Chapitre I: la théorie économique

I.1.La partie théorique:

C'est bien connu en économie comme en philosophie, tout remonte toujours à Aristote. Dans le cas du rapport entre les économistes et l'écologie, cette généalogie parait cependant encore plus forcée qu'à l'accoutumée. Pour deux raisons majeurs. La question du rapport entre l'activité économique et les ressources naturelles s'est certes posée depuis l'émergence des premières sociétés agricoles voila environ douze mille ans. Mais elle ne peut s'envisager dans les mêmes termes avant et après la naissance de l'économie politiques, puis de la science économique, qui s'autonome progressivement à partit des travaux de l'école classique anglaise et surtout du premier âge néoclassique de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. Une rupture fondamentale s'opère alors dans la conception des relations entre la sphère économique et son environnement.

La seconde raison est plus simple encore:la notion d'écologie elle-même n'a été forgé qu'a la fin du XIXe siècle. Il faudra donc logiquement attendre le XXe siècle pour que le dialogue s'engage entre ces deux disciplines qui partagent de nombreux objets: écologie et économie sont - elles étrangères, rivales ou jumelles?

La théorie économique n'a pourtant pas attendre la récente prise de conscience écologique pour se poser la question des relations complexe entre activité économique et ressources naturelles. Bien au contraire, les contraintes du monde physique ont servi de point de départ de l'émergence des problématiques économiques avec des physiocrates dont Turgot (1727-1781) et François Quesnay (1694-1774) furent au milieu du XVIIIe siècle les figures de proue. A leur yeux, seule la terre était en effet capable de donner plus qu'elle ne coute. C'est donc en fait à l'observation du rôle des terres agricoles dans le processus économique que l'on doit les premiers outils de l'analyse économique moderne.

La conscience de l'avarice de la nature et de ù l'état stationnaire» à la quelle elle tend à conduire a donc nourri l'économie politique dés l'origine. Par la suite, la ùdynamique grandiose» de l'école classique anglaise - avec en particulier Adam Smith(1723-1790), David Ricardo(1772-1823) - est restée fondée sur l'hypothèse de la domination de la nature sur l'homme. L'homme ne maitrise pas la nature: il profite de sa fertilité, mais en retour celle-ci lui impose son rythme d'exploitation et sa finitude. Elle ne lui promet comme horizon que l'état stationnaire. Selon les classiques, qui considèrent la productivité agricole comme une donné, la croissance n'est possible que tant que toutes les terres disponibles ne sont pas exploitées. Autrement dit, ce n'est pas l'épuisement des ressources qui conduit à la conclusion mélancolique - ou ùlugubre», pour employer l'expression célèbre de l'historien écossais Thomas Carlyle - des classique, mais la comparaison entre ce que peut offrir la terre et ce qu'ile faut aux hommes pour subsister.

La ùloi» de Thomas Malthus (1766-1834) en est l'expression la plus spectaculaire. C'est en 1798 qu'il publie la première édition de son Essai sur le principe de population. ùQuelles sont les causes qui ont gêné jusqu'à présent le progrès de l'humanité vers le bonheur?» demande l'auteur en ouverture de son pamphlet. Réponse: ùla tendance constante de tout les êtres vivants à accroitre leur espèce au - delà des ressources de nourriture dont ils peuvent disposer.» Malthus considère en effet que les moyens de subsistance ne peuvent ne peuvent progresser que de façon arithmétique, c'est-à-dire linéaire, tandis que la population tend à s'accroitre de façon géométrique, autrement dit exponentielle. Entre ces deux tendances, le choc parait inévitable.

L'œuvre de David Ricardo est profondément marqué par le raisonnement erroné de Malthus, bien que l'histoire ait cessé de le valider au moment même où il était formulé. Mais Ricardo le raffine considérablement en formulant sa théorie de la rente agricole. C'est de la moindre productivité des nouvelles terres mises progressivement en culture, de l'épuisement de leurs rendements sans technologie nouvelle alors que croit la population que va découler ùl'état stationnaire» de l'économie que Ricardo annonce à la fin du chapitre V des Principes de l'économie politique. Ce ùdéclinisme» économique, que l'on retrouvera chez John Stuart Mill, sera transporté plus tard aux questions énergétiques par Stanley Jevons (1835-1882), qui dénonce la dépendance excessive de l'économie britannique à l'égard d'un charbon bon marché mais épuisable dans The Coal Question(1865).

C'est pourtant l'école marginale, à laquelle Jevons appartient - avec le Polonais Carl Menger (1840-1921) et le Français Léon Walras (1834-1910), qui va libérer l'économie de ses racines terrestres en annonçant la possibilité d'une croissance perpétuelle. Témoins de l'industrialisation rapide du XIXe siècle, la terre n'apparait plus à ces auteurs comme un facteur limitatif: il suffit que le capital augmente au même rythme que la population pour que la production continue à augmenter aussi. Et aucune fatalité n'empêche le capital de croitre.

Exit donc l'état stationnaire des classiques. Ce qui demeure cependant stationnaire chez les néoclassiques, c'est le revenu par tête (le niveau de vie), car si la production augmente comme la population, la production par tête reste inchangé.

Il faudra toutefois attendre l'année 1920 et 1930 pour qu'un cadre analytique soit donné à l'intuition des marginalistes. Mais c'est aussi à ce moment - là que l'incidence des activités économiques humaines sur les ressources épuisables et l'environnement commencera à trouver ses fondements analytiques dans les travaux de l'économiste américain Harold Hotteling(1895-1973). Celui - ci formulera en 1931 un théorème à propos de l'exploitation des ressources non renouvelables. L'anglais Franck Ramsey (1903-1930) jettera en 1928 les bases du calcul des taux d'actualisation et surtout son compatriote Arthur Cecil Pigou (1877-1959) proposera en 1920 d'utiliser l'instrument fiscal pour modifier les comportements économiques.

Au début du XXe siècle, la science économique a donc déjà intégré la question de la rareté des ressources et celle de la fragilité écologique du monde de développement capitaliste. Mais a ce stade, ces limites la confronte d'avantage qu'elles ne l'inquiètent. Le raisonnement néoclassique va ainsi installer pour long temps l'idée que la croissance du revenu national peut être un processus indéfini alimenté par la croissance de la population et celle du stock de capital. Dans l'esprit des néoclassiques, il suffit que la population épargne pour financer l'investissement c'est-à-dire que le stock de capital augmente pour que soit fait échec à la loi des rendements décroissants. Dans le domaine industriel, la production peur être multiplié par deux si l'on double le nombre des hommes et des machines: la production augmente alors proportionnellement à la population, mais le niveau de vie, lui, stagne toujours.

Le facteur limitatif n'est donc plus, comme pour les classiques, la terre - la révolution industrielle et la fin des famines ont montré qu'elle était capable de nourrir un nombre croissant d'habitants sans explosion des prix agricoles et de la rente foncière - mais la population. L'économie tendrait vers un état ùrégulier» où le taux de croissance est égale à celui de la population et où, donc, le revenu par habitant stagne.

Dans les années 1950, l'économiste américain Robert Solow (né en 1924) bousculera à son tour ce schéma en démontrant que le progrès peut être aussi un facteur d'agrandissement de la force de travail effective. Les niveaux de vie peuvent dés lors connaitre une croissance indéfinie. En sommes, parce qu'elle s'est affranchie de la terre comme facteur limitatif, la croissance néoclassique est en fait perpétuelle tant que la croissance de la population et/ ou du progrès technique augmente.

Cette illusion se dissipe à la lumière de deux séries de limites écologiques fondamentales que l'on peut lui opposer. Le premier problème, de plus en plus apparent par exemple dans le champ de l'économie du changement climatique, tient à ce que l'économie de l'environnement telle que les auteurs néoclassiques la pratiquent n'explicite pas ou pas assez ses fondements éthique s. Ce que de nombreux économistes exposent comme des résultats objectifs, souvent repris ensuite sans réserve dans le débat public, repose en fait non pas sur des hypothèses économiques, mais sur des choix philosophiques, voire politiques. Ainsi, les très vifs désaccords ayant entouré la publication du rapport présenté par l'économiste britannique Nicolas Stern en 2006 reposaient -ils principalement sur le choix, dans les modèles de la simulation du climat et de ses dommages, du taux d'actualisation retenu par ce rapport. C'est-à-dire de la valeur accordée dans le présent au bien - être des générations futures et des plus démunis.

La deuxième série de limites est interne à la théorie économique elle - même. Elle renvoie à ses difficultés, voire à son inaptitude foncière, à traiter de manière satisfaisante de l'incertitude et de l'irréversibilité.

L'économie se présente en effet volontiers comme un science de la mesure et de la prévision raisonnée.

Or, si le risque écologique est quantifiable, l'incertitude écologique ne l'est pas. De la même manière, les théories les plus sophistiquées de la croissance ont encore beaucoup de difficultés à intégrer véritablement la nature comme facteur limitatif.

Les économistes néoclassiques misent en effet fondamentalement sur la capacité technologique de l'humanité à substituer indéfiniment au capital naturel détruit du capital reproductible. Ce pari repose sur l'idée que rien n'est vraiment irréversible dans les conséquences du développement humain, croyance que la perceptive, aujourd'hui hélas crédible, de la disparition massive de la biodiversité invalide par exemple. L'économie de l'environnement s'avère utile et même indispensable pour appréhender de nombreuses questions telle que la fiscalité du carbone, mais elle s'est au fond trop peu renouvelée depuis un siècle pour prétendre proposer une réponse convaincante à la question essentielle du développement humain, celle de sa durabilité.

Et pourtant le terme même d'écologie est né en référence à l'économie.

C'est comme une entité intégrée et autonome que le biologiste et philosophe allemand Ernst Haeckel (1834-1919) conçoit le monde naturel quand il utilise, en1869, le radical grec oikos, qui signifie ùfoyer», pour définir l'écologie, science des relations entre les organismes vivants et leur environnement organique et inorganique. Mais l'écologie échappera à son concepteur comme à son modèle pour devenir une discipline qui englobe plutôt qu'elle ne procède des sciences sociales et, en tant que telle, les appelle à se redéfinir.

Très peu d'économistes ont jusqu'à présent répondu à cet appel. Cette idée qu'il convient de dépasser l'économie de l'environnement traditionnelle pour s'approcher de ce qui est aujourd'hui connu sous le nom d'économie écologique trouve son origine dans le deuxième âge du mouvement écologiste aux Etat - Unis, celui qui, dans les années 1960 et 1970, succède au ùconservationnisme» qui avait culminé avec la création des premiers parcs naturels nationaux dans les années 1870 et 1880.

C'est sous l'impulsion des membres de l'association Ressources for the futur, fondée en 1952 par William paley (1901-1990), premier think tank exclusivement consacré aux questions environnementales, et de quelques esprits libres et vagabonds tels que l'économiste américain d'origine roumaine Nicholas Georgescu Roegen (1906-1994), l'Anglos - Américain Kenneth Boulding (1910-1993) ou encore l'Américain Herman Daly (né en 1934), que la nature sera rapatriée dans le raisonnement économique sur un mode autre qu'instrumental. L'économie de l'environnement ne peut en effet être étudiée comme l'économie du travail, l'économie de la monnaie ou celle de la finance. L'environnement change la nature même de l'économie.

L'économie écologique se définit ainsi simplement comme l'étude conjointe des systèmes naturels et des systèmes humains. Elle vise donc à dépasser à la fois l'économie de l'environnement et l'écologie entendue au sens original comme science d'un monde naturel clos sur lui - même. Un de ces auteurs les plus influents et les plus prolifiques est l'Américain Richard Norgaard. Cette nouvelle discipline possède depuis deux décennies sa propre société savante et sa revue transdisciplinaire. Et elle a produit de nombreux travaux originaux et rigoureux traitant de la coévolution sociale et naturelle, de l'équité intergénérationnelle, de la valorisation des écosystèmes ou encore des indicateurs de soutenabilité

Le précurseur:

Dès le 19ème siècle, le suédois Svante Arrhénius, attire l'attention sur le fait que l'homme est en train de modifier la composition de l'atmosphère en gaz carbonique à travers l'utilisation du charbon. A partir d'un calcul relativement simple, il estime que notre planète devrait se réchauffer de 5°C d'ici la fin du 20ème siècle... Mais ce n'est qu'à partir des années 1970 que ce problème de l'action potentielle des activités humaines sur le climat devient l'objet de l'attention des scientifiques.

Les modélisateurs:

Les modélisateurs en prennent d'abord conscience. Les années après la seconde guerre mondiale voient l'apparition des premiers calculateurs, alors bien rudimentaires. La prévision du temps est l'un des domaines explorés à partir de modèles fondés sur un système d'équations physiques qui permettent de décrire le mouvement de l'atmosphère et le cycle de l'eau depuis l'évaporation à la surface des océans jusqu'à la formation des précipitations. Développés en vue d'applications en météorologie, science qui s'intéresse à la prédiction des perturbations dont on ne peut suivre l'évolution individuelle que sur quelques jours, ces modèles sont alors utilisés sur des échelles climatiques, celle du mois et au-delà. Dans ce cas, les prévisions portent sur des valeurs moyennes et non plus sur le suivi de perturbations individuelles. Les premières expériences conduites dans les années 1960 permettent de vérifier que ces modèles sont aptes à simuler les grandes caractéristiques du climat.

Les climatologues:

Mais les climatologues s'intéressent très vite à la capacité de ces modèles à rendre compte de climats différents de celui dans lequel nous vivons actuellement. Les expériences réalisées au cours des années 1970 examinent le cas du doublement de la teneur en gaz carbonique. Elles confirment qu'une telle modification se traduirait par un réchauffement significatif. Ces résultats sont pris au sérieux et motivent réunions scientifiques et rapports d'experts dont un publié en 1979 à l'initiative de la NSF (la Fondation Nationale des Sciences aux Etats-Unis) aux conclusions déjà très bien documentées. Mais c'est au cours de la décennie suivante que s'opère la véritable prise de conscience non seulement au sein de la communauté scientifique mais bien au-delà, à mesure que l'ampleur des conséquences de ce changement climatique, tant écologiques qu'économiques, commence à être cernée.

I.2.La prise de conscience:

Les problèmes écologiques se succèdent, mais ne se ressemblent pas tous. On a appris à mieux comprendre les problèmes écologiques et à agir avec une certaine efficacité sur eux. La qualité de l'eau et de l'air s'est nettement améliorée ; les grandes villes sont, grâce à une révolution sanitaire, beaucoup plus salubres qu'il y a cent ans ; la couche d'ozone est en voie d'être restaurée grâce à des ententes internationales et des changements technologiques. Cependant, d'autres problèmes écologiques d'envergure, comme les changements climatiques et le déclin de la biodiversité, font naître la controverse et l'entretiennent.

Le débat public mondial sur les changements climatiques a suivi une trajectoire un peu particulière. Contrairement à d'autres problèmes d'environnement, les changements climatiques ne frappent pas encore et apparaissent pour plusieurs comme un produit de modèles numériques bien imparfaits.

Le problème est venu à la conscience des scientifiques au cours du XIXe siècle. Le mathématicien français Fourier émet, presque qu'au début de la Révolution industrielle, l'hypothèse d'un réchauffement climatique causé par les rejets dans l'atmosphère de gaz issus de la production industrielle. D'autres vont explorer plus à fond cette hypothèse : de manière quelque peu irrégulière, des informations vont affluer et le problème sera de mieux en mieux défini. On s'est aussi posé la question de savoir si le réchauffement climatique était une bonne affaire pour l'humanité. Certains, comme Arrhenius, l'ont pensé, du moins pour ce qui concerne les pays nordiques, qui verront, dans un climat plus chaud, les saisons de culture s'allonger.

Il faut attendre la fin du 19éme siècle pour voir apparaitre les premières interrogations sur les changements climatiques alors que l'effet de serre comme mécanisme essentiel de vie sur la planète a été mis en lumière dés 1824 à travers les travaux des mathématiciens français Fourrier.

En 1986, le chimiste suédois Svante Arrhenius (1859-1927), dans sa ùthéorie de la serre chaude» est le premier à poser l'hypothèse d'une influence du CO2 dans le réchauffement du climat. En 1903, il lance le débat sur la modification humaine du cycle du carbone et le renforcement de l'effet de serre liant celui-ci à l'utilisation des combustibles fossiles. Cependant, partageant l'optimisme de l'époque pour l'industrialisation, cet accroissement de l'effet de serre dû à l'homme ne l'inquiétait pas vraiment.

Dés 1957, le docteur Charles David Keeling, climatologue américain, commence à effectuer des mesures systématiques de la teneur de l'atmosphère en gaz carbonique et ne tarde pas à mettre en lumière une hausse constante de la concentration.

La décennie 1970 voit une multiplication des études sur le sujet. La première conférence internationale sur le climat à Genève en 1979 organisée par l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et l'international Council of Scientist Union (ICSU) met sur pied un Programme climatologique mondial pour étudier le phénomène de réchauffement. A cette époque, celui-ci n'est pas encore perçu comme dangereux pur l'avenir de la planète malgré les conclusions alarmantes des quelque scientifiques.

A Villach en Autriche, en 1985, les experts aboutissent au consensus suivant: le résultat de l'accroissement des gaz à effet de serre dans l'atmosphère pourrait avoir comme conséquence une augmentation de la température moyenne de la terre dans des proportions jamais auparavant enregistrées.

La mise en évidence du ù trou » dans la couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique, la même année, ne connaîtra pas le même sort. Pour la première fois, on se rend compte que l'action de l'homme n'engendre pas uniquement des pollutions locales mais que celle-ci peut affecter l'équilibre de la planète entière. Rapidement des mesures favorisant la diminution puis l'interdiction complète des Chlorofluorocarbones (CFC), gaz responsables du ù trou » de la couche d'ozone, vont être prises. Ces mesures fortes ont permis à ce problème d'être aujourd'hui en bonne voie de résolution.

Fin des années 80, l'étude des carottes de glaces prélevées en Antarctique (à Vostok) montre une corrélation entre les variations de températures de l'air et la teneur atmosphérique en gaz à effet de serre.

Le sondage montre également que la température moyenne de la terre n'a jamais varié de plus de 4°C entre les périodes de glaciation et les épisodes de réchauffement ; les prévisions sur le réchauffement global actuel dépassent largement cette variation.

Jusqu'au début des années 80, la mobilisation autour du dossier du changement climatique était quasi exclusivement le fait des scientifiques. Petit à petit cependant nait au sein de l'opinion publique une série de groupes d'intérêts qui vont faire en sorte que la problématique des changements climatiques ne soit plus exclusivement l'affaire des scientifiques mais devienne une préoccupation sociale et économique.

L'Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) ont joué un rôle important. En créant, en 1988, le Groupement Intergouvernemental 'Experts sur l'évolution du Climat(GIEC) ces deux organisations vont permettre un rapprochement entre la sphère scientifique et la sphère politique et un fameux avancement dans la reconnaissance du caractère international de la question climatique. Au fil des rapports, le GIEC va devenir la référence scientifique en la matière, malgré les controverses (voir plus loin), et petit à petit confirmer la responsabilité de l'Homme dans le phénomène ainsi que la menace que celui-ci représente pour notre planète.

Le Sommet de la Terre à Rio en 1992 marque ainsi la première véritable action politique intergouvernementale avec la signature de la Convention sur la diversité biologique et l'adoption par 188 Etats de la convention cadre de Nations Unies sur les changements climatiques. Cette convention reconnaît dès lors deux principes : celui de stabiliser la concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère et celui d'une responsabilité différenciée entre pays industrialisés et pays en développement dans l'accroissement de l'effet de serre.

     Cinq ans plus tard, lors du sommet de Kyoto sur les changements climatiques, deuxième événement, 158 Etats adoptent le protocole du même nom. Celui-ci prévoit une réduction globale de 5%de gaz à effet de serre par rapport à leur niveau de 1990 pour l'horizon 2008-2012. une réduction cependant bien en deçà de ce que recommandaient déjà les scientifiques en 1988 lors de la conférence de Toronto. Par ailleurs, le protocole instaure également des obligations de résultats chiffrées pour les pays industrialisés et crée pour ces derniers le principe d'échange de tonnes équivalent CO2.

     Il fallut attendre 7ans, le 16 février 2005, pour voir entrer en vigueur le protocole de Kyoto pour les 128 pays qui l'ont finalement ratifié et se sont ainsi obligés à agir. La chine, les Etats Unis et l'Australie sont les grands absents du protocole et figurent parmi les plus grands émetteurs de GES au niveau mondial.

I.3Les sept plais d'une planète durable:

Depuis le milieu des années 1990, le réchauffement climatique occupe le premier rang des inquiétudes concernant l'environnement. A juste titre: c'est un phénomène d'ores et déjà observable, dont les conséquences futures sont potentiellement dramatiques.de plus, la question ne peut avoir de solution que mondiale. Mais menace environnementale d'envergure susceptible de mettre en cause la survie de notre espèce.

Certaines paraissent en cours de règlement, comme le trou observé dans la couche d'ozone à partir de la fin des années 1970. Le processus entamé en1987 avec le protocole de Montréal a en effet mené al' interdiction progressive des CFC(chlorofluorocarbures) responsables de ce phénomène. En dépit de ce succès reconstitution de la couche 1980 n'est attendue qu'autour des années2060-2075! d'autres questions tout aussi préoccupantes ne font cependant pas l'objet d'une action d'envergure suffisante:que l'on songe aux dégâts du productivisme agricole, à la pénurie croissante d'eau potable, à l'épuisement de la vie dans les reptation, à la destruction de la biodiversité ou encore à la dissémination de produits toxiques, de métaux lourds et de polluants organiques persistants notamment ...La faible mobilisation sur ces phénomènes poudrant cruciaux s'explique souvent par l'absence d'un consensus à la fois politique et scientifique sur leur ampleur et leurs conséquences.

Exactement ce qu'a su aider à construire au niveau mondial le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat. Le Giec a en effet joué un rôle de premier plan dans l'accouchement du protocole de Kyoto. Il manque encore, un Giec des océans, un Giec de l'eau....

I.3.1Le changement climatique s'accélère:

En l'espace d'une décennie, la réalité du changement climatique a quasiment cessé de faire polémique. Sans doute l'augmentation des tempêtes et d'autre événements atypiques ont -ils nourri cette prise de conscience:le nombre des cyclones les plus intenses a en effet presque doublé au cours des trente-cinq dernières.

Selon le dernier rapport du Giec, publié en 2007, onze des douze années qui séparent 1995de 2006 figurent parmi les douze années les chaudes observées depuis 1850.La température a augmenté en moyenne de 0.7degré au cours du XX siècle, tandis que le niveau des mers gagné 1,8 millimètre par an depuis 1993 sous l'effet de la fonte des glaciers et de la banquise polaire.

L'activité cyclonique est, quant à elle, devenue plus intense dans l'Atlantique Nord, alors que le rédime des précipitations changeait dans de nombreuses parties du globe, entrainant une progression des sécheresses.

LA responsabilité des activités humaines dans ce phénomène - ce qu'on appelle son caractère anthropique fait de moins en moins de doute. L'exposions des émissions de gaz à effet de serre depuis la évolution industrielle (+70%rien que depuis les années 1970) a amené une concentration de ces gaz dans l'atmosphère inédite depuis des centaines de milliers d'années. La source principale de ces émissions a été le recours croissant aux énergies fossiles: charbon, pétrole et gaz. Et dans une moindre mesure le changement d'affection des sols (déforestation,agriculture....)

Au train où vont les choses, si aucune action dramatique pour les limiter n'est mise en œuvre, ces émissions continues ont de croître au cours des prochaines décennies de 25% à90% entre 2000et 2030,selon les dernières scénarios du Giec. La température mondiale pourrait alors augmenter en moyenne d'ici à2100 entre +1,8 C et 4C par rapport à1980-1990. Le niveau de la mer s'élèverait al ordre de 18à59 centimètres.

A long terme, cela pourrait entraîner la migration de millions de personnes, car aujourd'hui, 60% de la population mondiale vit à moins de cent mètres des côtes. Canicules, tempêtes, inondations et sécheresses devraient également se multiplier.Les populations de l'hémisphère Sud, en particulier celles du continent africain, devraient être les plus touchées par les conséquences du réchauffement, alors qu'elles n'en sont que très peu la cause, font elles justement remarquer. Elles devraient en supporter en particulier les conséquences les plus graves du point de vue de la santé, comme l'aggravation des effets de la malnutrition ou la migration d'organismes porteurs de maladies graves.

Le réchauffement devrait également soumettre les écosystèmes à rude épreuve, alors que ceux-ci sont souvent déjà très éprouvés par les activités humaines.Avec des risques de réactions en chaîne: les scientifiques s'interrogent en particulier sur le seuil à partir duquel les puits de carbone de la planète, au premier rang desquels les forêts, qui absorber le CO2 se dissout, se transformeront en émetteurs nets de carbone avec l'élévation des températures.

Même une baise importante des émissions de gaz à effet de serre ne suffirait pas à stopper le processus en cours, en raison de la durée de vie des gaz dans l'atmosphère, qui s'étale sur plusieurs décennies. Selon le scénario le plus optimiste du Giec, il serait possible de contenir le réchauffement à2,4C d'ici à2100 à condition que les émissions de gaz à effet de serre dues à l'homme plafonnent d'ici à 2015, avant de décroître. Limiter à deux degrés le réchauffement, c'est l'objectif que s'est fixé la communauté internationale avant le sommet de Copenhague.

I.3.2- Le productivisme agricole en butée:

Nourrir 9,2 milliards d'humains en 2050 est le défi qui se pose à l'agriculture mondiale. Un tel défi rend nécessaire d'accroître la production alimentaire mondiale de 40%d'ici à 2030 et de 70%d'ici à 2050, selon l'Organisation des Nations Unies four l'alimentation et l'agriculture stagnent depuis des années et que le modèle d'agriculture productiviste qui s'est imposé dans la majeure partie du monde montre ses limites.

L'usage des sols à des fins d'alimentation a en effet été très disputé par l'urbanisation incontrôlée, mais aussi de plus en plus par l'essor des agro carburants:même s'ils restent à des nivaux marginaux au niveau mondial, ils absorbent déjà plus du quart de la production de céréales aux Etats- Unis. Par ailleurs, après avoir augmenté continuellement depuis l'après-guerre, les rendements des cultures ont commencé a stagner au début des années 1990 tant dans les pays industrialisés que dans les pays du Sud, où une ùrévolution verte» avait été lancé pour répondre à l'augmentation de la population. Les causes de cette stagnation des terres liées à une irrigation excessive, carence en nutriment causées par l'intensification, ou premiers effets du changement climatique.

Dans certaines régions du monde, la dégradation des sols est particulièrement avancée. Ainsi, seuls 12%des terres du contient latino-américain n'ont pas perdu en fertilité, tandis que l'Afrique concentre un quart des terres affectées par la salinisation dans li monde. Les méthodes qui ont prévalu jusqu'à ce jour pour améliorez la fertilité des terres ne peuvent plus fournir de des solutions durables: l'irrigation gaspilleuse d'eau bute sur la rareté croissante de la ressource (voir ci-après),tandis que le recours massif aux engrais a entraîné une pollution dangereuse à la fois pour la santé humaine et pour les écosystèmes.

I.3.3-la pénurie d'eau s'aggrave:

A peu prés partout dans le monde,l'intégrité des écosystèmes aquatiques se dégrade, réduisant leur capacité à produire de l'eau douce potable. cette capacité et réduite du fait des ponctions excessives réalisées dans le cadre des activités humaines sur les eaux de surfaces comme dans les nappes phréatiques.

Mais aussi à cause de leur pollution, et de plus en raison, de précipitations réduites et d'une évaporation accrue liées au changement climatique. Dans de nombreuses parties du monde, comme en Asie de l'Ouest, dans la plaine du Gange en Inde, en Chine du Nord ou sur les hauts plateaux d'Amérique du Sud, la consommation d'eau dépasse déjà la capacité des ressources à se régénérer.

La situation est particulièrement tendue en Asie, qui abrite 58% de la population mondiales avec seulement un tiers des ressources en eau de la planète. L'avenir s'annonce plus difficile encore: d'ici à 2025, les prélèvements d'eau devraient encore augmenter de 50% dans les pays en développement et de 18% dans le pays développés. A cette date, environ 1,8 milliard de personnes dans le monde devraient vivre dans des pays ou des régions connaissant des pénuries d'eau, tandis que les deux tiers de la population mondiale seront sous conditions de stress hydrique.

L'agriculture représente de 30 % à 80% de l'eau consommée selon les pays; elle est la première responsable de l'exploitation excessive des eaux souterraines, utilisées essentiellement à des fins d'irrigation. Pourtant, 70% de l'eau disponible sur la planète est retenue en surface et accessible aux plantes et une meilleure gestion des terres et de l'eau permettrait d'éviter une partie des ces poncions. Une urgence, alors que la production agricole nécessaire pour réduire la faim dans le monde devrait imposer de doubler les qualités d'eau utilisées par l'agriculture d'ici à 2050. L'agriculture est aussi la première source de pollution des ressources en eau, par le biais des engrais et des déchets issus de l'élevage. Les rejets en nitrates des engrais et les métaux lourds contenus dans le lisier de porc contaminent les rivières, les nappes phréatiques et les eaux côtières.

L'autre source majeure de pollution des eaux, c'est le rejet des eaux usées domestique et industrielles. En Asie, 70% de la population vit dans des bidonvilles, sans installation sanitaires appropriées. Sur l'ensemble du continent latino-américain, seul 14% des eaux usées sont retraitées. Les conséquences de la pollution des eaux sur la santé humaine sont légion: maladies gastro-intestinales, diarrhées, choléra, vers solitaire...; trois million de personnes meurent dans chaque année à cause d'une insalubre. Une pollution qui a également des effets destructeurs sur les écosystèmes, en particulier au large des côtes où les rejets d'aux usées domestiques et industrielles et les résidus d'engrais agricoles génèrent un phénomène d'eutrophisation. De gigantesques zones mortes ont ainsi fait leur apparition, comme dans le golfe du Mexique ou en mer Baltique, d'où la vie marine disparaît totalement.

I.3.4- Les ressources halieutiques épuisées:

Six décennies de pèche industrielle ont porté l'exploitation des mers et des océans à des niveaux insoutenables. Alors que le monde prélevait 13 millions de tonnes de poissons des milieux marins en 1950, ses ponctions atteignent désormais chaque année 70 millions de tonnes. Signe de l'épuisement de ces écosystèmes, les prises stagnent depuis les années 1980. Les trois quarts des stocks de poissons du monde sériant aujourd'hui exploités au maximum de leurs capacités, et bien souvent au-delà: en témoigne l'effondrement soudain de certaines pêcheries multiséculaires, à l'instar de cette de la morue au large de terre-neuve dans les années 1990.

Les populations de grand prédateurs, comme le thon ou le cabillaud, sont aujourd'hui largement décimées et la pêche se tourne désormais vers des espace jugées moins nobles, parce que situées à un maillions inférieur de la chaîne alimentaire. Malgré de nombreux signes alarmants, cette surexploitation ne faiblit pas. De plus en plus consommé dans les pays du Nord comme dans ceux du Sud (particulièrement en Chine), le poisson occupe en effet une place importante dans les régimes alimentaires: il représente ainsi aujourd'hui 20 % de l'apport moyen de protéines pour 1.5 milliard de personnes dans le monde. Il est aussi devenu un enjeu croissant dans le commerce international.

D'où l'inflation de subventions publiques qui ont irrigué le secteur au cours des dernières et créé une flotte de bateaux de pêche nettement sur capacitaire: on estime que la flotte mondiale de bateaux de pèche possède actuellement une capacité 2,5 fois supérieure à ce que l'océan peut << produire >> de manière durable. Au-delà des quantités excessives prélevées, la pêche s'apparente souvent à une opération de destruction massive en raison des techniques employées. La plus utilisée de toutes, le chalut, ramasse toutes les espèces sans faire de détail et ravage les fonds marins dont il détruit il détruit la flore. Cette absence de discrimination explique que le même en dehors de la pèche illégale (qui n'a pas disparu), les espèces théoriquement protégées comme les baleines, les dauphins ou les tortues connaissent toujours une mortalité importante. Le développement impressionnant de l'aqua

I.3.5- La déforestation progresse toujours

La situation mondiale des forets est contrastée. Le déclin historique de la couverture forestière observé dans la zone tempérées s'est inversé à la fin du XXe siècle et celle-ci a gagné 30000 km entre 1990 et 2005.A l'inverse, dans les tropiques, la déforestation, qui a démarré beaucoup plus tard, a continué pendant la même période au rythme annuel de 130 00 km. le bilan global est donc lourdement négatif.

L'Amérique latine, qui représente un quart de la couverture forestière mondiale, est en train de la perdre rapidement: 66 % des surfaces de foret disparues entre 2000 et 2005 sont situées sur ce continent. Les programmes de contrôle on néanmoins permit ces dernières années d'y ralentir le rythme de déforestation, notamment en Amazonie ou elle à été réduite de moitié entre 2004 et 2006. L'Afrique est quant à elle le continent qui commuait le taux de déforestation le plus rapide au monde. La région perd 40000 km, soit 0,62 % des ses forêts chaque année (contre une moyenne de 0,18 % dans le monde), même si ce rythme de destruction ralentit lui aussi depuis 2000.

Le commerce international du bois, l'urbanisation anarchique et la conversion en terres cultivées ou en pâturage pour l'élevage restent les principales causes des ce phénomène. L'amplitude et la fréquence croissantes des feux de foret, notamment en Europe, sont un autre phénomène inquiétant. Les forêts sont des puits de carbone naturels: comme les océans, elles absorbent le CO2 contenus dans l'atmosphère et le stockent.

La lutte contre la déforestation est donc un enjeu important pour limiter le réchauffement climatique, en particulier dans les zones tropicales ou les forets sont les plus gourmandes en CO2 A l'échelle mondiale, la déforestation serait actuellement responsable de 20 ù des émissions de gaz à effet de serre. L'autre raison de sauvegarder les forêts de l'intervention humaine, c'est leur caractère essentiel pour la préservation de la biodiversité: à elle seule, L'Amazonie représenterait 50 % de la biodiversité mondial

I.3.6- La biodiversité compromise:

C'est un fait peu connu, mais une majorité de biologistes considèrent que Terre avance à grands pas vers la sixième crise d'extinction massive des espèces de son histoire. Un événement comparable à l'extinction des dinosaures, à la nuance prés que, cette fois l'homme qui est responsable de cette catastrophe. Concrètement, le taux d'extinction d'espèces est estimé entre cent et mille fois plus élevé à l'heure actuelle que ce que l'on a connu jusqu'ici au cours de l'évolution de la vie sur terre.

Chaque année,entre 17000 et 100000 espèces disparaitraient de la planète. L'homme en est directement responsable, en particulier par la fragmentation des habitats, l'exploitation directe des espèces ou encore la destruction des écosystèmes les abritant. Le réchauffement climatique menace d'accélérer ce mouvement: le Giec observe ainsi que si le réchauffement moyen de la planète excède 1,5 à 2,5°C par rapport à la période 1980-1999, le risque d'extinction de 20 % à 30 % des espèces connues serait << probablement accru >>. Que la planète se réchauffe de plus de 3,5 °C et ce sont alors 40 % à 70 % des espèces qui pourraient disparaître.

La préservation de la biodiversité n'est pas seulement un souci pour les amis de la faune et de la flore. Elle est la condition même de la vie de l'Homme sur la Terre. L'alimentation humaine repose pour une partie importante sur le bon fonctionnement des écosystèmes. Sans parler du rôle joué par les océans, plus de 70 % des cultures, dont presque tous les arbres fruitiers, les légumes, les oléagineux, le protéagineux, les épices, les café ou le cacao - soit 35 % du tonnage de ce que nous mangeons - dépendent fortement ou totalement d'une pollinisation animale.

D'où l'inquiétude légitime que la disparition des abeilles peut susciter. Autre exemple: la destruction des écosystèmes côtiers comme les mangroves, au profit d'installation touristiques ou de fermes d'aquaculture, ont non seulement souvent tari les moyens de subsistance des communautés locales, mais elles ont augmenté la vulnérabilité aux inondations et aux événements climatique extrêmes. Ainsi, dans le cas de l'ouragan Katarina qui a dévasté.

La Nouvelle-Orléans en août 2005, comme lors du tsunami qui submergé l'Asie du Sud en décembre 2004,les conséquences en ont été accrues du fait des altérations opérées par les humains aux zones côtières.

Par ailleurs, l'agriculture productiviste mondialisée engendre une homogénéisation génétique croissante des variétés de plants cultivées.Or, l'utilité de la diversité n'est plus à prouver: en1970, 85% du maïs cultivé aux Etats-Unis étant quasiment homogène, les récoltes furent décimées par un champignon particulier auquel cette variété était très vulnérable. Enfin, outre le fait qu'elle est encore la source essentielle des médecines utilisées par les populations des pays en développement, la biodiversité occupe également une part croissante dans la pharmacopée moderne: en 2002-2003,80% des nouveaux produits pharmaceutiques étaient issus de produits naturels.

7-Des produits toxiques de plus en plus disséminés:

Les courants marins ou atmosphériques transportent très loin de leur lieu d'émission les produits toxiques, lesquels imprègnent les écosystèmes. de plus, ils sont souvent difficilement à éliminer et ils s'accumulent dans la chaine alimentaire . Toxique à faible dose, ils comportent des effets cancérigènes, altèrent la fertilité et perturbent les systèmes nerveux, immunitaire ou endocrinien. Ce sont notamment les POP (pour polluants organiques persistants), comme l'insecticide DDT ou les dioxines produites par l'incinération des déches et de l'industrie métallurgique, ou bien encore les métaux lourds, comme le mercure l'arsenic ou le plomb.

En raison de leur situation dans la circulation des courants atmosphérique et océaniques, les zones polaires sont des lieux d'accumulation privilégiés de ces polluants, outils menacent la chaine alimentaire traditionnelle et la santé de la population locale. l'utilisation des produits toxiques a cependant régressé dans les pays riches au cours des cément de la législation environnementale. l'essence au plomb ou le DDT ont ainsi été interdits.

Mais ce renforcement de la contrainte environnementale dans les pays riches peut paradoxalement avoir des effets négatifs dans le reste du monde?qui accueille de plus polluantes dont le nord ne veut plus. 90% des déchets électroniques mondiaux finissent ainsi au Bangladesh, en Chine,en Inde, au Myanmar ou au Pakistan:leur recyclage expose notamment les populations locales à des métaux aussi dangereux que le mercure?le plomb ou le cadmium.

I.4.Notion de développement durable:

Si le terme de ùdéveloppement durable» est récent, certaines idées liée a cette notion ont été évoquées par de nombreuse personnes. Le chef indien Seattle, a traduit l'idée de la préservation de la terre en ces termes: ù Nous n'héritons pas la terre de nos ancêtres, nous l'empruntons seulement à nos enfants».

En 1970, le Club de Rome publie le rapport ùHalte à la croissance», dans lequel les auteurs évoquent la forte croissance économique des pays riches et l'accroissement de la population que connait le monde. Les conséquences de ce phénomène sont l'épuisement des ressources naturelles et l'augmentation des pollutions. Le rapport suggère à la fois de tendre vers une croissance nulle dans les pays industrialisés et de limiter l'accroissement de la population. Ces positions sont vivement critiquées, mais elles permettent d'alimenter un débat sur les liens entre développement économique et protection de l'environnement, et in fine sur les idées que véhicule en développement plus durable.

Chapitre II: les changements climatiques:

Introduction:

Un changement climatique correspond à une modification durable (de la décennie au million d'années) des paramètres statistiques (paramètres moyens, variabilité) du climat global de la Terre ou de ses divers climats régionaux. Ces changements peuvent être dus à des processus intrinsèques à la Terre, à des influences extérieures[1] ou, plus récemment, aux activités humaines.

Le changement climatique anthropique est l'évolution du climat venant s'ajouter à ses variations naturelles, qui est attribuée aux émissions de gaz à effet de serre engendrées par les activités humaines, et altérant la composition de l'atmosphère de la planète[2].

La réalité du changement climatique fait aujourd'hui consensus au sein de la communauté scientifique : les émissions de gaz à effet de serre (GES), dues principalement à l'utilisation massive d'énergies fossiles et à la déforestation, sont à l'origine des perturbations observées et à venir du système climatique. Bien que de nombreuses incertitudes demeurent sur la rapidité, l'amplitude et la répartition géographique du changement climatique, il est estimé que ses conséquences auront des impacts majeurs sur nos sociétés, en bouleversant les écosystèmes, la répartition de la population, la disponibilité des ressources naturelles et nos modes de vie. Le rapport Stern, publié en 2006, estime qu'en cas d'inaction, les conséquences du changement climatique seront dramatiques pour l'économie mondiale, qui subirait une récession semblable à celle observée pendant la seconde guerre mondiale.

I.1 le réchauffement climatique:

Au niveau mondial, la température moyenne a augmenté d'environ 0,5 degré Celsius depuis le début du siècle. Le climat de la terre évolue, avec des températures qui augmentent à une vitesse encore jamais atteinte depuis l'avènement des sociétés humaines modernes. Alors que certains changements climatiques historiques étaient dus à des causes ou à des variations naturelles, les types de modifications et le caractère marqué des tendances qui ont émergé lors des récentes décennies indiquent que l'influence de l'homme, notamment à travers l'augmentation des émissions de gaz carbonique et autres gaz à effets de serre, est devenu désormais le facteur dominant.

ùLa perturbation du climat est déjà à l'œuvre aujourd'hui. Ceux qu'elle frappe en premier et le plus fort sont les pays les plus pauvres, ceux dans lesquels les gens sont les plus vulnérables,» déclare Stéphanie Tunmore, responsable de campagne Climat de Greenpeace, présente en Argentine.

ùLa priorité est maintenant de contenir l'ampleur des changements climatiques. Ne pas dépasser un réchauffement planétaire moyen de 2°C par rapport aux températures préindustrielles doit devenir l'objectif de la communauté internationale. Maintenir le réchauffement climatique à un niveau supportable nécessite des réductions rapides et radicales des émissions des pays industrialisés d'ici la moitié de ce siècle. Nous ne pouvons pas passer sept ans de plus à pinailler alors que le climat commence à changer et pourrait s'emballer si nous n'agissons pas» ajoute Laetitia De Marez, chargée de la campagne Climat pour Greenpeace.

D'où on peut affirmé que les changements climatiques menacent des millions de personnes: d'où il faut agir, il n'y a plus de temps à perdre!

L'absence d'action pour la préservation du climat entraînerait un coût humain exorbitant. Or, la communauté internationale se trouve actuellement dans un contexte propice au progrès de la négociation depuis la récente ratification du Protocole de Kyoto par la Russie, garantissant son entrée en vigueur au début de l'année prochaine. A l'heure actuelle, 129 états ont ratifié ce traité et parmi les pays industrialisés, seuls l'Australie et les Etats-Unis, responsables du quart des émissions mondiales de carbone, s'y refusent.

Greenpeace demande donc à tous les participants à la COP 10 de prendre sérieusement leurs responsabilités vis-à-vis de ces enjeux. Ces derniers doivent absolument commencer à préparer le terrain pour entraîner rapidement des réductions des émissions de gaz à effet de serre urgentes et drastiques. Réductions nécessaires et indispensables pour préserver le climat et sauver les millions de personnes actuellement menacées par les politiques énergétiques actuelles.

I.1.1. Le réchauffement climatique en Arctique:

Les changements climatiques sont particulièrement sensibles en Arctique. Dans cette région, les températures moyennes ont augmenté à une vitesse presque double qu'ailleurs dans le monde durant les dernières décennies. La fonte généralisée des glaciers et de la glace de mer, ainsi que l'augmentation des températures du pergélisol témoignent également d'un réchauffement prononcé de l'Arctique. Ces manifestations sont les premiers signes de l'importance environnementale et sociétale du réchauffement global.

On s'attend à ce que cette accélération des tendances climatiques actuelles se poursuive pendant ce siècle, en raison de l'accumulation des gaz à effets de serre dans l'atmosphère. Bien que ces gaz ne soient pas essentiellement émis dans les régions arctiques, on s'attend à ce qu'ils provoquent des changements importants dans ces régions.

En retour, ces modifications de l'environnement arctique auront un impact à l'échelle de la planète entière. Pour cette raison, l'enjeu de ce qui se passe sous ces hautes latitudes nord concerne l'ensemble des peuples. Les processus climatiques uniques de l'Arctique, par exemple, ont des effets significatifs sur le climat local et mondial. L'Arctique fournit également au reste du monde des ressources importantes (telles que pétrole, gaz et poissons) qui seront affectées par le changement climatique, et la fonte des glaciers est l'un des facteurs qui contribue à l'élévation du niveau de la mer partout autour du globe.

On pense également que le changement climatique aura des impacts majeurs au sein de l'Arctique même, certain se manifestant déjà. La réduction de la glace de mer, par exemple, aura très probablement un effet dévastateur sur les ours polaires, les phoques, et les populations humaines qui dépendent de ces animaux pour se nourrir. Inversement, la diminution des surfaces marines englacées facilitera vraisemblablement l'accès aux ressources de ces régions en les ouvrant à la navigation et en permettant l'exploitation en mer des réserves pétrolières (bien que cette activité puisse être compromise au début par l'augmentation des mouvements de la glace dans certaines régions). Le problème peut se compliquer ensuite par l'augmentation possible des accidents propres à la navigation marine et à l'extraction du pétrole en mer qui pourraient menacer les habitats marins et affecter de manière négative la santé et les styles de vie traditionnels des populations locales.

D'autres problèmes potentiels sont prévisibles tels qu'une augmentation des perturbations des forêts, feux, pullulations d'insectes ravageurs, qui pourraient réduire les bénéfices attendus.

I.1.2 Les conséquence du réchauffement climatique:

Le réchauffement climatique provoquera une importante fonte de glaciers polaires et alpins ainsi qu'une hausse du niveau de la mer pouvant atteindre jusqu'à 95 centimètres d'ici la fin du 21ième siècle.

Cette hausse, induite par la fonte de glaciers mais surtout par simple expansion thermique de l'eau réchauffée, rendrait particulièrement vulnérable aux inondations les basses terres côtières où plus de 50% des habitants de cette planète vivent.

De plus, si on y ajoute les prévisions de croissance démographique pour ces régions côtières très convoitées par une majorité de gens, il est bien possible que la hausse du niveau de la mer soit l'un des plus grand danger induit par des changements climatiques.

Quant à elle, la fonte des glaciers alpins aura des impacts majeurs pour certaines localités qui en dépendent fortement pour leur industrie touristique, pour l'accès à des ressources en eau, pour la biodiversité et l'environnement, etc.

Ce qui est probablement la deuxième plus grande menace induite par les changements climatiques a déjà été fortement médiatisée au cours des 10 dernières années.

La hausse appréhendée de certains types d'événements météorologiques extrêmes au potentiel de produire des impacts dont l'ampleur peut être aussi catastrophique que spectaculaire. Bien que la science actuelle ne peut permettre de confirmer clairement si les changements climatiques apporteront bel et bien une augmentation dans la fréquence des ouragans ou des tempêtes majeures, une augmentation dans le nombre d'orages violents ou de vagues de chaleur, il demeure néanmoins qu'un réchauffement de l'atmosphère induira des changements dans la distribution des événements météorologiques. Une hausse des températures quotidiennes moyennes apportera une hausse dans le nombre de journées avec des températures maximales considérées ù très chaudes ».

En bref, le scénario offert indique que notre capacité de s'adapter aux températures froides deviendra sous-exploitée alors que notre capacité de s'adapter aux températures chaudes sera sérieusement mise au défi. D'ailleurs, c'est lorsque notre climat fluctue de façon extrême qu'il fait généralement la manchette.

En fait, depuis quelques années, les climatologues aiment bien dire qu'en matière de climatologie, le passé n'est plus garant du futur comme il l'était autrefois. Les changements climatiques apporteront des modifications dans de nombreuses statistiques climatiques, modifications que nous n'avons pas tenu en compte dans nos façons de faire au cours des dernières années.

Conséquences humaines

Outre l'augmentation des catastrophes naturelles, les rendements agricoles pourraient être modifiés et les zones de présence des vecteurs de maladies comme le choléra ou le paludisme pourraient s'élargir. De nombreuses populations en croissance qui vivent dans des zones tropicales pourraient en particulier être affectées par le changement climatique. D'autres populations pourraient être déplacées suite à la montée des eaux. Des peuples pourraient avoir leur mode de vie modifié comme ces Inuits de Kuujjuaq (nord du Canada) dont le maire, Larry Watt, a commandé des climatiseurs en juin2006 après que la température eut atteint 31°C!

Conséquences économiques

Les calculs de l'impact économique du réchauffement climatique sont très difficiles à effectuer. Certains économistes parlent d'un coût de deux euros par tonne de carbone, tandis que d'autres évoquent 50euros. Parmi les chiffres avancés, on estime que le réchauffement climatique pourrait coûter jusqu'à 1 point de croissance. On notera que les banques, les assurances, les agriculteurs et les pays en voie de développement sont les plus exposés. En fonction de l'adaptation de l'économie, des organisations politiques et d'éventuelles révolutions technologiques déclenchées par le changement climatique, il n'est toutefois pas interdit d'être plus optimiste.

Quelques conséquences positives

Déjà, le réchauffement climatique commence à pousser les gouvernements à s'entendre pour lutter contre un problème qui les concerne tous, ce qui en soi est assez inédit. Le réchauffement climatique et les problèmes liés à l'énergie ont également tendance à accélérer la prise de conscience individuelle et politique de l'impact de l'activité humaine sur l'environnement. Ils incitent au développement de solutions technologiques innovantes. D'autres conséquences plus ponctuelles prévues sont:

  • une plus faible mortalité hivernale dans les zones tempérées,
  • une augmentation de la production de bois,
  • une hausse des rendements agricoles dans les zones tempérées,
  • un accroissement des ressources en eau dans certaines zonessèches proches des tropiques,
  • une baisse des consommations d'énergie pour se chauffer (mais une augmentation de celles nécessaires à la climatisation).

De plus on estime qu'un réchauffement planétaire moyen de deux degrés Celsius aurait pour effet:

D'accroître les risques de famine pour des millions de personnes, les problèmes de paludisme pour des centaines de millions d'autres, d'accroître les risques d'inondation pour des millions de personnes et les risques de pénurie d'eau pour des milliards d'autres. -Les dommages seront principalement subis par les pays en développement et les populations les plus pauvres, en particulier en Afrique sub-saharienne, en Asie du Sud, et dans certaines zones d'Asie du Sud-est et d'Amérique latine.

L'accélération de la fonte des glaciers risque d'entraîner une hausse du niveau moyens des mers de plusieurs mètres en quelques siècles. Les inlandsis du Groenland dont la fonte entraînerait une montée des mers de 7 mètres et les plate-formes glaciaires de l'ouest de l'Antarctique (5 à 7 mètres d'élévation du niveau des mers) sont particulièrement menacés. Au Groenland, la fonte se précipite. On a également observé une forte accélération de la fonte, actuellement en cours, sur toute une partie de l'ouest de l'Antarctique, qui pourrait présager l'effondrement de cette partie de la frange glaciaire qui entoure et protège ce continent.

La hausse du niveau des mers résultante menacera des nombreuses populations dans le monde, en particulier dans les régions proches du niveau de la mer de pays en développement comme le Bangladesh, le sud de la Chine, le Delta du Nil en Egypte dans les Etats insulaires du monde entier, sans oublier les ùplats pays» (Belgique, Pays-Bas, Allemagne du Nord-Ouest) et le sud-est du Royaume-Uni.

Les grands écosystèmes, des Tropiques aux régions de l'Arctique et de l'Antarctique, sont en danger. La déforestation et la disparition d'espèces aura des répercussions sur la vie de tous et toutes, mais ceux qui en subiront le plus lourdement les conséquences économiques seront les pays en développement et les populations les plus pauvres.

Les famines, les pénuries d'eau et les risques d'épidémies se multiplient avec la hausse des températures, même dans une situation de croissance économique et d'accroissement de la richesse.

II.1.3.Les conséquences du RC en Arctique:

Le réchauffement en Arctique et ses conséquences ont des répercussions à l'échelle planétaire.

La fonte des surfaces de neige ou de glace, très réfléchissantes, met à jour des territoires plus foncés ou des surfaces marines, ce qui augmente l'absorption de la chaleur solaire et, en conséquence, le réchauffement de la planète.

L'augmentation de la fonte glaciaire et celle des eaux charriées par les rivières conduisent à accroître les quantités d'eau douce parvenant aux océans, augmentant le niveau de la mer et, peut-être aussi, ralentissant la circulation océanique qui draine les eaux chaudes tropicales vers les pôles, ce qui affecterait encore plus le climat local et global.

Le réchauffement altère très vraisemblablement les processus de libération et de stockage des gaz à effets de serre par les sols, la végétation et les milieux marins côtiers.

Les impacts des changements climatiques auront des effets également sur la biodiversité tout autour du monde, car plusieurs espèces migratrices dépendent de l'Arctique pour se nourrir et se reproduire.

II.1.4. Faits et projections économiques:

The Economist soutenait que la meilleure stratégie est de continuer de développer la prospérité et la technologie de manière à être mieux équipés pour affronter le réchauffement climatique. Avec une économie 300% plus forte qu'elle ne l'est actuellement en 2095, elle serait plus en mesure de faire face aux coûts du changement climatique. (Dotto, 2001)

Dans le même ordre d'idée, R.J. Eaton, PDG de Chrysler, avance que ù97% du CO2 provient de sources naturelles et les autos ne contribuent que pour un huitième de la faible partie de CO2 attribuable aux humains» (Ibid).

Dans son rapport de 700 pages remis au gouvernement britannique, le rapport Stern, l'ex-économiste de la banque mondiale Nicholas Stern parle de coûts allant jusqu'à 7000 milliards de dollars si les gouvernements ne prennent pas de mesures radicales au cours des dix prochaines années, ce qui représente un coût plus élevé que les deux grandes guerres mondiales et que la crise économique de 1929.

De plus, son rapport parle de plus de 200 millions de réfugiés victimes de sécheresse et d'inondations par année (Stern, 2006). La FAO abonde dans le même sens. Celle-ci mentionne le fait que 65 pays en développement comptabilisant la moitié de la population, subiraient des pertes de 280 millions de tonnes, soit 16% du PIB agricole et 56 milliards de pertes, sous l'effet des changements climatiques (FAO, 2005). La Chine est une des rares bénéficiaires de la situation, avec une augmentation de 15% de sa production céréalière pour 360 millions de tonnes de plus. (Ibid) Selon L'OCDE, les pays en développement sont les grands perdants de cette conjoncture, avec des pertes de l'ordre de 57 à 121 milliards, comparativement à des pertes oscillant entre 13,5 et 17,6 milliards de dollars pour les pays développés (Dotto, 2001). Le World Watch Institute est aussi très pessimiste, il estime qu'en 2025, 40% de la population mondiale pourraient vivre des épisodes de stress hydrique (Ibid). La ségrégation sur le plan territorial est donc très forte et les différents pays ne seront pas touchés à parts égales par le réchauffement. Cette situation, pourrait dégénérer en conflit armé car des ressources en eau sont indispensables, tandis que les sources d'eaux douces pourraient être mises à rudes épreuves à certains endroits de la terre.

L'approche pessimiste

Le protocole de Kyoto est la plus grande réalisation en matière de négociation sur le climat, à ce jour et ce même si les mesures prises sont largement dépourvues d'impact. En effet, seulement 37 pays industrialisés ont ratifié le protocole et accepté d'émettre 5,2% moins qu'en 1990. Cependant, c'est plutôt une baisse de l'ordre de 40 à 60% qui serait nécessaire pour stabiliser le climat (Barrette, 2006). De nombreux grands acteurs sont absents du protocole, faisant en sorte que Kyoto a une portée très limitée. De plus, les pays qui ont ratifié Kyoto risquent de voir certaines entreprises se délocaliser pour ne pas avoir à subir les contraintes liées au protocole.

L'approche optimiste

Néanmoins, la prise de conscience est plus grande et les initiatives individuelles et gouvernementales commencent à être plus nombreuses.

Certains états ont leur propre mécanisme de lutte, comme la Californie, qui s'engage à réduire les émissions provenant des voitures de 30% à échéance 2016 (Duval, 2005). Neuf états du nord-est ont aussi un système de permis d'émission proche de celui de l'Europe. Ce même système en Europe a vu des transactions de l'ordre de 1,37 milliard d'euros pour 90 millions de quotas transigés dans les six premiers mois de 2005 (Commission européenne, 2005). Ce système a aussi l'avantage de créer de l'emploi, a induit de nouveaux marchés et plus important encore, il a mis le poids de la pollution sur les épaules des entreprises et non sur celui des individus

II.2 l'effet de serre et l'émission du carbone:

II.2.1. l'effet de serre:

On sait que l'atmosphère de la Terre laisse passer la lumière du soleil qui réchauffe la surface du globe. La chaleur qui s'élève de la surface est en partie absorbée par les gaz et la vapeur d'eau présents dans l'atmosphère - on appelle ce processus naturel ùeffet de serre». En l'absence de gaz à effet de serre (dioxyde de carbone (CO2), méthane (CH4) et oxyde nitreux (N2O)), la plus grande partie de la chaleur pénétrant dans l'atmosphère terrestre serait directement réémise dans l'espace, et la température moyenne de la Terre serait de -18 °C au lieu de 15 °C (figure 1). Au cours des 10 000 dernières années, la quantité de ces gaz à effet de serre présents dans notre atmosphère est demeurée relativement constante et a permis à la Terre de conserver un climat relativement stable.

La concentration de ces gaz a commencé à grimper avec l'avènement de l'industrialisation, la hausse de la demande en énergie, la croissance démographique et les changements dans l'utilisation du territoire. L'expérience, qui a donc débuté avec l'industrialisation, consiste donc à maintenir l'augmentation dans la concentration atmosphérique de gaz à effet de serre en brûlant d'énorme quantité de combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel qui génère d'importante quantité de CO2) et en poursuivant la déforestation (la forêt débarrasse l'atmosphère de CO2). L'accroissement des concentrations de gaz à effet de serre accentue l'effet de serre naturel et fait monter la température moyenne de la surface du globe. Ce réchauffement de la planète cause des changements climatiques pour l'ensemble des paramètres du climat car il déclenche une modification des circulations atmosphériques et des autres sous-systèmes du système climatiqu.

II.2.1.1.L'augmentation de l'effet de serre

Le problème ne vient donc pas de l'effet de serre en soi, mais de l'augmentation de l'effet de serre. En effet, on a constaté depuis la révolution industrielle une augmentation des concentrations atmosphériques en CO2 et CH4 liée à la croissance de la population mondiale, au développement associé de l'agriculture et des industries, et notamment à l'utilisation des combustibles fossiles pour produire suffisamment d'énergie. Or, des scientifiques (des glaciologues comme Claude Lorius ou Jérôme Chapelez) ont mis en évidence dans les climats passés, la forte corrélation des concentrations en CO2 et CH4 et de la température. Ainsi, si ces concentrations augmentent, il y a fort à parier que la température de la planète augmentera en conséquence. Il semblerait même que cette augmentation ait déjà été observée. En effet, le problème n'est pas aussi simple, car la terre a cette capacité de ùs'auto-réguler», et il existe de nombreux phénomènes appelés ùrétroactions» qui vont à l'opposé des prédictions. Entre autres, les aérosols, dont une bonne proportion est d'origine humaine, refroidissent la planète. Autre exemple, une augmentation de température générera une plus forte évaporation de l'eau. Cette eau se décondensera en nuages dans l'atmosphère, qui renverront dans l'espace une partie du rayonnement solaire grâce à leur surface blanche, et qui donneront des pluies qui rafraîchiront la terre.

II.2.2. Le CO2 atmosphérique, partie intégrante du cycle du Carbone:

Sans vouloir négliger l'importance des autres gaz à effet de serre, nous centrerons la discussion sur le gaz carbonique non seulement parce que sa contribution à l'effet de serre additionnel est de loin la plus importante (60%) mais aussi à cause de son temps de résidence très long dans l'atmosphère. Ceci implique que la maîtrise de l'évolution de cet effet de serre additionnel passe obligatoirement par un contrôle des émissions de gaz carbonique. Cette maîtrise est inscrite dans la CCNUCC qui stipule que ùl'objectif est de stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique. Il conviendra d'atteindre ce niveau dans un délai convenable pour que les écosystèmes puissent s'adapter naturellement aux changements, que la production alimentaire ne soit pas menacée et que le développement économique puisse se poursuivre d'une manière durable».

L'augmentation de la teneur en gaz carbonique dans l'atmosphère n'est que le reflet d'une perturbation beaucoup plus importante, qui affecte l'ensemble du fonctionnement de la planète Terre. Le carbone est en effet contenu dans chacun des compartiments de l'environnement terrestre: atmosphère, océan, biosphère, Terre interne.

Dans l'atmosphère, on le trouve essentiellement sous forme de gaz carbonique. Sur les continents, on le trouve en profondeur dans les combustibles fossiles, et en surface dans la végétation et la matière organique des sols. Dans les océans, il est principalement sous forme de carbonates, en particulier dans le principal réservoir de carbone que constitue l'océan profond. Tous ces compartiments sont en équilibre entre eux grâce à des flux d'échanges permanents, comme par exemple la respiration et la photosynthèse entre l'atmosphère et la biosphère, les échanges gazeux entre l'atmosphère et les océans, ou l'assimilation du carbone par les microorganismes dans l'océan.

II.2.2.1Emission du carbone et activité humaines:

Aujourd'hui l'homme induit à son tour un tel déséquilibre par les sources d'émission additionnelles qu'il contribue à créer: combustion des carburants fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel), émissions dues au pratiques agricoles, déforestation qui diminue la capacité de la végétation à piéger le gaz carbonique contenu dans l'atmosphère. Certes, cette perturbation due aux activités humaines reste relativement faible en termes de flux d'échange, puisqu'elle correspond à l'émission annuelle de 7 milliards de tonnes (GtC) de carbone vers l'atmosphère, dont la plus grande part (6 GtC) est liée à la combustion des carburants fossiles. En effet, les flux d'échange naturels se chiffrent à l'équilibre en dizaine de milliards de tonnes. Mais cette amplitude est suffisante pour modifier les concentrations atmosphériques et surtout, sa rapidité est inquiétante. Même si une partie (2.0±0.8 GtC) est absorbée par les océans, une autre, (1.9±1.9 GTC) par la végétation et les sols, ce sont en moyenne plus de 3 GtC de carbone qui, chaque année, s'accumulent dans l'atmosphère.

Mais beaucoup reste à faire pour que l'objectif de stabilisation visé par la CCNUCC puisse un jour être atteint. Pour s'en convaincre adressons nous non pas aux économistes mais aux spécialistes du cycle du carbone. Pour que la concentration de gaz carbonique se stabilise, il faut que les émissions soient contrebalancées par les puits océanique et biosphérique. Ce que confirment les modèles. Quelle que soit que la concentration visée, il faut qu'à un moment donné dans le futur, les émissions annuelles redescendent en- dessous de leur valeur actuelle pour atteindre des valeurs de 2 à 3 GtC, voire moins.

II.3. La lutte contre les changements climatiques:

II.3.1.La lutte contre l'effet de serre: (l'ecotaxe):

En termes économiques, les émissions de GES sont une externalité négative : elles sont un sous-produit préjudiciable au reste de la société de certaines activités économiques. Tant qu'aucune mesure politique n'est prise pour réguler ces émissions, elles ne peuvent entrer dans les anticipations des acteurs économiques. Le fait de leur donner un prix permet d'ùinternaliser» leur coût dans les comportements des acteurs et de surmonter la ùdéfaillance de marché» (l'absence de cadre économique rendant compte des GES) dont procèdent les émissions incontrôlées. On peut nier que si un acteur réduit ses émissions de GES, tous les autres en bénéficieront (ùnon rivalité»: la consommation de ce bien par un acteur ne réduit pas sa disponibilité pour un autre acteur); au contraire, si un acteur accroît ses émissions de GES, tous les autres en subiront les conséquences (personne ne peut se soustraire aux conditions climatiques bonnes ou mauvaises). La protection du climat est par conséquent un ùbien public pur» [Samuelson, 1954], qui ne peut être produit que dans un cadre coopératif et global, impliquant l'ensemble de l'humanité. Des actions unilatérales n'auraient qu'un impact très limité.

D'où on peut inciter les acteurs à réduire leur émissions, en imposant une taxe, on parle alors de ùrégulation par les prix», une idée avancée par l'économiste Arthur Pigou dès le début du XXe siècle. La Commission Européenne avait proposé une telle taxe en 1991 lorsqu'elle proposa que les combustibles fossiles soient taxés à hauteur de 10$ par équivalent baril (de pétrole). Ce type de taxe, aussi appelé ùtaxe pigouvienne», est efficace à condition d'être établi à un niveau équivalent au coût marginal rencontré par un acteur lorsqu'il réduit ses émissions. Toutefois, dans la mesure où il est très difficile pour les régulateurs d'obtenir des informations fiables sur les coûts d'abattement (réduction d'émissions) marginaux des acteurs, il est rarement possible d'établir un taux économiquement efficient pour les taxes pigouviennes.

En 1968, l'économiste canadien Dales propose de réguler la pollution ùpar les quantités» en imposant aux acteurs des quotas d'émissions correspondant à un nombre limité de permis qu'ils sont ensuite autorisés à échanger sur un marché.

Non seulement ce système de marché(marché de permis) garantit l'intégrité environnementale du système en établissant un plafond d'émissions, mais il offre en plus de la flexibilité aux acteurs pour choisir comment parvenir à leurs objectifs de réduction d'émissions. Ils peuvent choisir de réduire leurs propres émissions ou d'acheter des permis à d'autres acteurs en fonction de l'option qui apparaîtra la plus rentable. Le premier marché de permis d'émission est instauré aux Etats-Unis en 1995 pour lutter contre les pluies acides liées aux émissions de dioxyde de soufre des centrales électriques. Ce programme ùAcid Rain» est obligatoire et sa mise en œuvre est entièrement centralisée au niveau de l'Agence américaine de Protection de l'Environnement (Environmental Protection Agency).

En théorie, en régime de concurrence parfaite, marché et taxe sont équivalents pour réguler une externalité négative. Weitzman a démontré en 1974 que la taxe est préférable lorsque les dommages varient peu en fonction des quantités abattues avec des coûts d'abattement élevés [Weitzman, 1974]. C'est le cas avec le climat puisque l'impact des GES est plus lié au stock accumulé dans l'atmosphère qu'aux flux d'émissions. Toutefois, l'importance du coût des dommages de long terme, combinée avec la disponibilité croissante de nouvelles technologies [Stern, 2007], et surtout les problèmes d'acceptabilité de la taxe par rapport aux marchés de permis.

On estime que la stabilisation des concentrations atmosphériques de CO2 entre 450 et 550 ppm (parties par million) d'ici 2050 devrait permettre de limiter les impacts négatifs du changement climatique. Ces efforts représentent une réduction des émissions de 25 % par rapport aux niveaux actuels. Mais une réduction de 80 % sera nécessaire à long terme [Groupement Intergouvernemental des Experts du Climat]

II.3.2.le Mécanisme pour un Développement Propre (MDP):

Un pays de l'Annexe B, ou un porteur de projet basé dans un pays de l'Annexe B, peut obtenir des Unités de Réduction Certifiée des Emissions (URCE). Elles correspondent aux émissions évitées par des projets de réduction d'émissions financés dans des pays hors Annexe B. Les projets MDP entraînent une création nette d'unités de réduction qui contribuent à la liquidité du marché et facilitent la mise en conformité des acteurs à moindre coût. Ces projets permettent de favoriser les investissements des pays industrialisés vers les pays en développement et le transfert de technologies peu émettrices. Ils doivent être approuvés et enregistrés par le secrétariat de la CCNUCC.

Les projets de MOC ont lieu entre deux pays de l'Annexe B du Protocole de Kyoto. Ils génèrent des Unités de Réduction d'Emission (URE) de GES. Il n'y a pas création mais transfert d'unités de réduction d'un pays à un autre.

II.3.3. l'adaptation:

L'adaptation aux changements climatiques ou aux dérèglements climatiques est la stratégie par la quelle des individus, entreprises, associations, collectivités, etc s'organisent, par des mesures adaptées, pour faire face à l'évolution actuelle du climat et pour anticiper les effets des dérèglements climatiques sur l'environnement et donc sur l'économie, la société, la santé et la vie quotidienne. Cette adaptation est rendue difficile par les marges d'incertitudes et les difficultés à appliquer le principe de précaution dans l'aménagement du territoire. Tout ce qui suit reste bien sûr au niveau théorique dans la mesure où il n'y a aucune certitude sur l'évolution future du climat ni sur la réalité des conséquences décrites dont aucune n'a jusqu'ici été constatée.

L'adaptation est complémentaire de la mitigation car, même si les Etats réduisent leurs émissions, les GES déjà présents dans l'atmosphère continueront à influencer les températures à la hausse. Il faut donc chercher et mettre en œuvre des stratégies face aux conséquences inévitables du changement climatique : risque accru de manque d'eau et de nourriture, d'inondations, de développement de maladies comme la malaria et d'extinctions d'espèces.

L'adaptation nécessite des changements dans les comportements (utilisation de l'eau, agriculture...), les infrastructures et les politiques (gestion des nouveaux risques). Les nouveaux choix de techniques (défenses contre la mer, amélioration des systèmes de prévision...) et de gestion des ressources naturelles impliqueront aussi bien l'échelon communautaire que national et international. L'Europe insiste dans son livre vert que l'adaptation est nécessaire, mais ne doit pas faire oublier l'atténuation (mitigation pour les anglophones), car plus le réchauffement sera important, ùplus les coûts de l'adaptation monteront en flèche. Voilà pourquoi l'atténuation est une nécessité impérieuse pour la communauté internationale.».

L'atténuation consiste à limiter la vitesse d'augmentation des taux de gaz à effet de serre dans l'air, en maîtrisant mieux des gaspillages énergétiques, en substituant des énergies nouvelles aux énergies fossiles et en stockant du carbone.

ùl'ajustement des systèmes naturels ou humains en réponse à des stimuli climatiques présents ou futurs ou à leurs effets, afin d'atténuer les effets néfastes ou d'exploiter des opportunités bénéfiques».

L'atténuation consiste à mettre en place des programmes de développement durable. Pour les états, ce sont des stratégies nationales de développement durable, pour les collectivités, des agendas 21, et pour les entreprises, des programmes de responsabilité sociétale des entreprises.

L'adaptation consiste à rendre les systèmes ou territoires moins vulnérables aux dérèglements climatiques, au travers d'actions diminuant les impacts effectifs du changement climatique, ou améliorant les capacités de réponse des sociétés.

Il s'agit en particulier de se préparer à mieux ou moins subir une augmentation et une aggravation de la fréquence d'aléas tels que sécheresses, canicules, augmentation des moyennes de température nocturne, tempêtes, fortes pluies, montée du niveau des mers, raréfaction des ressources en eau douce Incendies de forêts régression et dégradation des sols, désertification, salinisation, coulées de boues développement de maladies émergentes, et progression d'espèces invasives, chutes de productivité agricole, ou pertes importantes de récoltes, etc.

De nombreuses stratégies d'adaptation sont possibles et complémentaires dont par exemple:

Stratégie d'adaptation ùà petits pas», c'est-à-dire au fur-et-à-mesure de la concrétisation d'aléas climatiques, ou au contraire via des grands projets ou lois-cadres imposant une adaptation de l'aménagement et de la gestion du territoire à ces nouveaux risques.

Stratégies intégrant des éléments de Résilience écologique, économique, sociale, sanitaire..., mise en place d'outils de gestion du risque, d'assurance.., mise en place d'outils de gestion des ressources (espace, eau, halieutique, ligneuse, etc), mise en place de solidarités territoriales, ces solidarités sont rapidement aujourd'hui limitée.

Cultures tolérant la sécheresse ou le sel (ex: pré salés),

Gestion forestière restaurant les conditions d'une meilleure résilience face aux tempêtes, maladies, parasites et incendies,

II.3.3.1. Le changement climatique, l'économie mondiale et le FMI:

Le changement climatique et les mesures visant à en atténuer les effets auront des incidences potentiellement lourdes sur la stabilité économique et financière du monde. Il pourrait entraîner une forte réduction de la production et de la productivité mondiales, notamment dans l'agriculture, la pêche et le tourisme, et provoquer une série d'évènements catastrophiques.

Les mesures destinées à contenir les effets du changement climatique pèseront aussi sur l'économie mondiale, la nécessaire réduction des émissions de gaz à effet de serre exigeant d'importants investissements dans les énergies propres ainsi que des mesures de dissuasion des activités polluantes. Conformément à son mandat, l'action du FMI porte sur les défis macroéconomiques, budgétaires et financiers inhérents au changement climatique et sur les politiques y afférentes.

La maîtrise du changement climatique est devenue l'un des enjeux primordiaux de politique internationale. Le FMI contribue à la compréhension des retombées macroéconomiques, budgétaires et financières du changement climatique et des politiques y afférentes, mais pas aux politiques d'atténuation de ses effets à proprement parler, ceci conformément à son mandat et à son domaine de compétence. L'action du FMI en matière de changement climatique répond essentiellement à la demande et privilégie les prestations de conseil aux pays membres dans lesquels le changement climatique peut avoir un impact significatif sur la stabilité économique et financière.

Le FMI s'emploie aussi à faciliter la maîtrise des questions complexes de conception et de coordination des politiques budgétaires qui ne manqueront pas d'être soulevées dans le cadre de la négociation de l'accord qui fera suite au Protocole de Kyoto, lors de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique prévue en décembre 2009.

Les Perspectives de l'économie mondiale du printemps 2008 consacrent un chapitre au changement climatique et à l'économie mondiale, qui présente les problèmes macro-économiques posés par ce phénomène et les politiques à mener pour y répondre. Il souligne que les mesures d'atténuation du changement climatique peuvent avoir des conséquences macroéconomiques rapides et d'une portée considérable.

La nécessaire tarification des émissions de gaz à effet de serre pèserait sur la croissance des économies nationales, les niveaux d'épargne et d'investissement, les flux de capitaux et les taux de change.

Un document de politique générale du Conseil traite plus en détail des conséquences du changement climatique, qui peuvent prendre de multiples formes. Ce phénomène aura une incidence directe sur l'assiette fiscale et les besoins de dépenses publiques mais, au-delà, la fiscalité et la politique de dépenses ont aussi un rôle plus actif à jouer. Pour atténuer les effets du changement climatique, c'est-à-dire, réduire les émissions, des outils fiscaux (taxation des émissions, leur limitation par un mécanisme d'échanges de droits d'émission) s'imposent pour faire en sorte que tous les émetteurs de gaz à effet de serre en supportent pleinement le coût environnemental.

Les mesures d'atténuation reposent sur l'idée que chaque émetteur devrait supporter le coût marginal de son action pour l'ensemble de la société. Le principe est simple, mais présente d'énormes difficultés théoriques et pratiques qui appellent des efforts et des solutions à l'échelle mondiale.

Des dépenses publiques

Des dépenses publiques peuvent aussi faciliter l'adaptation au changement climatique, afin de réduire le risque sociétal y afférent — par l'amélioration des infrastructures, la protection des zones littorales, l'éducation, la santé, l'accès à l'eau et à l'assainissement — et de relever les défis inhérents au phénomène. L'augmentation de ces dépenses ira de pair avec la progression du changement climatique et pourrait dépasser 100 milliards de dollars par an d'ici 2030, voire plus tôt. Le FMI ne cesse de contribuer à l'analyse des enjeux budgétaires fondamentaux du changement climatique, notamment dans le cadre de la récente réflexion menée sur l'incidence des subventions des prix des denrées alimentaires et des produits pétroliers sur la politique économique générale. Dans le cas des marchés des produits pétroliers par exemple, le repli des subventions constitue l'indispensable premier pas vers la mise en place d'une tarification plus ferme des émissions de gaz à effet de serre. Les services du FMI préparent par ailleurs une étude thématique sur les répercussions du changement climatique sur l'économie publique.

Chapitre3: la Tunisie et les changements climatiques

Introduction:

Le défi des changements climatiques; objet ces jours ci de cogitations à l'échelle planétaire, concerne sur un pied d'égalité les pays pollueurs et les pays non pollueurs.

La Tunisie, pays doté d'un écosystème particulièrement fragile, peut connaitre malgré elle aux horizons 2030 et 2060, des problèmes pour peu que la communauté internationale ne fasse rien pour relever ce défi.

Selon le groupe d'expert intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) sur l'impact futur du climat, la Tunisie va être confrontée d'ici 2030, à un réchauffement climatique de 1,1 degré et de 2 degré d'ici 2060.

La Tunisie a donc essayé au sein d'une politique globale de pratiquer un mode de développement intégrale basé sur l'égalité sociale et garantissant le bien-être de chacun au sein d'un environnement sain et préservé dans le but d'amplifier et de préserver les actions positives du passé et de remédier à des problèmes et insuffisances.

III.1.La Tunisie face aux changements climatiques:

La Tunisie a signé la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques à Rio de Janeiro en 1992 et l'a ratifiée en juillet 1993.La Tunisie a aussi ratifié le Protocole de Kyoto en juin 2002. Avant l'entrée en vigueur de la Convention, la Tunisie a initié une politique énergétique et environnementale permettant de contribuer à la lutte contre les changements climatiques. Cette politique s'est appuyée en particulier sur le développement de l'utilisation rationnelle de l'énergie, la promotion des énergies renouvelables, la valorisation des déchets et le reboisement.

La Tunisie a procédé à la mise en place d'unités spécialisées dans le domaine des Changements Climatiques en particulier Un comité national sur les changements climatiques (CNCC) en 1996, devenu une structure focale à partir de 2001.

Le gouvernement tunisien a mis au point ùune stratégie d'adaptation» multidimensionnelle devant préparer l'économie du pays à cette nouvelle donne climatique.

Cette stratégie comporte des actions d'ordre institutionnel, agricole,et économique. En gros, il s'agit de dépasser la gestion de crise à court terme au moyen d'une stratégie d'adaptation aux risques liés au changements climatiques. L'accent sera mis sur la prise en compte de la volatilité climatique dans la politique agricole et économique du pays et sur la gestion intégré des conséquences économiques socio-économique. Ces actions consistent à mettre en fonction un systéme de veille climatologique (télédétection spatiale) et d'alerte précoce (réseau terrestre météorologique amélioré par automatisation) jusqu'au niveau des exploitations et à gérer au mieux les ressources en eau (constitution des réserves virtuelles en prévision des sécheresses, protection des ressources souterraines et révision de la tarification de l'eau, recharges des aquifères).

Au niveau de l'agriculture, l'accent sera mis sur l'application rigoureuse de la carte agricole (vocation des sols et des cultures) et sur les reconversions aux cultures biologiques à titre indicatif.

Cette stratégie prévoit des actions qui peuvent transformer les alias climatiques en atout.

Ainsi, la labellisation ùclimatique» de l'agriculture compétitive adaptée aux risques climatiques au d'un poinçon de qualité pourrait rendre cette activité plus attractive et plus rentable.

Au niveau international la Tunisie est en mesure d'explorer les instruments internationaux de compensation climatique institués pour financer l'adaptation aux changements climatiques et atténuation des émissions de gaz à effet de serre. La Tunisie pourrait tirer profit des Nations Unies visant à aider les pays africains à faire face aux changements climatiques. Cette stratégie gagnerait à prendre une dimension institutionnelle à travers la création d'un ùconseil national climatique». cette institution aura pour mission d'intégrer la volatilité économique et agricole du pays, de gérer l'impact sectoriel des futurs changements climatiques, de faire évaluer et adapter périodiquement la stratégie intégrée et le plan d'action national d'adaptation aux changements climatiques.

III.1.1.Les phénomènes extrêmes:

Le réchauffement que connaitra la Tunisie sera perceptible à travers des phénomènes climatiques extrêmes: plus des canicules, plus de crues et plus de vents. Puis ces phénomènes peuvent se manifester simultanément.

Si rien n'est fait, jusque là, le changement climatique se traduira essentiellement pour la Tunisie, par une augmentation de la température.

Par phénomènes extrêmes il faut entendresécheresse, inondation, vents. En plus clair encore, ces phénomènes augmenteront en fréquence et en intensité. Au surplus, le niveau de la mer va augmenter, cette hausse aura des conséquences sur le littoral, les réserves d'eau potable, les zones humides côtières et les eaux souterrains, adjacentes.

Concrètement l'impact sera visible à travers l'augmentation de la salinité de l'eau et probablement à travers la disparition de quelque ilot.

Au niveau des régions, c'est le sud du pays qui souffrira le plus réchauffement climatique. Dans cette région, les températures annuelles seront en hausse, les précipitations diminueront et les années sèche seront plus fréquentes.

Pour le centre et le nord, la situation sera moins grave. Les symptômes seront certes les mêmes: baisse des précipitations, plus de sécheresse et élévation de température.

III.1.2.Impact économique:

Les modifications du climat auront, également, de sérieuse conséquences sur les ressources en eau, les écosystèmes, les agro-systèmes, l'économie du pays et la société Tunisienne.

Les changements climatiques vont augmenter la pression économique pesant déjà sur la population agricole et ses exploitations. Certaines activités agricoles pourraient ne pas survivre aux extrêmes climatiques.

S'agissant des ressources en eau, les nappes phréatiques, littorales, aquifères non renouvelables, diminueront de 28% en 2030, les eaux de surfaces baisseront de 5% au même horizon, la diminution des précipitations estivales augmentera le manque hydrique du sol.

Concernant les écosystèmes, le risque de grands incendies va s'accroitre au nord. Une dégradation du sol et des ressources naturelle et également prévisible.

Les agro-systèmes souffriront à leur tour de ce changement du climat.

La production oléicole et l'arboriculture en sec accuseront, en période de sécheresse, une baisse de 50%. En période de pluviométrie favorable, ces deux activités augmenteront de 20%.

Au cours des deux périodes, l'élevage s'en ressentira. Le cheptel (bovins, ovins et caprins) baissera jusqu'à 80% au centre et au sud et de quelque 20% au nord.

III.1.3.Réalisation de la Tunisie:

L'inventaire national des émissions de GES:

La Tunisie a préparé son premier inventaire national des émissions de gaz à effet de serre (GES) pour l'année 1994 lors de l'élaboration de sa communication nationale initiale. L'inventaire a été actualisé pour tous les secteurs pour l'année 1997 et seulement pour le secteur énergétique pour l'année 2000. Les émissions calculées tiennent compte des pouvoirs de réchauffement global (PRG) des différents gaz et intègrent les absorptions dues aux changements d'affectation des sols et des forêts.

Les gaz à effet de serre considérés sont :

CO2: dioxyde de carbone

CH4: méthane

N2O : oxyde nitreux ou Protoxyde d'azote

NOX: oxyde d'azote

CO : monoxyde de carbone

SO2: dioxyde de soufre

COVNM : composés organiques volatiles non méthaniques

Par type de gaz, les émissions ont été agrégées pour le CO2, le CH4et le N2O. Par source d'émission, les secteurs pris en considération sont : l'énergie, l'agriculture, les procédés industriels, les déchets et les changements d'affectation des sols et la forêt. Les émissions nettes de GES (avec absorption) ont augmenté entre 1994 et 1997 passant de 23,4 millions de tonnes équivalent CO2(MTECO2) à 25,2 MTECO2soit un taux de croissance annuel moyen de 4%. Les émissions nettes par habitant en Tunisie sont relativement faibles, elles sont estimées à environ 2,7 TECO2, contre une moyenne mondiale de l'ordre de 4 TECO2par habitant. Les émissions de GES sont dues pour plus de 64% au dioxyde de carbone, le méthane représente environ 17% et le protoxyde d'azote 18%.

Les émissions brutes (sans absorption) ont augmenté de 28,9 MTECO2à 31,8 MTECO2entre 1994 et 1997, soit une augmentation annuelle d'environ 3 %. Les émissions brutes par habitant sont estimées à environ 3,4 TECO2. La ventilation des émissions de GES par source met en évidence la prépondérance de l'énergie qui représente environ 53% des émissions nationales brutes, suivie de l'agriculture avec 20%, les changements d'affectation des sols et la forêt 12%, les procédés industriels 10% et les déchets 4%.

Emissions dues à l'énergie :

L'énergie est une source importante de gaz à effet de serre. En Tunisie, le secteur de l'énergie représente plus de 50% des émissions brutes et plus de 60% des émissions nettes nationales. Les émissions dues au secteur de l'énergie proviennent de la combustion énergétique et des émissions fugitives. La combustion énergétique regroupe les industries énergétiques, les industries manufacturières, le transport, le tertiaire, le résidentiel et l'agriculture. La combustion énergétique représente en Tunisie la principale source due aux utilisations énergétiques, sa part représente plus de 90% des émissions dues au secteur de l'énergie. Les émissions fugitives concernent les activités liées à l'exploration, la production, le transport et le stockage des hydrocarbures. Les émissions fugitives représentent moins de 10% des émissions dues au secteur de l'énergie. Par type de gaz, les émissions de CO2représentent environ 93% des émissions dues à l'énergie, contre 6,5% pour le CH2et 0,5% pour le N20. Les émissions dues à l'énergie en Tunisie ont passé d'environ 15,251 MTECO2en 1994 à plus de 20,700 MTECO2en 2000. Cette augmentation est due essentiellement aux émissions du CH4et de l'oxyde nitreux, comme le montre le tableau suivant :

Potentiel d'atténuation :

Atténuer la croissance des émissions de gaz à effet de serre est l'un des défis majeurs de la problématique des changements climatiques. En tant que pays non annexe 1, la Tunisie n'a pas d'engagement de réduction des émissions vis-à-vis du Protocole de Kyoto. Les études prospectives des émissions de GES ont montré que la Tunisie dispose d'un potentiel relativement important d'atténuation des émissions. L'exploitation de ce potentiel devrait contribuer au développement durable de la Tunisie durant les deux prochaines décennies. Les options préconisées pour l'atténuation de la croissance des émissions de GES concernent l'énergie, l'agriculture, les déchets, les forêts et les changements d'affectation des sols. Le tableau ci-après résume la répartition des options et l'évaluation du potentiel d'atténuation.

Synthèse du potentiel d'atténuation des émissions de GES (1000 TECO2)

Changement d'Affectation des Sols.

Communication Initiale :

Comme toutes les parties non Annexe 1 de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, le seul engagement de la Tunisie consiste à préparer une communication nationale conformément aux articles 4 et 12 de la Convention. Cette communication décrit les efforts consentis en matière de lutte contre les effets néfastes des changements climatiques et informe aussi des dispositions et des initiatives nationales ayant un rapport avec l'évolution du climat. La Tunisie s'est acquittée de ses engagements vis à vis de la Convention et a présenté sa première communication nationale lors de la 7ème conférence des parties organisée à Marrakech en novembre 2001. Cette communication comprend des informations relatives à l'inventaire national des émissions de GES, à l'évaluation de la vulnérabilité et de l'adaptation aux changements climatiques et à l'évaluation du potentiel d'atténuation de GES.

Les principaux chapitres de la communication nationale initiale sont :

  • L'inventaire des GES en Tunisie pour l'année 1994 ;
  • L'évaluation de la vulnérabilité de la Tunisie à l'élévation du niveau de la mer due au changement climatique ;
  • La projection des émissions de GES aux horizons 2010-2020 et l'évaluation du potentiel d'atténuation de la croissance de GES ;
  • Les principales initiatives de la Tunisie dans le domaine des changements climatiques, notamment la politique de développement durable, la recherche et l'observation sur le changement climatique, l'éducation, la sensibilisation et la formation, la synergie entre la biodiversité, la désertification et le changement climatique ;

  • L'évaluation des besoins en matière de renforcement des capacités, de transfert de technologies et de ressources financières pour la mise en œuvre de la Convention.

Le démarrage de la deuxième communication nationale été en 2004. La deuxième communication de la Tunisie doit être élaborée conformément aux directives de la Huitième Conférence des Parties (Décision n°7). Les études à entreprendre dans cette communication concernent notamment :

  • La réalisation de l'inventaire des GES pour l'année 2000 selon les directives de bonnes pratiques de l'IPCC ;
  • L'évaluation de la vulnérabilité de la Tunisie aux effets néfastes des changements climatiques. Il s'agit de mener des études pour les secteurs prioritaires tels que les ressources en eau, l'agriculture, la forêt et le tourisme ;
  • L'atténuation des émissions de GES en intégrant de nouvelles options d'atténuation dans les secteurs de l'énergie, de l'agriculture, des forêts et des déchets.

Etude sur l' Atténuation des émissions de GES dans le secteur de l'énergie:

Cette étude a pour but d'étudier les perspectives d'évolution des émissions de GES dues à l'énergie, et du potentiel réaliste d'atténuation des GES dont dispose la Tunisie à partir de cette source d'émission. Cette étude présente des simulations énergétiques et projection des émissions du scénario de référence ainsi que du scénario d'atténuation. Elle comprend aussi une analyse des retombées du scénario d'atténuation ainsi que des analyses agrégées et détaillées du coût des options d'atténuation.

Etude sur la Vulnérabilité du littoral tunisien par rapport à l'élévation accélérée des niveaux de la mer, du fait des changements climatiques:

Cette étude a permis d'apprécier l'historique de l'élévation du niveau de la mer et ses conséquences, et d'évaluer l'étendue spatiale du littoral, supposée d'être exposée, dans le futur, à une élévation accélérée du niveau de la mer. Elle a également permis d'identifier les secteurs les plus vulnérables, et de faire une analyse qualitative des conséquences du recul des littoraux, découlant de l'élévation du niveau de la mer. Cette étude a été suivie en 2002 par d'autres études portant sur la vulnérabilité des ressources en eau, de l'agriculture, des écosystèmes et du domaine public maritime aux Changements Climatiques.

III.2.Energie durable en Tunisie:

Projets et programmes en matière d'Energie Durable

Les principaux projets de la maîtrise de l'énergie :

Energies Renouvelables:

Le chauffage de l'eau par énergie solaire:

Pour profiter des avantages économiques et environnementaux liés à l'utilisation des chauffe-eau solaires, l'Agence Nationale pour la Maîtrise de l'Energie a mis en œuvre un vaste programme pour développer à grande échelle l'utilisation de ce type d'équipements. Ce programme a été cofinancé par le Fonds pour l'Environnement Mondial et le Royaume de Belgique. A la fin de l'année 2002, 100 mille m2de capteurs solaires ont été installés dans les secteurs résidentiel et tertiaire.

L'utilisation de l'Energie Eolienne pour la production de l'électricité:

Ce programme vise la promotion des investissements et l'implication du secteur privé dans la production de l'électricité à partir de l'énergie éolienne. En effet, la STEG a installé une centrale pilote de 10MW à Sidi Daoued (Nord de la Tunisie) et a procédé au dédoublement de sa capacité pour atteindre environ 19 MW. Le Xème plan de développement socio-économique (2002-2006) vise la mise en place d'une capacité de 100 MW.

La Biomasse:

L'Agence Nationale pour la Maîtrise de l'Energie a initié, en collaboration avec la République Populaire de Chine, la réalisation d'un projet de démonstration relatif à l'installation d'une unité industrielle de biogaz pour la production d'électricité à partir de déchets de volaille à la ferme “El-Maraï” à Hammam-Sousse. Le but de cette expérience est de permettre d'étudier la possibilité de la généraliser au niveau national en vue de bénéficier de cette nouvelle source d'énergie sur le plan économique, social et environnemental.

Utilisation Rationnelle de l'Energie:

La certification des équipements électroménagers: Financé par le Fonds pour l'Environnement Mondial, ce programme consiste à améliorer les performances énergétiques des équipements électroménagers (les réfrigérateurs au stade actuel) par la mise en place d'un système d'information par voie d'étiquetage des performances énergétiques afin d'orienter le consommateur vers l'acquisition d'appareils énergétiquement plus performants.

La réglementation thermique des bâtiments neufs:

Cofinancé par le FEM et le FFEM, ce projet vise à améliorer le confort thermique à l'intérieur des bâtiments et à réduire leur consommation énergétique à travers une conception architecturale adaptée au climat tunisien ainsi qu'à promouvoir l'utilisation d'équipements techniques et de matériaux de construction performants.

Promotion de l'utilisation des carburants propres: En vue de réduire la pollution dans le milieu urbain et d'économiser de l'énergie, la Tunisie a décidé de réduire progressivement le taux de soufre dans le gazole et du plomb dans l'essence et de promouvoir l'utilisation du gaz naturel carburant (GNC) dans le parc de transport en commun.

Etudes:

Etude stratégique sur le Développement des Energies Renouvelables:

L'objectif de cette étude est d'élaborer une stratégie nationale de développement des énergies renouvelables dans un contexte de développement durable. Il s'agit de dresser un bilan des réalisations, d'évaluer le potentiel national en énergies renouvelables, de mener une analyse socio-économique des différentes filières et d'élaborer un plan d'actions durant les trois prochaines décennies.

Etude stratégique sur le Développement de l'Utilisation Rationnelle de l'Energie:

Cette étude se propose d'établir une stratégie cohérente d'utilisation rationnelle de l'énergie, contribuant à l'approvisionnement énergétique au moindre coût et à l'atténuation des émissions de gaz à effet de serre dues à l'énergie. L'étude vise trois objectifs intermédiaires devant garantir la relance des actions d'économie d'énergie : définir les éléments de base d'une stratégie d'utilisation rationnelle et durable de l'énergie, mettre en place un programme d'actions permettant de concrétiser la stratégie durant les trois prochaines décennies, et proposer des instruments institutionnels et réglementaires nécessaires à la mise en œuvre des actions de la stratégie.

Etude “Stratégie d'Atténuation des émissions de Gaz à Effet de Serre”:

Prévu sur une échéance de deux ans, le projet Tuniso-Canadien sur la Stratégie d'Atténuation des Gaz à Effet de Serre (SAGES) s'est fixé comme objectif de promouvoir l'atténuation des Gaz à Effet de Serre (GES) en Tunisie. Ce projet a pour but le renforcement des capacités (structure et compétences) de l'ANME en matière d'élaboration de stratégie et d'évaluation du potentiel d'atténuation des émissions de GES. De ce fait, le projet prévoit l'élaboration d'un plan d'actions en la matière accompagné d'une formation méthodologique dans les domaines y afférents ainsi que l'élaboration d'un portefeuille de projets MDP couvrant les domaines de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables.

III.3. application:

L'objectif de ce travail est de vérifier l'efficacité de l'énergie et de l'intensité énergitique aussi que celle des