INTRODUCTION

La problématique que j ai retenue est le fruit de plusieurs constats. Tout d'abord, la place qu'occupe aujourd'hui le développement durable dans notre société. Je trouve intéressant d'analyser et observer les prises en compte de ce concept au travers de la population. Ce sujet n'est plus seulement réservé aux scientifiques, et on assiste à une réelle vulgarisation du sujet, permettant d'informer à plus grande échelle les individus. Car nous sommes tous concernés par l'évolution de notre environnement, tant sur un plan écologique qu'humain. Le choix de cette thématique centrale pour mon mémoire est donc apparu naturellement.

Fort de la puissance que représentent les entreprises françaises énergétiques dans le monde, telles que Total, Areva, EDF, GDF Suez ou bien celles dépendant directement de cette industrie, telles que Renault ou bien encore Air France, j'ai voulu en savoir plus sur la prise de conscience de ces entreprises en faveur du développement durable, afin de pouvoir déterminer si ce concept est aujourd'hui ou non pris en compte dans leur stratégie de développement à long terme. De plus, mes deux stages chez Total, représentant en tout 10 mois d'investissement, m'ont donné envie d'en savoir plus sur le sujet. Car n'ayant fait partie que de la partie AVAL du groupe, je n ai pas pu apprécier les efforts que ce type d'entreprise met en place en faveur du développement durable, plus visible dans la partie AMONT, comprenant l'exploration et la production.

La délimitation géographique se focalise sur la France pour plusieurs raisons. La première est de pouvoir se rendre compte et rendre compte de la réalité des faits au sein de notre pays, expliquant ce choix de la proximité géographique dans mon mémoire. Ensuite, la France étant la 5ème puissance économique et industrielle mondiale[1], j ai trouvé pertinent de se focaliser sur un pays présentant de puissantes entreprises multinationales.

Quant à la délimitation temporelle concernant la période d'analyse, partir de la fin des Trente Glorieuses avec le premier choc pétrolier, m'est apparu comme étant un bon point de départ, puisque c'est à partir de cette période que le débat à réellement commencé à prendre de l'ampleur.

Voici donc mes motivations personnelles pour la question centrale retenue.

ùC'est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain ne l'écoute pas» VICTOR HUGO

1. Introduction au concept du développement durable

1.1 Avant Propos

Depuis plus d'une quarantaine d'année, s'est développée une réelle prise de conscience en réponse aux différentes activités humaines ayant un impact sur notre système écologique.

La multiplication d'événements catastrophiques d'origine humaine à l'échelle internationale n'a eu cesse de progresser de concert avec l'évolution industrielle et la surexploitation des ressources naturelles. Marées noires, pluies acides, accidents nucléaires, sécheresse représentent parfois les fruits empoisonnés liés à la course au développement économique, industriel tel que nous le vivons aujourd'hui.

L'homme moderne a ainsi révélé sa capacité destructrice face à son environnement, qu'il ignorait à l'époque préindustrielle.

1.2 De la fin des ùTrente Glorieuses» jusqu'au Sommet de RIO (2012)

A la fin de la seconde guerre mondiale, les principaux pays membres de l'OCDE, dont la France, ont connu une croissance économique forte et ininterrompue, où régnaient le plein emploi et un développement industriel sans précédent, largement soutenus par une société de consommation en plein essor, et ce jusqu'à l'apparition du premier choc pétrolier, en 1973.

Parallèlement, en 1972, le Club de Rome publie un rapport intitulé ùHalte à la croissance» dans lequel ce Groupe de chercheurs au célèbre MIT (Massachussetts Institute Of Technology) pointe du doigt l'incompatibilité du développement économique actuel avec la protection de notre planète sur une vision à long terme.

C'est dans ce contexte que se tient la même année à Stockholm la Conférence des Nations Unies sur l'Environnement humain, baptisée ùSommet de la Terre» qui débouchera sur une certitude partagée: il est aujourd'hui nécessaire ùd'adopter une conception commune et des principes communs qui inspireront et guideront les efforts des peuples du monde en vue de préserver et d'améliorer l'environnement»[2].

De cette rencontre naîtront le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) ayant notamment pour objectif de promouvoir le développement durable et aider les pays désireux de mettre en place des politiques gouvernementales, et le concept d'écodéveloppement[3].

Cependant, avec l'apparition du 1er choc pétrolier de 1973, puis du second de 1979, l'attention portée sur ce sujet qu'est l'environnement est détournée.

Il faudra attendre jusqu'en 1987 avec la publication du rapport ùNotre Avenir à Tous», couramment appelé Rapport Brundtland, du nom de la présidente de la Commission Mondiale sur l'Environnement et le Développement, pour que les sujets relatifs à l'environnement et au développement refassent surface au grand jour.

Le terme de développement durable fait alors son apparition, et est défini comme ùun développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs[4]». Pour atteindre un tel objectif, deux conditions sont inhérentes à cette notion. La première doit concilier à la fois l'accroissement de la population et le ùpotentiel productif de l'écosystèmeafin d'assurer la viabilité du point de vue économique et écologique[5]». La seconde doit ùgarantir aux populations défavorisées une part raisonnable des ressources et promouvoir de nouveaux scénarios de croissance économique pour réduire la pauvreté (en assurant la viabilité sociale)[6]».

Cinq années plus tard, en 1992, se tient à Rio de Janeiro le second sommet de la Terre et sera en quelque sorte l'année charnière du développement durable, de par la signature de plusieurs documents importants tels que la Déclaration de Rio et d'un véritable plan d'action international, l'Agenda 21. Reposant sur 27 principes, il ùaborde les problèmes urgents d'aujourd'hui et cherche aussi à préparer le monde aux tâches qui l'attendent au cours du siècle prochain»[7]. Son but est donc la mise en place d'une politique commune de développement durable dans différents secteurs, tels que la gestion des déchets, l'agriculture ou bien encore la pauvreté, la santé, à l'échelle des collectivités territoriales qui jouent, selon le chapitre 28 de l'Agenda 21, ùau niveau administratif le plus proche de la population, un rôle essentiel dans l'éducation, la mobilisation et la prise en compte des vues du public en faveur d'un développement durable».

Depuis ce Sommet, on notera la mise en place par l'ONU d'une commission chargée de veiller à l'application de l'Agenda 21 au niveau international, la signature par 183 pays du protocole de Kyoto en 1997 visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre[8].

Dix années après Rio, lors du Sommet de Johannesburg en 2002, le bilan dressé par les nations unies est mitigé aussi bien dans le domaine environnemental (déforestation, montée des eaux) que dans le domaine humain (accès à l'eau, pauvreté, famine). La volonté d'agir des Etats est présente, mais les résultats ne sont pas là, ce qui nous amène à penser que lors du prochain sommet qui se tiendra en 2012 à Rio, les participants auront à dresser un bilan peut être aussi douloureux.

1.3 Un développement durable pour tous

Il est important de noter que cette préoccupation pour l'avenir de notre planète ne concerne pas seulement les dirigeants des Etats. Elle est née du constat de l'empreinte négative de l'homme sur la terre, et inclue l'ensemble des acteurs de notre société, de la firme multinationale dont ce mémoire traitera, au simple citoyen. Chacun est responsable et possède un rôle à jouer.

Le développement durable correspond donc à une interaction visant à concilier trois piliers: l'Economie, le Social et l'Environnement

[9] - Ce schéma représente l'interaction entre les trois piliers. Le développement durable y est représenté de par leurs intersections, et devra augmenter suivant l'intégration croissante des environnements équitable, vivable et viable.

  • L'économie et le social: Le but est de favoriser un environnement équitable. Cela inclut l'éthique dans le monde des affaires notamment entre les Pays du Nord et les Pays du Sud, la diversité, la solidarité et le transfert des richesses entre génération.
  • Le social et l'environnement: Développer, préserver un environnement vivable en préservant la santé humaine, la qualité de vie, informer les populations afin d'améliorer les efforts en terme de performance environnementale.
  • L'environnement et l'économie: Préserver et respecter les écosystèmes à l'échelle planétaire, limiter l'empreinte écologique des entreprises sur l'environnement, assurer la continuité des ressources et matières premières afin de créer un environnement viable.

Tels sont les trois piliers qui à force d'interactions doivent tendre vers un développement plus important.

Nous allons dans la partie suivante nous intéresser au développement durable tel qu'il existe aujourd'hui dans le secteur industriel et présenter les différentes entreprises retenues pour ce mémoire.

2. Le développement durable au sein de l'entreprise.

2.1 Différence entre Développement Durable et Responsabilité Sociale des Entreprises

Selon une enquête de l'Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et de l'Industrie (ACFCI)[10], les très grandes entreprises commencent à entreprendre de réelles démarches en faveur du développement durable, contrairement au PME/PMI qui restent pour l'instant encore dubitatives à ce sujet.

En instaurant une démarche de développement durable, une entreprise cherche à améliorer sa performance financière, sociétale en environnementale et s'inscrit alors dans la Responsabilité Sociale.

Avant d'aller plus loin, il est intéressant de bien faire la différence entre les termesDéveloppement Durable et Responsabilité Sociale des Entreprises.

Comme nous l'avons vu précédemment, le développement durable correspond à la recherche d'un moyen permettant de résoudre la situation grâce à un nouveau modèle de développement permettant d'assurer la survie de la planète et des populations en conciliant trois aspects. C'est donc un concept global.

La Responsabilité Sociale des Entreprises s'apparente elle, à la contribution de l'entreprise au développement durable. Pour y parvenir, des centaines de chercheurs et enseignants travaillent sur ce sujet afin d'améliorer les mesures que peuvent instaurer les entreprises en faveur du développement durable. C'est le rôle notamment de l'ISEOR (Institut de socio-économie des entreprises et des organisations), basé à Lyon qui représente aujourd'hui l' ùun des plus puissants outils de recherche sur la RSE en France[11]».

Bien plus qu'un effet qu'un effet de mode, la RSE, dont l'origine remonte à la crise américaine des années 1930, va prendre encore plus d'importance au cours du 21ème siècle[12] faute de quoi, l'humanité devra faire face à de nombreuses catastrophes. Il est aussi à noter que l'obligation pour les entreprises cotées de publier des rapports annuels sociétaux ont des effets positifs sur l'engagement des entreprises puisqu'ils renforcent notamment leur image au près des consommateurs de plus en plus regardant vis-à-vis du développement durable.

Tous ces points nous amènent à nous rendre compte que le développement durable et la RSE apportent une valeur ajoutée à l'entreprise.

Avant d'aller plus loin dans la démonstration, nous allons nous pencher maintenant sur le choix du secteur industriel ainsi que des entreprises retenus et procéder à une analyse du secteur énergétique français.

2.2 Choix de la sectorisation industrielle/géographique et des entreprises

Afin de mesurer au mieux l'impact d'une entreprise sur les trois piliers du développement durable, il est apparu intéressant de choisir des compagnies appartenant au secteur énergétique. En effet, de par leur activité, ce sont à mon sens les plus susceptibles de représenter une menace pour l'environnement dans son ensemble. Relâchement de CO2 dans l'atmosphère, pollution des sols et des eaux, sont autant de points sur lesquels j'ai voulu découvrir les mesures dont elles faisaient preuve ou non pour prévenir ce genre de problème.

A ce choix s'ajoute des compagnies dont le cœur de l'activité dépend largement du secteur de l'énergie, car encore une fois, leurs activités, tant variées soient-elles, impactent notre Monde de manière importante. Ce mémoire portera donc sur différentes entreprises françaises du secteur secondaire, de type multinationales.

Pour justifier ce choix d'entreprises françaises de type multinational, il m'est apparu plus pertinent que le choix d'entreprises de type PME/PMI. Acteurs majeurs sur la scène internationale, les grandes entreprises sont généralement connues dans le monde entier. J'ai donc voulu savoir si ces Groupes dont nous entendons parler presque quotidiennement incluaient ou non le développement durable dans leur stratégie de croissance à long terme. De plus, elles disposent de par leurs tailles, de moyens financiers plus importants, et par conséquent de dépenses en Recherche et Développement très élevés. Or ces dépenses en R&D représentent, comme nous le verrons plus tard, le cœur des investissements en faveur du développement durable. Par conséquent, l'opportunité de mesurer ces efforts vis-à-vis du développement durable sera plus aisé, avec à l'appui des exemples concrets.

Quant au choix de se limiter à la France, comme vu précédemment dans la partie d'introduction, il se divise en une réflexion en deux temps. Le premier est de pouvoir se rendre compte et rendre compte de la réalité des faits au sein de notre pays en termes de développement durable. Ensuite, la France étant la 5ème puissance économique et industrielle mondiale[13], j ai trouvé pertinent de se focaliser sur un pays regroupant plusieurs compagnies leaders sur les différents marchés internationaux.

Ainsi, nous étudierons les compagnies suivantes: Total, EDF, GDF-Suez, Areva, Vinci, Alstom, Renault et Air France-KLM.

2.3 Analyse du secteur énergétique

Malgré le ralentissement économique de ces deux dernières années, le secteur énergétique français se porte bien. Nous nous intéresserons ici aux acteurs majeurs français dans le domaine du pétrole, gaz et électricité, tels que Total, EDF ou bien encore GDF-Suez. Puis ensuite, nous analyserons des entreprises françaises fortement dépendantes du secteur énergétique de par leurs activités. Pour cela, nous étudierons un groupe automobile, Renault, ainsi qu'un groupe aéronautique, Air France-KLM.

2.3.1 Le secteur pétrolier

En ce qui concerne ce secteur, il est à noter que les différentes compagnies pétrolières doivent aujourd'hui faire face à l'épuisement des ressources fossiles, l'émergence du nationalisme pétrolier, le réchauffement climatique et l'apparition des énergies nouvelles. Ce contexte en pleine mutation impose à des sociétés comme Total un profond remaniement stratégique afin de pouvoir répondre à ces nouveaux défis. En 2008, avec un bénéfice net de 13,9 milliards d'euros, le Groupe a réalisé sa plus grosse performance depuis sa création. Pour pouvoir maintenir un tel cap de performance ou du moins s'en rapprocher, l'entreprise va devoir continuer à investir dans de nouveaux outils technologiques, ainsi que dans les autres sources d'énergies, tels que les énergies renouvelables, le gaz ou bien encore le nucléaire, en témoigne son partenariat avec GDF-Suez dans la construction d'un réacteur de nouvelle génération.

Le Groupe est donc un acteur qui compte parmi les cinq plus gros Groupes pétroliers au monde qui, comme la plupart de ses concurrents voit un déclin dans ses activités de production, dû à l'épuisement de certains de ses grands champs pétroliers, tels qu'en Mer du Nord. Cependant, si Total parvient à relever les défis qui lui sont imposés, comme par exemple le développement des énergies renouvelables, du marché du Gaz naturel Liquéfié et si on assiste à un rebond de la demande en hydrocarbures, l'entreprise devrait largement faire face aux défis de demain.

2.3.2 Le secteur gazier et électrique

Ici, nous étudierons en premier lieu le cas de GDF-SUEZ, Groupe spécialisé dans le Gaz naturel et l'électricité, né en 2008 de la fusion entre GDF et Suez.

Cette entreprise compte parmi les plus importants acteurs du secteur énergétique mondiaux, et se classe en Europe derrière E.On, et loin devant EDF. En 2008, le Groupe réalise un Résultat net de 6,5 milliards d'euros, soit une progression importante de 13,1% depuis 2007, lui permettant de faire face à un secteur en pleine mutation. Ses principales forces sont sa base financière, sa présence sur des marchés en pleine croissance, comme ceux des énergies renouvelables et l'apport complémentaire que la fusion a engendré entre les deux Groupes. En ce qui concerne ses faiblesses, on notera une forte dépendance des marchés européens, comme en France et en Belgique où il réalise 85,8% de son chiffre d'affaires[14], ainsi qu'une faible présence dans les pays dits ùémergents». A l'instar de Total, GDF Suez a tiré profit de la hausse du cours du baril de brut, puisque le gaz est indexé à ce cours.

Au-delà de ses activités coutumières, GDF Suez cherche à diversifier ses activités puisqu'il se lance désormais dans le nucléaire, en partenariat avec Total, ce qui laisse présager un futur plutôt sûr pour le Groupe. En diversifiant ses activités, l'entreprise peut ainsi faire face à la menace que représente sa dépendance vis-à-vis des pays producteurs de gaz naturel et l'émergence de la concurrence avec des producteurs tels que le russe Gazprom.

EDF, concurrent direct de GDF Suez, est une entreprise très bien ancrée en France ainsi qu'en Europe, avec notamment l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni.

Malgré des résultats en baisse en 2008, avec une diminution de son résultat net de près de 40%, EDF compte parmi les leader du marché européen de l'énergie. Son chiffre d'affaire s'élève à 64,3 milliards d'euros. L'entreprise gère le plus grand parc de production nucléaire au monde, et ses capacités de production lui permettent de proposer des prix parmi les plus compétitifs d'Europe. De plus, afin de diversifier ses activités, EDF investit lourdement dans les énergies renouvelables, telles que les éoliennes, grâce à EDF Energies Nouvelles.

2.3.3 Le secteur nucléaire

L'industrie nucléaire est un secteur important pour l'économie française avec une valeur ajoutée qui se situe entre 20 et 28 milliards d'euros par an[15]. A la tête de se secteur, on retrouve le Groupe Areva, actuellement leader mondial en la matière. Son chiffre d'affaire est de 13,16 milliards d'euros représentant une hausse de plus de 10% par rapport à 2007. En revanche, son résultat net sur la même année a baissé de 44,5%, pour atteindre 417 millions d'euros, dû à un retard important sur un chantier en Finlande. C'est aujourd'hui le seul acteur capable d'être présent en Amont et en Aval de l'activité, allant ainsi de l'extraction et production d'uranium jusqu'au démantèlement des centrales vétustes.

Ses principales forces sont donc cette présence sur l'ensemble de la chaîne du nucléaire, son offre diversifiée comprenant des réacteurs de forte et moyenne puissance, et sa présence dans l'ensemble du monde, puisque la compagnie a construit un tiers des réacteurs à eau légère dans le monde[16]. Quant à ses faiblesses, il faut savoir qu'Areva à une dépendance très importante en France de son client principal EDF. On peut cependant supposer que le nucléaire va bénéficier d'opportunités majeures, puisque cette activité n'émet pas de gaz à effet de serre, et s'inscrit donc dans une logique environnementale, à condition qu'aucune catastrophe ne se produise, ce que nous aborderons un peu plus tard dans le dossier.

2.3.4 Le secteur du bâtiment, et du matériel de transport.

Avec le Groupe Vinci, spécialisé dans les métiers de la construction et des concessions et Alstom, numéro 2 des matériaux de transports dans le monde et numéro 3 en équipement pour les centrales électriques, la France occupe une place de choix dans le secteur du bâtiment et du matériel de transport.

Ainsi, au cours de l'exercice 2008, Vinci a augmenté son chiffre d'affaires de près de 10%, pour atteindre environ 34 milliards d'euros, contrastant avec la dégradation du secteur du marché du BTP européen, où Vinci réalise la plupart de son activité. Le Groupe participe à de grands chantiers dont la réalisation s'étale sur plusieurs années et possède un portefeuille de clients qui ne cesse d'accroître[17]. Ainsi, ses principales forces sont sa renommée internationale et sa position de leader dans les secteurs où il apparaît, tels que le bâtiment, le génie civil et les travaux ferroviaires.

Il est à noter que Vinci possède un pôle Energie dans ses métiers, correspondant à une des quatre composantes de Vinci et regroupant les activités liés à l'énergie, telles que les infrastructures électriques, thermiques et les télécommunications. Le cœur de l'activité au sein de ce pôle est caractérisé par la maintenance d'infrastructures sous forme de contrat, permettant de générer des revenus en cas de conjoncture difficile. Son chiffre d'affaire en 2008 était de 4,6 milliards d'euros[18]. Nous étudierons dans une partie ultérieure l'engagement de ce pôle en faveur du développement durable.

Alstom a réalisé un très bon exercice 2008/2009, avec une progression de son chiffre d'affaires de 10,8%, largement entraîné par sa branche énergie pour atteindre 18,7 milliards d'euros. En effet, une ampoule sur quatre dans le monde alimentée par des équipements Alstom[19]. A l'instar de Vinci, son carnet de commandes ne cesse d'augmenter (+16.4% par rapport à 2007), laissant présager un avenir solide pour le Groupe, d'autant plus que la majorité de ses clients sont des Etats, leur assurant des paiements quasi-certains. Une des caractéristiques qui fait la force d'Alstom est son haut niveau d'investissements liés à la Recherche et Développement (621 million d'euros en 2008[20]) en faveur du développement. Alstom est donc une référence en termes de technologies respectueuses de l'environnement, tel que nous le découvrirons plus tard.

2.3.5 Le secteur automobile

En 2008, la production mondiale reculait de 4% pour s'élever à 69 millions d'unités. La production des voitures légères baissait de 5% à 57 millions, celle des véhicules utilitaires restait sur un niveau constant de 12 millions unités. C'est donc un secteur qui a était affecté par la crise économique telle que nous la connaissons depuis plus de deux ans.

Les constructeurs français ont produit 5,8 millions (-6%) d'unités pour occuper la 8ème (PSA) et 11ème (Renault) place avec une part de marché de 8% de la production mondiale. Nous nous intéresserons ici à Renault.

En 2008, l'entreprise française a enregistré une baisse importante de ses ventes en France ce qui a conduit son chiffre d'affaires à chuter de 7,1% en 1 ans, et une baisse vertigineuse de son résultat net de 78,1%, pour atteindre 599 millions d'euros. La situation est donc alarmante mais, grâce au à un certain renouveau dans ses gammes et de nouveaux modèles, Renault a su s'implanter sur de nouveaux marchés, et ainsi voir ses ventes augmenter dans les zones Amériques et Asie-Afrique[21], avec ses modèles low-cost. Il s'agit donc d'une force pour le Groupe. De plus, à travers l'évolution des mentalités et un certains engouements pour les voitures ùpropres», Renault pourrait bénéficier d'une nouvelle demande en pleine émergence, d'où sa politique stratégique visant à réduire les émissions de CO2 via son projet ùZéro Emission» abordé par la suite.

Face à la forte concurrence dans ce secteur en Europe, ainsi qu'au niveau mondial et à la dégradation de ses ventes en France, Renault doit donc parvenir à deux objectifs prioritaires: traverser la dégradation des marchés mondiaux sans trop en pâtir, et concentrer ses investissements sur les marchés automobiles de demain, au sein des pays émergents.

2.3.6 Le secteur aéronautique

Avec un chiffre d'affaires de 24 milliards d'euros en 2008, Air France - KLM est un acteur majeur du transport aérien. Sa principale activité est le transport de passager, représentant 18,8 milliards d'euros tandis que son activité de transport de marchandises (Cargo) a diminué. Ce résultat semble satisfaisant, mais l'entreprise est durement frappée par la crise qui touche le transport aérien international. En effet, Air France a enregistré un résultat négatif s'élevant à -841 millions d'euros en 2008. De plus, elle doit sans arrêt faire face aux variations des cours du pétrole, se répercutant directement sur le prix du kérosène. Ainsi, entre 2004 et 2008, les coûts liés aux dépenses de carburant ont augmenté de 110%, ce qui représente pratiquement le quart des dépenses de l'entreprise. Pour pouvoir y faire face, l'entreprise concentre sons attention sur les coûts, d'où la mise en place d'un plan d'économies baptisé ùChallenge 10» dès 2007, puis ùChallenge 12» en 2008. Autre stratégie, le Groupe cherche à renouveler sa flotte, en achetant des avions plus modernes, moins consommateurs de carburant, et suspendre plusieurs courriers, jugés non rentables.

Ainsi, Air France - KLM va devoir faire face à un avenir incertain. Si les cours du pétrole continuent d'accroître et si la demande continue de baisser, le Groupe pourra se retrouver une nouvelle fois en difficulté. Il va donc devoir continuer à chercher des moyens stratégiques pour relever les différents défis, comme par exemple étendre sa présence à travers le monde et persévérer dans le low-cost, avec notamment le lancement de Transavia en 2007.

Nous venons de voir les différents acteurs français qui ont été retenus pour vérifier la pertinence de la problématique de ce dossier, en analysant leurs situations économique et financières. Nous allons maintenant nous pencher sur les répercussions qu'ont ces entreprises sur l'économie nationale, notamment en termes d'emploi.

2.4 Impact sur l'économie nationale

Voici un tableau et un graphique nous permettant de mieux visualiser les effectifs dépendant directement du secteur énergétique en France.

[22] Ce tableau nous indique que fin 2008, le secteur énergétique employait 228000 personnes et qu'en l'espace de 8 ans, le nombre d'effectifs a diminué de 6,4% pour cette activité. Celui de l'automobile comptait 256000 individus.

[23] Ici, nous voyons que la branche comprenant le plus de salariés est celle de l'eau, gaz et électricité (88%) contre 12% pour la production de combustibles et carburants.

En 2008, la population active française s'élevait à 28 millions d'individus[24]. Par conséquent le secteur représentait 0,8% de la population active et celui de l'automobile 0.9%.

Mais selon une étude de l'Insee, le secteur de l'auto, dépendant fortement de l'énergie, représentait indirectement à lui tous seul 10% de la population active française en 2008[25]. Ainsi, il est facile de se rendre compte à quel point les retombées économiques induites par le secteur énergétique français et des industries en dépendant fortement sont positives pour la France.

2.5 L'engagement du secteur vis-à-vis du développement durable

Selon une publication majeure de l'OCDE paru en 2001[26], les liens entre le développement durable et le domaine de l'énergie sont à la fois profonds et étendus. Si certaines formes de production et de consommation d'énergie peuvent aller à l'encontre de la viabilité écologique, l'énergie n'en demeure pas moins essentielle au développement économique. De plus, les services énergétiques contribuent à satisfaire des besoins élémentaires comme l'alimentation et le logement, et concourent au développement social par l'amélioration de l'éducation et de la santé publique. Montrant ainsi le rôle fondamental que joue l'énergie dans notre société et la place qu'occupe désormais les trois piliers du développement durable au niveau mondial, nous sommes en droit de penser que les entreprises appartenant à ce secteur prennent en comptent le développement durable dans leur stratégie.

C'est ce que nous allons tenter de démontrer dans les parties suivantes en nous intéressant au rôle du pôle Recherche et Développement dans le secteur énergétique ainsi que dans les entreprises dépendantes de ce secteur.

2.5.1 L'importance de la R&D

Dans le secteur énergétique, l'engagement des entreprises vis-à-vis du développement durable s'effectue principalement par le biais de la R&D. L'objectif central de la recherche et du développement au sein de ce secteur est double. D'une part, l'innovation technique, et de l'autre la réduction des émissions de gaz à effet de serre. C'est en effet en allouant une part importante de leurs bénéfices à la recherche que les entreprises du secteur énergétique pourront relever le défi de l'épuisement des ressources fossiles et ainsi développer de nouveaux produits plus propres.

Répartition pour l'année 2008, à partir des informations collectées dans les rapports annuels 2008 des entreprises.

Le tableau ci-dessus rend compte des frais engagés en termes de recherche et développement.

On remarque tout de suite que le secteur automobile avec Renault, dépense largement plus que les entreprises du secteur énergétique, avec 2,23 milliards d'euros engagés. Arrive en deuxième Areva avec plus d'un milliard engagé, puis Total avec 612 millions. Cette large différence s'explique principalement par la volonté de Renault de créer des nouveaux moteurs de plus en plus propres, d'où la nécessité d'investir dans l'innovation et la recherche technologique.

L'importance de la R&D constitue donc pour les entreprises des différents secteurs abordés un moyen de développer des technologies plus respectueuses de l'environnement et développer le management environnemental, répondant ainsi aux différentes normes en vigueur telles que la norme internationale ISO 14001, qui prescrit les exigences relatives à un système de management environnemental (S.M.E) permettant à un organisme de formuler une politique et des objectifs prenant en compte les exigences législatives et les informations relatives aux impacts environnementaux significatifs[27]. En y adhérant, les entreprises font donc preuve d'engagements en faveur du développement durable. Et, comme nous le découvrirons par la suite, l'ensemble des entreprises semble prendre en compte de plus en plus ces normes dans leur stratégie, véhiculant une image positive.

Nous venons de voir le rôle de la R&D pour les entreprises et l'impact positif qu'il semble avoir sur l'environnement, à travers de lourds investissements. Cette importance de la recherche est d'autant plus grande si on prend en compte l'ensemble des méfaits qu'engendre le secteur industriel sur l'environnement. Nous verrons donc dans la partie suivante ces principaux méfaits en s'appuyant sur des données qualitatives et quantitatives.

2.5.2 Face aux méfaits industriels

2.5.2.1 Le réchauffement climatique

Les principales activités des entreprises du secteur énergétique sont:

  • L'exploration et la production d'énergies fossiles
  • La transformation de ces énergies fossiles en énergies indispensables aux raffineries et centrales électriques.
  • La distribution des combustibles
  • L'utilisation des combustibles pour créer d'autres produits dérivés.

De par ces activités, les entreprises du secteur de l'énergie et celles en dépendant fortement émettent majoritairement des gaz dits à effets de serre. L'organisation Greenfacts, qui publie des rapports scientifiques sur l'environnement propose la définition suivante. Les gaz à effet de serre sont les gaz, tant naturels que d'origine humaine, présents dans l'atmosphère qui absorbe le rayonnement infrarouge émis par la surface de la Terre, l'atmosphère et les nuages et à leur tout l'émettent dans l'atmosphère. Cette propriété consistant à ùpiéger» la chaleur dans l'atmosphère est à l'origine de l'effet de serre, lequel empêche la Terre de se refroidir. Il s'agit donc de faire la différence entre les gaz naturels tels que la vapeur d'eau ou le dioxyde de carbone (CO2), naturellement présent dans l'atmosphère, et les gaz anthropiques, émis par l'Homme, comprenant le gaz carbonique d'origine humaine, responsable de plus de 55% de l'effet de serre dû à l'homme[28] et les gaz industriels. Ils résultent en partie de la combustion des énergies fossiles, telles que le charbon, le pétrole et le gaz. Or d'après une enquête publiée en 2006 par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), le secteur énergétique contribue généralement à plus de 90 pour cent des émissions de CO2 et 75 pour cent des émissions totales de gaz à effet de serre dans les pays développés[29].

Une conséquence directe de ces émissions serait le réchauffement climatique, c'est à dire l'augmentation de la température au sol de 1.4 à 5,8 degrés centigrades au cours du XXI e siècle[30], ce qui pourrait entraîner d'importants changements climatiques et menacer gravement toute une partie de la population mondiale de manière économique et/ou sanitaire[31].

La limitation de ces gaz s'impose donc comme une condition salvatrice sur laquelle les entreprises doivent fortement se pencher.

2.5.2.2 Pollution des sols et des eaux

De par leur constitution formée au cours de plusieurs millénaires, le pétrole brut et le gaz naturel se trouvent enfouie dans les profondeurs des mers et océans. On distingue alors deux types de pollution en pleine mer. Les marées noires, involontaires, survenant lors d'un naufrage, et les opérations de déballastage et dégazage qui consistent globalement à nettoyer, vider ou remplir les cuves des pétroliers afin d'équilibrer le bateau, où subsistent des résidus d'hydrocarbures avec de l'eau de mer et y rejeter le tout.

Ce type de pratiques, volontaires et totalement illégales, représentaient selon une étude de le World Wildlife Fund, entre 700000 tonnes et 1500000 tonnes de rejets auxquels s'ajoutent environ 500000 tonnes de ùdéballastages classique». Ce chiffre équivalent à 75 Erika par an[32].

Durant les opérations de forage en mer, il existe donc un risque que la matière recherchée se répande dans les eaux, comme ce fut le cas en 1979 dans le golfe du Mexique, où 560 millions de litres de pétrole[33] se répandirent suite à une rencontre avec une zone de pression à laquelle la plateforme pétrolière n'a pas pu résister. Bien que ce genre d'accidents liés au forage offshore demeure rarissime, d'autres marées noires ont vu le jour lors de naufrages de navires citernes. Ces accidents sont en revanche beaucoup plus fréquents, bien que depuis plus de 40 ans, leur nombre a été divisé par 5, pour passer de 25 accidents par an à 4[34].

Les conséquences de ces accidents ont elles aussi des répercussions dramatiques sur l'environnement, particulièrement sur la faune et la flore, jusqu'au plancton, qui est le premier maillon de la chaîne alimentaire marine. Ces répercussions peuvent donc avoir des conséquences économiques extrêmement négatives, en contaminant les produits issus de la pêche, en impactant l'image touristique des sites touchés.

Sur terre, si les produits pétroliers viennent à s'infiltrer dans les sols, ils peuvent pénétrer les nappes phréatiques et empoisonner les sols. Ce fut le cas lorsque qu'un oléoduc défectueux a déversé 4000 m3 de pétrole brut dans la réserve naturelle de la Crau[35] (Bouches-du-Rhône), rendant l'eau logiquement impropre à la consommation.

2.5.2.3 Les pluies acides

L'acidité de ces pluies est fortement anthropique, avec pour principaux responsables les centrales thermiques et les transports. En polluant l'air avec des rejets issus de la combustion d'hydrocarbures riches en souffre dans l'atmosphère, les usines, les automobiles contribuent à la destruction de forêts et impliquent de graves problèmes sanitaires, menaçant les écosystèmes. Ainsi, ces pluies chargées d'acide nitrique[36] contribue à l'acidification de l'air et des océans, d'où la responsabilité des entreprises à limiter les émissions d'oxydes d'azote, à travers la ratification de conventions par les Etats y consentant. La plus importante à ce jour est la Convention sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance[37], signée en 1979 par plusieurs pays membres des Nations Unies et visant à développer conjointement recherches scientifiques sur la pollution de l'air et prévention de ces effets. Plusieurs protocoles ont vu le jour par la suite, comme nous le voyons dans le tableau suivant.

2.5.2.4 Les déchets nucléaires

Contrairement aux autres sources de production énergétique, l'industrie nucléaire ne rejette presque pas de dioxyde de carbone dans l'atmosphère et apparaît donc comme un moyen efficace pour lutter contre le réchauffement climatique. Cependant, si elle ne semble pas polluante sur le court terme, la question se pose en revanche sur le très long terme. En effet, la question de gestion des déchets radioactifs, et plus particulièrement leur financement reste encore non résolue. La solution consiste actuellement à enfouir les déchets sous terre ou dans les profondeurs des océans afin de les isoler au maximum et prévenir tout risque de contamination humaine. Selon un rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques publié le 17 mars 2000, le lien entre exposition aux radiations et problèmes sanitaires existe bien. Cela se traduit en autre par des cancers de la thyroïde, malformations congénitales[39].

Quant aux catastrophes nucléaires, extrêmement rares, leurs effets sont encore plus dévastateurs car beaucoup plus directs. Ainsi, la catastrophe de Tchernobyl en 1986 en Ukraine a causé de nombreux décès, et constitue actuellement le plus important accident nucléaire jamais survenu sur la Terre[40].

Comme nous venons de le voir, l'industrie du secteur énergétique est fortement émettrice de rejets polluants, dangereux pour l'environnement. Ces rejets apparaissent comme indissociables de l'activité de ce secteur. Pourtant, nous allons voir, que les entreprises d'aujourd'hui semblent prendre en compte des mesures allant en faveur du développement durable, notamment par le biais de la R&D comme vu précédemment, mais aussi par le biais d'une réelle évolution des mentalités.

3. Les motivations et les risques des acteurs en matière de développement durable

3.1 Les motivations

Selon une étude réalisée par KPMG en partenariat avec l'IFOP[41], publiée en Octobre 2008, le développement durable est loin d'apparaître comme une contrainte, celui-ci est jugé compatible avec les exigences de rentabilité et de croissance économique pour 98% des décideurs des grandes entreprises. De plus, 45% des dirigeants estiment que l'instauration de démarches en faveur du développement durable peut contribuer à augmenter la rentabilité de l'entreprise et 91% pensent que ceux qui saisissent les opportunités de ces enjeux seront les leaders de demain.

Dès lors, nous pouvons dresser une liste de motivations pour les entreprises en faveur du développement durable.

Ainsi, l'objectif largement partagé et recherché est un meilleur respect de l'environnement à travers les étapes de production et d'offre des produits. Pour y parvenir, l'investissement dans les énergies renouvelables via la R&D est un bon moyen pour les entreprises du secteur énergétique de diversifier leur offre, et s'inscrire dans une démarche respectueuse de l'environnement.

Une seconde motivation est le constat évident de l'épuisement progressif des ressources fossiles. D'où la nécessité de préparer le futur, et s'adapter à l'évolution de la demande mondiale d'énergie afin de rester compétitif.

Une troisième motivation est de répondre au cadre juridique en vigueur en Europe, concernant les émissions de CO2. Prenons pour exemple le constructeur automobile Renault, fortement dépendant du pétrole. Ainsi, le constructeur, s'il veut rester compétitif doit se plier à l'ensemble des règles imposées par l'Union Européenne, telles que le Bonus-Malus, sous peine d' amendes infligées aux constructeurs dont les nouveaux modèles n'auront pas réduit leurs émissions de CO2 à 120g d'ici à 2012[42].

Une quatrième motivation serait la possibilité de réduire les coûts liés au processus de production, et les coûts environnementaux, liés par exemple au recyclage des déchets, et bénéficier d'une amélioration du goodwill de l'entreprise. O. DUBIGEON, dans son livre Mettre en pratique le développement durable[43], met en avant plusieurs exemples qu'entraine une réduction des coûts via une politique en faveur du développement durable. Ainsi, cela permettrait d'une part des économies d'énergie, une dématérialisation plus rentable avec le recyclage des matériaux, un contournement des pénalités judiciaires comme vu ci-dessus avec Renault. D'autre part, cela favoriserait l'amélioration du goodwill, prévenir des dépenses liés à des accidents des personnes exposées à des matières toxiques, entretenir des relations favorables avec l'opinion publique.

Telles sont donc les motivations pour ces entreprises.

3.2 Les Risques

La course au développement durable doit se faire de manière réfléchie et non précipitée. Ainsi, l'actuel directeur général du pôle Gaz & Energies Nouvelles du groupe Total rappelle dans le rapport Environnement et Société 2008, p. 10, que l'un des objectifs de la recherche dans le domaine des énergies renouvelables est guidée par trois critères. Le premier est bien évidemment la rentabilité de chaque activité, exigence légitime pour un groupe tel que Total. Ainsi, l'entreprise doit garder une ligne de conduite qui lui est propre vis-à-vis du développement durable, et ne pas investir seulement dans le but de réduire ses émissions de gaz à effet de serre, sous peine d'une perte de compétitivité envisageable.

La juridiction européenne en faveur du développement durable peut aussi présenter des risques pour les entreprises du secteur énergétique, et plus particulièrement sur celles en dépendant fortement. En ce qui concerne le secteur automobile, on constate que les différentes mesures prises pour réduire les émissions de CO2 impactent le prix des automobiles, élevant ainsi le coût de la mobilité pour les consommateurs. Il existe par conséquent un risque pour les entreprises de voir leurs ventes diminuer et leurs investissements dans les nouvelles technologies réduits.

Ce tableau montre clairement que les prix des véhicules personnels ont augmenté de manière beaucoup plus forte que les autres moyens de transport.

Tels sont les principaux risques pour les entreprises liés à la mise en place d'une politique en faveur du développement durable.

4. FAIRE LA PARTIE 4 avec HYPOTHESES.

5. Analyse des stratégies et engagements des entreprises en faveur du développement durable.

Nous allons dans cette partie aborder les stratégies et engagements des entreprises retenues pour ce mémoire en matière de développement durable. Cette analyse est largement basée sur les rapports annuels publiés par ces entreprises, recoupée avec les réponses obtenues aux questionnaires.

5.1 Total

5.1.1 Stratégie déployée vis-à-vis du développement durable et paradigme économique

Le paradigme économique du Groupe pétrolier Total repose sur la mise en place d'un modèle de croissance durable alliant l'acceptabilité de ses opérations et un programme soutenu d'investissements rentables[45].

Pour y parvenir, l'entreprise nourrit quatre ambitions majeures[46]:

  • Préparer l'avenir énergétique, en innovant et en poursuivant les investissement liés à la recherche dans les énergies nouvelles.
  • Développer une politique sociale basée sur la responsabilité, la diversité, l'équité, là où l'entreprise est implantée.
  • Répondre aux enjeux du développement durable, via notamment la protection de l'environnement et le respect des cultures des partenaires économiques du Groupe.
  • Cultiver et renforcer les relations avec les parties prenantes, via la transparence des informations et une communication accrue.

5.1.2 Analyse détaillée des engagements de Total

L'entreprise Total fixe sa conduite sur plusieurs textes de référence, tels que la Déclaration universelle des droits de l'homme, le pacte mondial des Nations Unies, ou bien encore les principes directeurs de l'OCDE. Ainsi, le Groupe semble s'engager fortement dans plusieurs domaines majeurs que nous allons aborder ci-dessous.

5.1.2.1 Les Droits de L'Homme

Depuis 2000, est inscrite dans le code de conduite du Groupe, la Déclaration universelle des droits de l'homme. Total s'engage à respecter chacun des principes de la DUDH, quelque soit le pays où il opère. Ainsi, pour les nombreux expatriés travaillant dans des zones dites difficiles, la priorité est de garantir la sécurité des employés, de leurs proches, ainsi que celle des fournisseurs de Total. De plus, le Groupe n'intervient pas dans la vie politique des pays où il opère mais n'hésite pas non plus à faire connaître ses prises de positions et éventuelles désapprobations aux gouvernements concernés. Tout cela dans une optique favorisant le dialogue.

Afin d'aller plus loin dans son engagement, l'entreprise soutient par exemple le Professeur John Ruggie, représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, dont l'action vise à clarifier les normes de responsabilité sociale et de transparence des entreprises au regard des droits de l'homme[47].

En partenariat avec l'International Petroleum Industry Environmental Conservation Association (IPIECA), la seule association représentante des entreprises du gaz et du pétrole en ce qui concerne les questions environnementales et sociales, Total travaille sur la mise en place de documents de référence en ce qui concerne ces deux piliers du développement durable.

Enfin, il développe actuellement un outil d'analyse[48] avec le Danish Intitute for Human Rights, permettant d'ajuster les activités du groupe pétrolier et les pays dans lesquels il exerce.

Total s'inscrit donc dans une logique qui va en faveur des droits de l'homme et de l'éthique dans le monde des affaires. Grâce à la diffusion d'informations sur les différents intranets du Groupe, à des séminaires sur l'éthique et les droits de l'homme, ses équipes sont alertes sur le sujet.

5.1.2.2 La Transparence Financière

En intégrant cet aspect dans sa stratégie, Total s'engage à une meilleure redistribution de la rente pétrolière avec les pays parfois pauvres dans lesquels il exerce, puisque le Groupe réalise près des trois quarts de sa production d'hydrocarbures dans la zone hors OCDE[49]. Ainsi, il peut espérer tirer profit de cette stratégie, qui veille à aller dans l'intérêt de tous.

Dès le lancement de l'Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) au sommet de Johannesburg de 2002, Total a encouragé cette décision et s'est largement investi, de manière volontaire, dans son expansion.

Ainsi, le Groupe espère favoriser le développement socio-économique par une meilleure distribution des richesses provenant des énergies fossiles.

5.1.2.3 Le Changement Climatique

Total répond aux exigences européennes en souscrivant aux objectifs directives du Paquet énergie-climat de 2008, adopté par les 27 Etats membres de l'UE et visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. L'application de ces directives doit en contrepartie assurer le maintien de la compétitivité des entreprises intéressées.

En 2009, Total a lancé un pilote industriel de captage et stockage du CO2, en France. Cette technique de captage du dioxyde de carbone permettrait selon la GIEC, de réduire les émissions mondiales dans l'atmosphère de l'ordre de 20 à 40%[50]. De plus, Total s'engage à faire disparaître progressivement le brûlage de gaz lors des activités de production, cause importante de libération de CO2 dans l'atmosphère.

Monsieur de Margerie, actuel PDG de Total affirme que Total est pleinement engagé dans la démarche de lutte contre le changement climatique[51].

5.1.2.4 La Politique Energétique

La politique énergétique se divise en quatre thèmes qui sont:

  • La sécurité des approvisionnements énergétiques de l'Europe, en favorisant des relations et partenariats sains et stables avec les différents acteurs concernés et ce, à tous les niveaux.
  • L'efficacité énergétique, qui représente un thème prioritaire pour Total. C'est à travers cet axe, que s'effectueront une maîtrise accrue de la consommation d'énergie et la diminution des émissions de gaz polluants dans l'atmosphère.
  • Les biocarburants et la qualité des carburants. Total est aujourd'hui un acteur majeur dans la branche des biocarburants de seconde génération (huiles végétales, graisses animales, bois, plantes, biorésidus) et développe de nombreux partenariats en Europe, comme celui de la production et raffinage de bio-brut[52].
  • Le captage et stockage du CO2. Cette technologie va permettre de limiter considérablement les émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, en le stockant sous terre.

Dan ce domaine, Total a réalisé plusieurs expériences, mène des études et investi dans les programmes de recherche et développement.

Le schéma ci-contre rend compte de l'ensemble des projets sur le captage et stockage géologique du CO2 auxquels Total participe.

5.1.2.5 L'engagement social en interne

A travers sa politique de RH, Total vise à mieux reconnaître la performance individuelle, en mettant en avant les augmentations de salaire au mérite par exemple, et motive ses effectifs notamment par la distribution d'actions et stock-options, sans distinctions de catégories professionnelles. Le Groupe mise ainsi sur l'équité, la diversité et le dialogue social au sein de l'entreprise.

5.1.2.6 Protéger la biodiversité

En 2008, ce sont 3,45 millions d'euros qui ont été engagés via la Fondation d'entreprise Total. Cette fondation soutient des programmes scientifiques liés à la biodiversité marine, des projets de restaurations de territoires et de préservation d'espèces menacées. Ainsi, 170 projets ont été soutenus depuis plus de 17 ans dans 40 pays[53].

5.2 Renault

5.2.1 Stratégie déployée vis-à-vis du développement durable et paradigme économique

Renault a définitivement inscrit le développement durable au sein de ses six principaux axes stratégiques, avec pour objectif stratégique de devenir un des leaders dans la commercialisation de voitures électriques et continuer le développement de ses moteurs thermiques.

Le pôle recherche et développement concentre ses investissements sur des projets stratégiques cruciaux, tels que la voiture électrique, et les performances environnementales de ses moteurs.

Son projet Zéro Emission, véritable politique stratégique visant à réduire ses émissions de CO2, constitue une des forces majeures du Groupe. Pour y parvenir, Renault a signé un accord en 2008 avec la société israélienne Better Place, visant à réduire la dépendance mondiale face au pétrole, en développant des infrastructures destinées aux voitures électriques. Il assurera donc la production de véhicules entièrement électriques, tandis que Better Place se chargera de la construction du réseau de recharge de batterie en Israël, prévu pour 2011.

Ainsi, Renault inclut le développement durable dans sa stratégie de croissance à long terme, en favorisant le développement de futurs modèles électriques, respectueux de l'environnement, et cela grâce à des technologies toujours plus propres. Son paradigme économique est donc la conciliation du secteur automobile à celui de l'écologie.

5.2.2 Analyse détaillée des engagements de Renault

5.2.2.1 Les Droits de l'Homme

Depuis 2001, Renault adhère au Pacte Mondial des Nations Unis de l'O.N.U[54].

Ce pacte énonce dix principes en faveur du développement durable et de la Responsabilité Sociale des Entreprises, s'inspirant de quatre grands textes, dont la Déclaration universelle des droits de l'homme et de la Déclaration relative aux principes et droits fondamentaux au travail de l'Organisation International de Travail. L'ensemble des employés du Groupe est couvert par ce pacte.

5.2.2.2 Ressources humaines

La politique de ressources humaines est centrée sur trois fondamentaux[55]:

  • Développer l'engagement du personnel, en renforçant la prise en compte des employés, la qualité du management et par la mise en place d'un système de valorisation de la performance.
  • Contribuer à la performance du Groupe, par le développement des compétences stratégiques, la conduite d'une politique d'emploi, la formation et de la flexibilité des effectifs.
  • Promouvoir une stratégie sociale, visant à améliorer la cohésion au sein d'un groupe mondial tel que Renault, par le respect de la déclaration des droits sociaux fondamentaux, la promotion de la diversité et de l'égalité des chances, et la préservation de la santé et des conditions de travail. Ces actions permettent d'améliorer la performance sociale. Par exemple, en 2008, 100 % des sites de fabrication de Renault sont certifiés ISO 14001 qui vise à maîtriser les impacts d'une activité, d'un produit ou service sur l'environnement, garantissant ainsi des conditions de travail optimales au personnel.

5.2.2.3 Environnement

La politique environnementale du Groupe Renault est axée sur 5 principes[56]:

  • Préserver la valeur du patrimoine.
  • Supprimer ou réduire les impacts sur l'environnement.
  • Concilier les offres d e produits et de services avec la protection de l'environnement.
  • Mettre en œuvre le management de l'environnement sur l'ensemble de l'entreprise, sur l'ensemble de cycle de vie.
  • Organiser la communication environnementale.

Depuis plusieurs années, l'entreprise applique l'approche par le cycle de vie qui permet de prendre en compte tous les impacts environnementaux d'un véhicule tout au long de sa vie, permettant à un groupe de travailler sur un large éventail de technologies (hybridation, véhicule électrique, piles à combustible) ainsi que sur le potentiel des carburants alternatifs, dont le gaz naturel comprimé (GNC), le gaz de pétrole liquéfié (GPL) et les biocarburants d'aujourd'hui et de demain.

Depuis janvier 2008, l'alliance Renault-Nissan a signé des accords avec certains états ou régions, qui vont permettre la commercialisation massive de véhicules électriques dans ces pays dès 2011.

De plus, Renault-Nissan prend depuis plusieurs années les flux environnementaux et la consommation énergétique dans la phase de fabrication. L'animation de la performance environnementale des sites industriels s'appuie depuis 2008 sur la réduction des impacts environnementaux grâce à la méthodologie des 4R. Les best practices pour Réduire, Réutiliser, Recycler et Récupérer l'énergie ont été identifiées et échangées entre les sites pour limiter les impacts résiduels. Ceci a permis en 2006, à 39 sites industriels, d'obtenir la certification visée par le système de management ISO 14001.

La production d'un véhicule dans un site qualifié ISO 14001 est un de trois critères pour la signature Renault-Nissan eco² lancée en mai 2007, proposant des véhicules écologiques produisant moins de 140g de CO2 et économiquement abordables. Cette signature établit un dialogue entre Renault et les consommateurs, sur le cycle de la voiture et ses trois grandes étapes : la fabrication, l'usage et le recyclage[57].

Ces pratiques ont fortement impacté la performance environnementale du groupe. Le tableau ci-dessous montre que la consommation d'énergie a baissé de 15 % entre 2002 et 2007.

De plus, le management de l'environnement dans les sites industriels a permis sur une période 10 ans jusqu'à aujourd'hui, une réduction de:

  • 61% de la consommation d'eau (m³/véhicule)
  • 64% des déchets générés (kg/véhicule)
  • 34% des COV (composés organiques volatiles (kg/véhicule)), et
  • 47 % des rejets de matières toxiques dans le milieu aquatique.[58]

Renault a donc clairement inclut le pilier environnement du développement durable dans sa stratégie de croissance, et Monsieur Philippe Schulz qui a répondu au questionnaire d'estimer que cette stratégie est aujourd'hui indissociable de l'activité de l'entreprise.

5.2.2.4 Engagement sociétal

Instaurer un véritable dialogue et promouvoir des comportements transparents et loyaux, sont deux principes chers à l'entreprise afin de garantir son engagement sociétal avec ses partenaires. Renault-Nissan est ainsi engagé dans les grands enjeux sociétaux liés à l'automobile.

Depuis 1998, Renault a instauré un Code de déontologie définissant l'ensemble des règles à appliquer vis-à-vis des parties prenantes, afin de prévenir les risques éthiques.

De plus, pour toujours plus de transparence et de progrès, Renault adhère à des normes ou standards internationaux dont l'objectif est aussi de réguler les pratiques sociales et sociétales.

On retrouve l'adhésion:

  • au Pacte Mondiale des Nations Unis (Global Compact) de l'O.N.U.
  • aux Principes directeurs de l'OCDE.
  • à la Déclaration de l'OIT (Organisation International de Travail)
  • à la Global Reporting Initiative (GRI), visant à développer des indicateurs mondialement applicables afin de mieux rendre compte de la performance économique, sociale et environnementale des entreprises cotées.[59]

Enfin, Renault se considère comme un partenaire des pouvoirs publics partout dans le monde et veut être un partenaire actif pour améliorer la sécurité routière.[60]

5.2.2.5 Notation extra-financière par des institutions indépendantes

D'une manière générale, les agences de notation extra-financière estiment que Renault à une performance sociétale très élevée. Leurs analyses témoignent de la sincérité de l'engagement en termes de développement durable de la part de Renault.

  • Vigeo
  • Selon la mesure de la performance environnementale, sociale et de gouvernance de Vigeo de 2008, Renault continue d'être actif sur tous les aspects de la responsabilité sociale de l'entreprise, et reçoit des notations supérieures à la moyenne, confirmant ainsi sa position de leader dans le secteur. Renault est leader sur les aspects Environnement, la Déontologie, et Communauté, et il est un des leaders sur les aspects Ressources Humaines. Cette performance permet à Renault de conserver sa place au sein de l'indice ASPI, composé des 120 sociétés cotées de la zone euro ayant les meilleures performances selon les ratings de Vigeo[61].

  • SAM
  • Renault est intégré dans l'indice Dow Jones Sustainaibility World Index de SAM, une entreprise de services financiers qui conseille les fonds d'investissement dans leurs choix d'investissement, en intégrant des critères économiques, environnementaux et sociaux. Le tableau ci-dessous montre que Renault est largement supérieur à la moyenne du secteur.

[62] Comme nous venons de le voir, Renault est un acteur engagé dans le développement durable, et considère sa prise en compte dans l'exercice de son activité comme une stratégie de croissance à long terme, avec notamment l'apparition de nouveaux modèles de voitures électriques. 5.3 EDF 5.3.1 Stratégie développée en faveur du développement durable et paradigme économique Le paradigme économique du Groupe EDF est de répondre à la croissance des besoins énergétiques dans un souci constant de compétitivité, tout en limitant son impact sur le changement climatique et en considérant la raréfaction des ressources. Pour y parvenir EDF, mise sur plan stratégique décliné en trois axes. * Devenir un leader du renouveau du nucléaire civil dans le monde, car c'est aujourd'hui le seul moyen de production thermique non émetteur de gaz à effets de serre, et plus particulièrement de CO2. * Développer les énergies renouvelables. Etant le premier leader hydraulique européen, l'entreprise entend centrer son développement sur le solaire et l'éolien, à travers sa filiale EDF Energies Nouvelles * Renforcer la position du Groupe en Europe. Pour pouvoir mener a bien les deux axes ci-dessus, EDF doit être présent en Europe de manière importante, d'où un investissement de 14,4Md€ et le rachat de British Energy, devant ainsi le premier producteur d'électricité au Royaume-Uni. 5.3.2 Analyse détaillée des engagements d'EDF En 2008, le groupe s'est lancé dans une politique de développement durable regroupant l'ensemble de ses sociétés, en insistant sur deux piliers du développement durable, l'engagement environnemental et l'environnement sociétal. 5.3.2.1 L'engagement environnemental Un des objectifs majeurs de cet engagement est la réduction des émissions de CO2 dans l'atmosphère. Pour cela, l'entreprise s'implique dans de nombreuses décisions publiques. Ainsi, EDF soutient le Paquet énergie et changement climatique voté au Parlement européen en 2008 visant à limiter ces émissions, et veut faire reconnaître le nucléaire comme un moyen pour y parvenir. Sur l'ensemble de la chaîne de l'électricité, l'entreprise agit et privilégie les énergies bas carbones pour sa production. De cette manière, son mix énergétique varie d'un pays à l'autre mais toujours dans un souci environnemental. En France, 95,8% de la production provient de l'hydraulique et du nucléaire[63]. En Italie et en Europe de l'Est, la production provient du thermique à flamme et du nucléaire. Cela permet à EDF d'émettre 10 fois moins de CO2 que la moyenne des électriciens européens[64]. En 2014, EDF assistera au Rendez-vous, clause qui prévoit un état des lieux national et européen sur les avancées des entreprises du secteur énergétique en matière d'énergies renouvelables, avec un objectif de 20% dans l'Union Européenne. EDF soutient la position du gouvernement français qui souhaite réinstaurer la production d'électricité dans une approche développement durable, à travers le projet de loi Grenelle. Ce soutient se traduira par une modernisation et optimisation des parcs hydroélectriques existant, la construction d'installations à haute qualité environnementale, et la création avec les parties prenantes d'un label de l'hydroélectricité durable. Enfin, en s'alliant avec des entreprises telles que Renault pour le développement de véhicules hybrides et électriques, Edf réalise un pari qui risque de s'avérer très intéressant pour l'entreprise, en terme de retombées économiques. En effet, comme nous l'avons vu plus haut, et suite aux réponses du questionnaire, Renault considère la voiture électrique comme un défi à relever et semble bien parti pour devenir un moyen efficace de substitution progressive des véhicules ne fonctionnant qu'avec du carburant d'origine fossile. EDF inclut donc le pilier environnement dans sa stratégie de croissance à long terme. 5.3.2.2 L'engagement sociétal Un des engagements fort d'EDF est sa prise de position envers ses concitoyens et fournisseurs. Ainsi, l'entreprise s'inscrit dans une démarche responsable, visant à développer une culture éco-responsableet favoriser l'accès à l'énergie à tous, en particulier aux personnes vulnérables. Pour y parvenir, EDF propose des offres adaptées à ses clients, via ses équipes commerciales. En cas de difficultés de paiement, EDF laisse le temps à ces personnes en difficulté de trouver des solutions nécessaires pour régler la situation, et a mis en place un dispositif de solidarité, notamment via un numéro de téléphone où les clients peuvent exposer leurs problèmes. Elle applique aussi le Tarif de première nécessité (TPN), sur l'électricité pour les foyers disposant de moins de 620€ pour une personne seule, représentant en France 715829 bénéficiaires[65]. Un autre axe de sa stratégie est donc la sensibilisation des consommateurs vis-à-vis de la consommation énergétique. Partant du fait que la maîtrise de cette consommation relève grandement des comportements, EDF consacre une part de ses budgets à la communication et à l'information sur l'éco-efficacité énergétique, via le Contrat de service public. Un autre point intéressant concernant son engagement sociétal consiste à amener 12% de ses salariés à contribuer localement à des projets d'intérêt général à l'extérieur[66]. EDF sensibilise donc de manière interactive ses employés au développement durable. 5.3.2.3 Les Ressources Humaines Les ressources humaines occupent une place particulière dans l'entreprise EDF. C'est à travers ce pôle favorisant la RSE que le dialogue social se déploie au sein du Groupe. Ainsi, EDF s'engage à lutter contre les discriminations en favorisant légalité professionnelle entre les sexes et l'insertion des personnes handicapées. Source: EDF, Rapport Développement Durable 2008, p. 47 Source: EDF, Rapport Développement Durable 2008, p. 48 On constate à travers ces tableaux une augmentation de la part des femmes cadres entre 2006 et 2008 de l'ordre de 5,5% et du nombre de travailleurs handicapés embauchés d'environ 263%. 5.4 VINCI 5.4.1 Stratégie développée en faveur du développement durable et paradigme économique Le paradigme économique de Vinci repose sur la continuité du schéma d'action engagé dans ses activités tout en y intégrant le développement durable et ses trois piliers. * Au niveau économique, le Groupe entretient de bonnes pratiques commerciales avec ses clients et fournisseurs dans l'ensemble des pays où il exerce. * Au niveau social, Vinci met en avant la sécurité de ses employés, la gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences (GEPEC) et l'égalité des chances en impliquant les entreprises de travail temporaire ainsi que les sous traitants dans sa démarche responsable. * Au niveau environnemental, Vinci veut responsabiliser l'ensemble des acteurs de la chaîne du nucléaire afin de réduire les impacts environnementaux. 5.4.2 Analyse détaillée des engagements de Vinci 5.4.2.1 L'engagement Social Au niveau social, Vinci s'engage sur plusieurs sujets. Ainsi, au 31 Décembre 2008, malgré la conjoncture économique difficile, ce sont plus de 10000 emplois qui ont étés crées en France[67], témoignant d'une réelle volontéde croissance. L'égalité des chances, doit permettre au groupe de posséder des équipes variées, capables d'effectuer des projets à court, moyens et long terme. En revanche, la part des effectifs féminins ne représentent que 21229 personnes sur 164057 salariés, soit environ 13% de l'effectif total, et 15% pour les cadres, chiffre similaire à celui d'EDF. Le nombre d'employés handicapés est en revanche assez élevé, avec 2634 personnes, auxquelles Vinci attribuent des tâches de plus en plus variées, pour représenter un chiffre d'affaires réalisé de 2,5 millions d'euros en 2008[68]. D'après un audit réalisé par l'entreprise Vigeo en 2008, abordée avec Renault, la situation s'améliore donc en termes de diversité. Voici un extrait[69] de l'audit réalisé par Vigeo. La notation s'effectue sur une échelle de 1 à 4, 4 étant le score le plus élevé. Une note de 2 indique un engagement amorcé et appropriation managériale partielle, assurance de maîtrise des risques de discrimination faible. La flèche indique, elle, une progression. Un autre engagement primordial du groupe est de garantir la sécurité des collaborateurs, avec un objectif: atteindre le zéro accident. Pour cela le groupe a multiplié les heures de formation dédiées à la sécurité par 2,1 en 5ans, permettant une réduction des accidents de 35%[70]. 5.4.2.2 L'engagement environnemental Un axe majeur de cet engagement vise à quantifier les émissions de gaz à effet de serre. Pour cela, en 2007, l'entreprise s'est engagée à respecter la norme internationale ISO 14064, et réalise depuis des bilans CO2, étendus au périmètre mondial. Cela a permis à Vinci de prendre en compte l'ensemble de des émissions générées par ses activités et ainsi prendre des mesures adaptées. Ainsi, des choix d'optimisation des ressources ont étés effectués ainsi que des sessions de formation et de sensibilisation des collaborateurs. Partenaire avec trois prestigieuses écoles d'ingénieurs (Mines Paris, Ponts et Agro), Vinci a signé un accord en 2008, visant à intégrer l'écoconception au coe 36 -------------------------------------------------------------------------------- [1] http://www.lefigaro.fr/tauxetdevises/2008/01/14/04004-20080114ARTFIG00465-l-euro-propulse-la-france-au-e-rang-mondial.php [2]http://www.unep.org/Documents.Multilingual/Default.asp?DocumentID=97&ArticleID=1503&l=fr [3] Les entreprises face aux enjeux du développement durable: éléments d'un débat, sous la direction de annie Najim, Elisabeth Hofmann et Kamala marius-Gnanou, 2003, édition KARTHALA [4] Van Duysen J-C. et Jumel S. (2008), Le développement durable, Editions l'Harmattan, Paris, p.103 [5] Magariños C. A. (2005), Développement économique et réforme des Nations Unies. Proposition dans le contexte des objectifs du Millénaire pour le développement, ONUDI, p.67 [6] Magariños C. A. (2005), Développement économique et réforme des Nations Unies. Proposition dans le contexte des objectifs du Millénaire pour le développement, ONUDI, p.68 [7] Chapitre 1 de la Déclaration de Rio [8] Les Etats-Unis ont signé mais pas ratifié ce traité [9] http://www.adequations.org/spip.php?article517 [10] http://www.actu-environnement.com/ae/news/2011.php4 [11] http://www.journaldunet.com/management/0612/0612164-chat-jean-jacques-rose.shtml [12] http://www.journaldunet.com/management/0612/0612164-chat-jean-jacques-rose.shtml [13] http://www.lefigaro.fr/tauxetdevises/2008/01/14/04004-20080114ARTFIG00465-l-euro-propulse-la-france-au-e-rang-mondial.php [14] Xerfi a citer [15] http://www.sfen.org/fr/industrie/donnee.htm [16] Xerfi [17] Le 20 mars 2010, http://www.boursier.com/vals/FR/vinci-le-groupe-aborde-l-annee-2010-avec-un-carnet-de-commandes-de-24-mdse-news-369206.htm [18] Le 20 mars 2010, http://www.vinci-energies.com/fr/le-groupe/profil/vinci-energies-en-bref/vinci-energies-en-bref/ [19] Le 20 mars 2010, http://www.alstom.com/home/about_us/57865.FR.php?languageId=FR&dir=/home/about_us/ [20] Le 20 mars 2010, http://www.alstom.com/home/news/publications/annual_report_publications/_files/file_43341_975652.pdf [21] [22]http://www.industrie.gouv.fr/sessi/tableau_bord/tbei/graphique.php?graphe=tab.gif&tit=Tableau%20:%20effectifs%20salaries%20par%20grand%20secteur [23]http://www.industrie.gouv.fr/sessi/tableau_bord/tbei/graphique.php?graphe=g9b.gif&tit=Effectifs%20salaries%20directs%20par%20sous-secteur%20energetique [24] http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=T10F041 [25] http://www.ccfa.fr/IMG/pdf/FI5.pdf [26] VARANGU K., PERSHING J., KEPPLER J. (2001), Développement durable: Les grandes questions, p.377 [27] http://www.actu-environnement.com/ae/dossiers/iso14000/iso14001.php4 [28] http://www.manicore.com/documentation/serre/gaz.html [29] http://www.ipcc-nggip.iges.or.jp/public/2006gl/french/pdf/2_Volume2/V2_1_Ch1_Introduction.pdf, p.5 [30] GERIN M. (2002), Solvants industriels, Edition Masson, p.8 [31] Idem ci-dessus [32] http://assembly.coe.int/Documents/WorkingDocs/doc03/FDOC9684.htm [33] http://www.liberation.fr/week-end/010196820-un-accident-rarissime [34] http://www.marees-noires.com/fr/source/accident-de-petrolier/nombre-accidents-petroliers.php [35] http://www.developpementdurable.com/environnement/2009/09/A2879/crau-des-traces-dhydrocarbures-dans-la-nappe-phreatique.html [36] http://www.alertes-meteo.com/catastrophe/pluies-acides.htm [37] http://www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow?sort=-1&cid=96&m=3&catid=13171 [38] http://www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow?sort=-1&cid=96&m=3&catid=13171 [39] http://www.assemblee-nationale.fr/11/dossiers/002257.asp [40] http://www.greenfacts.org/fr/tchernobyl/index.htm [41] http://www.kpmg.fr/FR/Publication/Documents/DD/etude-ifop-dirigeants-dd.pdf, p.18 [42] Rapport Annuel CCFA (Comité des Constructeurs Français d'Automobiles), 2008, p. 2 [43] O. DUBIGEON (2005), Mettre en place le développement durable; Quel processus pour l'entreprise responsable?, 2ème Edition, Editions Village Mondial, p. 128 [44] Rapport Annuel CCFA (Comité des Constructeurs Français d'Automobiles), 2009, p. 144 [45] Rapport annuel Total, Environnement et Société 2008, p. 2 [46] Rapport annuel Total, Environnement et Société 2008, p. 2 [47] Rapport annuel Total, Environnement et Société 2008, p. 16 [48] Rapport annuel Total, Environnement et Société 2008, p. 16 [49] Rapport annuel Total, Environnement et Société 2008, p. 15 [50] Rapport annuel Total, Environnement et Société 2008, interview de C. de Margerie, p. 18 [51] Rapport annuel Total, Environnement et Société 2008, interview de C. de Margerie, p. 18 [52] http://www.ifp.fr/content/download/58051/1271207/file/IFP-Panorama2007_Paris_MichelBenezit-Total.pdf, p. 14 [53] Rapport annuel Total, Environnement et Société 2008, p. 72 [54] http://www.renault.com/fr/groupe/developpement-durable/notations-et-references/Pages/references-internationales.aspx, consulté le 30 mars 2010 [55] Rapport Annuel Renault 2008, p. 42 [56] Renault, Document de Référence 2008, p.103 [57] Renault, Document de référence 2008, p.111 [58] Renault, Rapport Annuel 2008, p. 45 [59] http://www.renault.com/fr/groupe/developpement-durable/notations-et-references/Pages/references-internationales.aspx [60] Renault, Document de référence 2008, p. 123 [61] http://www.admin.renaultcomv5.aw.atosorigin.com/fr/groupe/developpement-durable/notations-et-references/pages/notations.aspx [62] Renault, Document de référence 2008, p.130 [63] EDF, Rapport Développement Durable 2008, p. 14 [64] EDF, Rapport Développement Durable 2008, p. 15 [65] EDF, Rapport Développement Durable 2008, p. 38 [66] EDF, Rapport Développement Durable 2008, p. 41 [67] Vinci, Rapport Annuel 2008, p. 16 [68] Vinci, Rapport Annuel 2008, p. 16 [69] http://www.vigeo.com/csr-rating-agency/images/PDF/Communiquepresse/Francais/vinci_audit_diversite_vigeo.pdf, p2, consulté le 31/03/2010 [70] Vinci, Rapport Annuel 2008, p. 16