserver. Nous avons vu que le travail effectué par le vigneron fait partie intégrante de l'imaginaire. Sans le savoir-faire du vigneron, il n'y aurait pas autant de paysages et de patrimoines différents. L'histoire des gestes précis et adroits évaluant au cours du temps, transmet au vin la sensibilité et l'amour de la terre du vigneron.

Quand on achète du vin, nous sommes à la recherche des ces connaissances, de cette tradition, de ce système qui fait que le vin possède ses caractéristiques. A travers l'oenotourisme, les vignerons pourront raconter leur science et leur art, comment ils arrivent à partir d'un fruit à un vin pouvant être consommé que dans dix ans, vingt ans et qui non seulement restera de qualité mais qui en plus se bonifiera avec l'âge.

Les axes de développement de produit oenotouristique pour les familles


  1. cf chap 1 page 2
  2. Petit Robert
  3. Office national interprofessionnel des fruits, des légumes, des vins et de l'horticulture
  4. J.H.Dechaux, Sociologie de la famille
  5. Barry et al., 2000 in J.H.Dechaux, Sociologie de la famille

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